NON à L'INSCRIPTION DE LA CORRIDA À L'UNESCO

Publié le par Ricard Bruno

Le contexte français

En 1853, la corrida est introduite en France par l'impératrice Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III, au mépris de la toute nouvelle loi Grammont de 1851, qui représentait une extraordinaire avancée dans le domaine de la protection animale. Pendant près d'un siècle, la corrida s'est développée en France en toute illégalité, des essais infructueux sont tentés jusqu'à Paris ou Cherbourg au début du XXe siècle. Les organisateurs devaient donc payer des amendes. À la fin du XIXe siècle, des toreros espagnols étaient même expulsés de France.

Depuis cinquante ans, il existe dans la législation française une loi injuste, en contradiction avec le principe même de la République "une et indivisible". C'est la loi du 24 avril 1951, dite loi Ramarony-Sourbet. Ce texte a, en effet, initié l'alinéa 7 de l'article 521-1 du Code pénal, ainsi que les articles R 654-1 et R 655-1, introduisant une tolérance en faveur des spectacles de corrida "lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée". L'utilisation abusive de cette "tolérance" par les procorrida ainsi que son interprétation exagérément extensive par de nombreux magistrats font que les organisateurs de ces spectacles étendent les zones de corrida en dépit de la condamnation formelle des actes de cruauté et exercent des sévices graves sur les animaux mentionnés à l'alinéa de ce même article.
Texte de la pétition

NOUS REFUSONS UNE INSCRIPTION DE LA CORRIDA COMME BIEN IMMATÉRIEL DE L'HUMANITÉ, CE QUI CONSTITUERAIT UNE FORMIDABLE RÉGRESSION DE CIVILISATION.

Nous vous invitons à signer cette pétition internationale. Elle sera transmise à tout responsable politique et à toute personnalité susceptible de persuader les gouvernements concernés et l'Unesco de refuser pour toujours la torture ludique d'un animal.

signez ici le texte de la pétition  -  avant de remplir lisez attentivement les explications ici

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Le patrimoine immatériel de l'humanité

C'est dans ce contexte très particulier que des responsables du monde très restreint de la tauromachie française voudraient que la corrida soit reconnue comme un patrimoine immatériel de l'humanité par l'Unesco. Pour mieux répondre à sa mission culturelle, l'Unesco a en effet promulgué en 2005 une Convention destinée à préserver des "trésors immatériels" de l'humanité, de nature diverse. Fêtes de carnavals, danses ou musique, fabrication d'objets typiques ont été jugées dignes par la Commission "d'être transmises de génération en génération". Aujourd'hui, les amateurs de corrida demandent aux 54 villes taurines françaises de soutenir leur demande à l'Unesco pour y obtenir le classement de la corrida comme "bien immatériel". Or ce "trésor de l'humanité" consiste à enfoncer successivement dans un taureau une quinzaine d'armes blanches, puis à transpercer son thorax à l'épée, pour le faire tomber, encore vivant, et longuement agoniser au sol. Des coups de poignard répétés dans la nuque utilisent la méthode inhumaine des abattoirs du XVIIIe siècle, à l'époque où la corrida apparaît en Espagne. Un tel spectacle constitue une torture, au sens de la définition donnée par Michel Foucault : "maintenir la vie dans la souffrance". Un éminent journaliste énumère de manière ironique les arguments des partisans de la corrida : "La mise à mort rituelle d'un bovin ne procure-t-elle pas un sentiment d'identité (peut-être nationale) et de continuité" ? Ne contribue-t-elle pas à "promouvoir la créativité humaine" (voire humanitaire) ? N'est-elle pas "conforme aux droits de l'homme" (sinon de l'animal) ? La conclusion est terrible : "Bien sûr, on pourrait aller plus loin : faire homologuer la violence et la cruauté en général. Mais elles sont depuis longtemps inscrites au patrimoine mondial. En lettres de sang." Robert Solé, Identité animale, Le Monde, 17/12/2009.

La procédure de reconnaissance d'un bien immatériel

Il est très important de savoir que ce sont les états membres de l'Unesco qui proposent une liste de "trésors" potentiels. Pour la France, cette liste est préparée par le ministère de la Culture. Il est donc capital de sensibiliser en amont nos élus, nos gouvernements pour éviter que la corrida ne soit proposée. En signant la pétition, vous demandez donc au gouvernement français de ne pas inclure la corrida sur cette liste. Cette pétition fait partie d'un ensemble de démarches que nous sommes en train de mettre en place au niveau international. Ainsi, seuls les citoyens français peuvent signer notre pétition. L'objectif étant de proposer, dans les semaines qui viennent, une pétition pour chaque pays. L'ensemble de ces pétitions sera présenté sous forme de liens sur notre site. Chacun pourra alors signer la pétition pour sensibiliser son propre gouvernement. Dans la mesure où d'autres États sont susceptibles de proposer à l'Unesco le classement de la corrida, les différentes pétitions permettront de montrer aux responsables de l'Unesco que de très nombreux citoyens des pays "tauromachiques" sont totalement opposés à cette pratique d'un autre temps.

Source : http://www.unesco-anticorrida.com/
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