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42 articles avec affiche cinema

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

Publié le par Ricard Bruno

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

 Sex-symbol des années 1960, Brigitte Bardot reste une actrice mythique du cinéma français et international. De sa carrière à sa vie privée en passant par ses prises de position polémiques, retour sur le parcours d'une star unique en son genre.
Son enfance
Brigitte Bardot est née le 28 septembre 1934, au sein d'une famille bourgeoise et catholique. Son père est propriétaire des Usines Bardot, sa mère est artiste. Durant son enfance, celle qui deviendra actrice souffre d'une amblyopie : elle ne voit pas bien de l'oeil gauche. Brigitte Bardot est éduquée selon la tradition catholique stricte, étudiant notamment à l'Institut de la Tour de Paris.  

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

Brigitte Bardot fait ses débuts d'actrice dès les années 1950. Il faudra toutefois attendre "Et Dieu... créa la femme" (1956) pour qu'elle accède au rang de star internationale. Grâce à sa sensualité et sa beauté, elle est rapidement érigée en sex-symbol de l'époque, une étiquette qui lui collera à la peau toute sa vie. Elle prêtera même ses traits à l'un des bustes de Marianne à la fin des années 1960.

Cette notoriété lui ouvre les portes des plateaux de cinéma : lorsqu'on examine la carrière de Brigitte Bardot, on retrouve des classiques tels "Le Mépris", "Viva Maria" ou encore "La Vérité". Son succès sera tel qu'elle devient en 1958 l'actrice la mieux payée du cinéma français.

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

Si elle est plus connue comme actrice, Brigitte Bardot a mené de front une carrière de chanteuse. Elle débute la musique en 1962. C'est à B.B. qu'on doit notamment "La Madrague", son plus grand succès. Composé par Gérard Bourgeois et écrit par Jean-Max Rivière, ce titre fait d'ailleurs référence à à la propriété de l'actrice à Saint-Tropez. Elle chante ce morceau pour la première fois en 1967, au cours de l'émission Le Palmarès des Chansons - spécial Dalida. Depuis, plusieurs artistes ont repris cette chanson : Laurent Voulzy, Camelia Jordana ou encore Angèle.

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

Parmi les films majeurs de Brigitte Bardot, on retrouve "La Vérité" d'Henri-Georges Clouzot, sorti en 1960. Le tournage a toutefois été particulièrement éprouvant pour l'actrice, puisque le réalisateur n'a pas manqué de la malmener pour les besoins du film. A tel point qu'après sa sortie, l'actrice enchaînera les films avec moins d'enthousiasme. Dans ses mémoires, Initiales B.B., la comédienne se souviendra que le cinéaste de La Vérité lui a fait avaler, pour le besoin d'une scène, deux somnifères, en prétendant que c'était de l'aspirine. L'actrice ne se réveillera que 48 heures après. Néanmoins, elle juge que la scène est excellente.

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

Après "La Vérité", Brigitte Bardot enchaîne les films, mais avec moins d'enthousiasme qu'à ses débuts. Elle refuse notamment d'incarner la James Bond Girl d'"Au service secret de Sa Majesté". L'actrice sera également indifférente aux succès de "Boulevard du Rhum" et "Les Pétroleuses", et joue à contrecœur dans "Don Juan 73", la suite de "Et Dieu...créa la femme". Après "L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise" en 1973, Brigitte Bardot décide de mettre fin à sa carrière de comédienne pour se consacrer au combat de sa vie : la lutte pour la défense de la cause animale. "En donnant ma vie aux animaux, ce sont eux qui m'ont sauvée, confiait-elle en 2019 à Voici. Ils ont donné un sens à mon existence, un sens tellement important qu'il n'a plus jamais été question par la suite de mettre fin à mes jours. Ils m'ont apporté la vérité, l'amour vrai."

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

La vie amoureuse de Brigitte Bardot a fasciné les médias. Elle a été mariée quatre fois : avec Roger Vadim en 1952, Jacques Charrier en 1959, Gunter Sachs en 1966 et enfin Bernard d'Ormale en 1992. On lui connaît également plusieurs liaisons avec d'autres personnalités : elle tombe amoureuse de Jean-Louis Trintignant sur le tournage de "Et Dieu... créa la femme", avant d'entamer une relation avec Gilbert Bécaud et Sacha Distel. Elle débute également une liaison avec Sami Frey sur le plateau de "La Vérité", avant de vivre une romance passionnée avec Serge Gainsbourg, alors qu'elle est mariée à Gunter Sachs. On lui prête également des relations avec Patrick Filles, Christian Kalt, Laurent Vergez et Allain Bougrain-Dubourg.

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

En 1967, Brigitte Bardot débute une collaboration musicale avec Serge Gainsbourg. Ils enregistrent plusieurs titres ensemble : "Je t'aime...moi non plus", "Comic strip" ou encore "Bonnie and Clyde". Au départ, c'est une complicité artistique qui les rapproche. Au fur et à mesure, une idylle naît entre eux : Brigitte Bardot, alors mariée avec Gunter Sachs, devient la muse de L'homme à tête de chou. Le couple se sépare alors que Brigitte Bardot part en Espagne pour tourner "Shalako" en 1968. Dans une interview à Nice Matin en 2011, l'actrice se souvient de cette romance passionnée : "Après notre séparation, il m'écrivit dans la détresse un vibrant hommage : "Initials B.B.", qui reste la plus belle déclaration d'amour qu'un homme m'ait jamais faite".

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En 1992, Brigitte Bardot rencontre celui qui partage sa vie depuis bientôt 30 ans, Bernard d'Ormale. Dans ses mémoires, l'actrice se confiera sur son histoire d'amour avec cet industriel, rencontré lors d'un dîner organisée par la seconde épouse de Jean-Marie Le Pen : "Un coup de foudre mutuel, se souvient-elle. Il sera mon mari pour le reste de ma vie".

Le couple se dit oui quelques mois après leur rencontre, le 16 août 1992. Ils vivent encore aujourd'hui toujours ensemble.

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

Brigitte Bardot a donné naissance à son unique enfant, Nicolas-Jacques Charrier, le 11 janvier 1960. Mais l'actrice ne l'a jamais cachée, elle ne voulait pas être mère. Elle avait auparavant avorté deux fois. Mais la seconde IVG lui provoque une hémorragie et un arrêt cardiaque. Traumatisée par cet incident, elle décide quelques années plus tard de garder l'enfant de Jacques Charrier. Dans son autobiographie publiée en 1996, elle aura des propos sur sa grossesse qui feront scandale à l'époque : "C'était comme une tumeur qui s'était nourrie de moi, que j'avais portée dans ma chair tuméfiée, n'attendant que le moment béni où l'on m'en débarrasserait enfin. Le cauchemar arrivé à son paroxysme, il fallait que j'assume à vie l'objet de mon malheur". Suite à ces propos, Nicolas Charrier intente un procès contre sa mère pour "atteinte à l'intimité intra-utérine" : B.B. doit lui verser 100 000 francs.

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

Brigitte Bardot a combattu un cancer du sein en 1984. Toutefois, l'ex-comédienne alors âgée de 49 ans refuse de se faire soigner dans un premier temps, avant de se laisser convaincre par son amie, Marina Vlady. "J'étais toute seule et j'avais décidé de faire uniquement de la radiothérapie, et pas cette épouvantable chimio, pour ne pas perdre mes cheveux, se souvient-elle en 2018, dans une interview à Paris Match. Elle détruit le mal mais aussi le bien et on en sort anéanti. Je vois des gens qui, après cette épreuve, sont des loques. Jamais je ne voudrais passer par là. Cette maladie m'a obligée à me retrouver face à moi-même. Et maintenant, si j'aime bien parfois la solitude, je ne peux néanmoins vivre seule". Après ce traitement, Brigitte Bardot sera totalement guérie.

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

Brigitte Bardot a fait plusieurs tentatives de suicide au cours de sa vie et ne l'a jamais caché. La première a lieu alors qu'elle n'a pas encore 18 ans, lorsque ses parents refusent qu'elle épouse Roger Vadim. Après ce geste désespéré, son père finira par accepter, à condition qu'elle attende d'être majeure. La seconde a lieu le 28 septembre 1960, à l'occasion de son 26e anniversaire : l'actrice ingère beaucoup d'alcool et de comprimés, avant de s'ouvrir les veines dans une bergerie. Elle sera retrouvée par un enfant qui passait par là. Quarante-huit heures plus tard, elle se réveille à l'hôpital et sera suivie par des psychiatres. En octobre 2019, dans les colonnes de Vogue, B.B. reviendra d'ailleurs succinctement sur ses moments de dépression : "Quand je faisais du cinéma, ma vie ne correspondait pas à l'absolu que je recherchais".

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

Après avoir mis fin à sa carrière au cinéma,Brigitte bardot se dédie corps et âme à la cause animale. Elle commence son combat en 1964, en se révoltant contre le martelage au burin, ce qui mènera à la création du pistolet de Brigitte Bardot. Celui-ci permet la mort de l'animal sans qu'il ne ressente de douleur. En 1976, elle lance une campagne internationale contre la chasse aux phoques : le 15 mars 1977, le président Valery Giscard d'Estaing interdit l'import des peaux de phoques en France. En 1986, elle crée la Fondation Brigitte Bardot, qui lutte contre la maltraitance animale. Pour qu'elle soit reconnue d'intérêt publique, la comédienne vendra tous ses effets personnels, ses bijoux, robes, photos, affiches dédicacées de l'époque où elle était une star mondiale.

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

En février 2019, Brigitte Bardot publie une lettre écrite au Président de la République Emmanuel Macron. L'ancienne actrice lui reproche notamment son "inaction" en matière du droit des animaux : "Je vous demande de vous mettre En Marche pour les animaux". Elle se dit "plus que déçue par [son] immobilisme", faisant référence aux images choquantes tournées dans un abattoir de Rodez, où des bovins sont mis à mort sans étourdissement. "Monsieur le Président, il n'est plus temps de tergiverser sur la question, de se renvoyer la balle indéfiniment, regardez les images que nous dévoilons aujourd'hui, elles sont scandaleuses, choquantes, indignes et inacceptables d'un pays comme la France qui se prétend civilisé".

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Politiquement, Brigitte Bardot se définit comme "conservatrice", précisant être "une française de souche lointaine et fière de l'être". Elle n'a pas caché son affiliation pour le Front National, disant en 1999 "partager certaines idées du FN, notamment contre la forte immigration en France." Elle a également soutenu Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle de 2012. L'ancienne icône des années soixante a précisé ses opinions dans Le Monde (janvier 2018), précisant qu'elle "juge les politiques à l'aune de ce qu'ils proposent pour la cause animale". Elle explique avoir "eu un espoir insensé quand le Front national a fait des propositions concrètes pour réduire la souffrance animale [...] Si demain un communiste reprend les propositions de ma fondation, j'applaudis et je vote. Mais je n'accorderai plus mon soutien à personne".

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

Depuis la fin de sa carrière, et malgré son combat pour la cause animale, l'image de Brigitte Bardot est controversée en raison de plusieurs prises de positions polémiques. Ses propos, sur l'islam en France, le métissage, l'immigration, l'abattage rituel des animaux ou encore l'homosexualité, ont été largement critiqués. Elle a d'ailleurs été plusieurs fois condamnée pour incitation à la haine raciale, notamment suite à la publication de son ouvrage Un cri dans le silence (2003). Ses positions sur les femmes, la télé-réalité, les transgenres, les hommes politiques et la restauration rapide ont également été sujet à controverse à la sortie de ce livre.

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

En 2019, Brigitte Bardot fait partie des personnalités qui ont apporté publiquement leur soutien au mouvement des Gilets Jaunes. Le 17 février, elle s'est d'ailleurs rendu à un débat organisé par ces manifestants dans un motel à Fréjus. Elle les a notamment invités à "ne rien lâcher". "Ils ont beaucoup de courage", estime l'octogénaire au micro de L'Obs. Elle s'était également affichée sur les réseaux sociaux le 28 novembre 2018 en portant un gilet jaune, un cliché accompagné de la légende : "Avec vous".

Mariages, santé, carrière... L'incroyable vie de Brigitte Bardot

Brigitte Bardot a déjà évoqué publiquement ses états d'âmes concernant sa mort. En 2018, dans les colonnes du Monde, l'actrice a révélé qu'elle souhaitait reposer dans le jardin de sa propriété La Madrague, dans le Var. "J'ai choisi un petit coin, proche de la mer, qui a été entériné par les autorités". Elle explique ne pas souhaiter reposer dans le cimetière de Saint-Tropez, "où une foule de connards risquerait d'abîmer la tombe de mes parents et mes grands-parents. Je veux qu'on leur foute la paix". Sa propriété sera également transformée en musée pour permettre aux fans de se recueillir, mais aussi pour apporter des revenus à la Fondation Brigitte Bardot. Elle ne souhaite également que son nom, son prénom, ses dates de naissances et de mort, ainsi qu'une croix sur sa tombe. "Rien d'autre", tranche-t-elle en 2020 au magazine Point de vue.

50 ans après sa mort, Bourvil raconté par son fils...

Publié le par Ricard Bruno

Il y a 50 ans de cela disparaissait un très grand du cinéma Français, André Raimbourg, dit Bourvil,

Il tourna entre autre avec Brigitte Bardot dans le film le Trou Normand en 1952

 

Synopsis

Hippolyte Lemoine (Bourvil) est un benêt d'une trentaine d'années, naïf à l'esprit enfantin, vivant dans un village de Normandie (Courteville — nom fictif — La Vieille-Lyre en réalité, à 35 km d'Évreux). Lorsque son oncle Célestin meurt, il lègue par testament à Hippolyte sa fortune et son auberge (« Le Trou Normand »), mais à la condition expresse que celui-ci passe son certificat d'études dans un délai d'une année.

Pour atteindre son but, il devra déjouer les manigances de sa tante Augustine (belle-sœur et maîtresse du défunt) qui croyait hériter à sa place et cherche à le faire échouer en se servant de sa fille Javotte (Brigitte Bardot, dans son premier rôle). Il est soutenu par de nombreux habitants du village, dont le maire, l'instituteur, et surtout la fille de ce dernier, elle aussi institutrice, Madeleine, sous le charme de laquelle Hippolyte va tomber.

...

né le  à Prétot-Vicquemare (Seine-Inférieure) et mort le  à Paris (16e arrondissement).

Fils d'agriculteurs normands, il admire Fernandel et tente de devenir artiste lui aussi. Au départ musicien et chanteur de music-hall et d'opérette, il connaît le succès à la Libération avec la chanson Les Crayons et en se créant un rôle caricatural de paysan normand naïf et benêt, puis avec d'autres chansons sur deux décennies, comme À bicyclette, Salade de fruits, Un clair de lune à Maubeuge et La Tendresse. Il est également tête d'affiche de spectacles populaires, dont La Route fleurie, Pacifico, La Bonne Planque et Ouah ! Ouah !.

En parallèle, il se tourne rapidement vers le cinéma, où il transpose son « comique-paysan », dans des comédies comme Pas si bête (1946), Le Roi Pandore, Le Rosier de madame Husson et Miquette et sa mère (1950), Le Trou normand avec Brigitte Bardot(1952), Les Trois Mousquetaires (1953) ou encore Les Hussards (1955). Son personnage évolue peu à peu, puis sa carrière prend un tournant grâce à son rôle dramatique d'un chômeur faisant du marché noir sous l'Occupation dans La Traversée de Paris (1956), qui lui vaut le prix d'interprétation de la Mostra de Venise.

Dès lors, il accède à un statut de vedette populaire au répertoire large, alternant les drames et les comédies jusqu'à sa mort en 1970, un grand nombre de ses films s'établissant comme les succès de l'époque ou devenant des classiques du cinéma français, tels que Les Misérables et Le Miroir à deux faces (1958), Le Bossu (1959), Le Capitan et Fortunat (1960), Un drôle de paroissien, Le Magot de Josefa et La Cuisine au beurre (1963), La Cité de l'indicible peur (1964), Le Corniaud (1965), Les Grandes Gueules (1965), La Grande Vadrouille (1966), La Grande Lessive (!) (1968), Le Cerveau et L'Arbre de Noël (1969), ou bien Le Cercle rouge (1970).

Il est le père de l'homme politique Dominique Raimbourg et de l'économiste Philippe Raimbourg.

50 ans après sa mort, Bourvil raconté par son fils...
50 ans après sa mort, Bourvil raconté par son fils...50 ans après sa mort, Bourvil raconté par son fils...
50 ans après sa mort, Bourvil raconté par son fils...50 ans après sa mort, Bourvil raconté par son fils...
« C’était un bourreau de travail. Ce qui lui plaisait, c’était de jouer, et non pas les honneurs ou le fait de fréquenter d’autres stars du grand écran », confie Dominique Raimbourg, en évoquant son père Bourvil, décédé il y a cinquante ans.

« C’était un bourreau de travail. Ce qui lui plaisait, c’était de jouer, et non pas les honneurs ou le fait de fréquenter d’autres stars du grand écran », confie Dominique Raimbourg, en évoquant son père Bourvil, décédé il y a cinquante ans.

Il y a 50 ans, le 23 septembre 1970, André Raimbourg, alias Bourvil, s’éteignait dans sa maison de campagne, à Montainville, dans les Yvelines. Son fils, Dominique Raimbourg (*), avocat et ancien député PS de Loire-Atlantique, revient sur la carrière de ce petit Normand devenu une des plus grandes figures du cinéma français.

Comment était votre père dans la sphère privée ?

À la fois tendre, mais d’une certaine rigueur intellectuelle. On a souvent tendance à croire que les gens qui font quelque chose hors du commun le sont également. Ce n’est pas vrai. En dehors de son activité, mon père était comme tout le monde. Un père qui essayait d’être le meilleur possible. Il s’occupait de son jardin. Ses racines paysannes lui ont permis de garder la tête sur les deux épaules. C’était un bourreau de travail. Ce qui lui plaisait, c’était de jouer, et non pas les honneurs ou le fait de fréquenter d’autres stars du grand écran.

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Le mépris - Jean-Luc Godard - critique

Publié le par Ricard Bruno

Le mépris - Jean-Luc Godard - critique

Un "movie-movie" (film sur un film) où la question "qu’est-ce que l’amour" devient "qu’est-ce que le regard ?". Un long métrage intemporel de Godard.

 

Résumé : Le scénariste Paul Javal mène une vie heureuse avec sa femme Camille. Un jour, le célèbre producteur américain Jeremy Prokosch lui propose de travailler à une adaptation de l’Odyssée, réalisée par Fritz Lang à Cinecittà. Le couple se rend alors sur les lieux du tournage et rencontre l’équipe. Prokosch fait bientôt des avances à Camille sous les yeux de Paul. Cette tentative de séduction va sonner le glas de leur couple…

Critique : Fondé sur le roman d’Alberto Moravia, Le mépris raconte le lent et progressif déchirement d’un couple en Italie. Une sorte de voyage translpin qui finit mal. Camille (Brigitte Bardot) a peu à peu l’impression que son mari (Michel Piccoli) ne la regarde plus, ne l’aime plus. Alors que son époux doit s’atteler à la réécriture d’un scénario en train de se tourner à Cinecittà, le doute puis le mépris vont naître chez Camille. Et de là, l’incompréhension puis la colère de Paul ; d’ailleurs pas nécessairement innocent dans l’affaire. Le couple n’y survivra pas.
Au cœur du couple, au centre même de l’amour, le regard. Dès la première image du film, une voix off en parle déjà : "Le cinéma, disait André Bazin, substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs. Le Mépris est l’histoire de ce monde." Godard annonce ce qui sera pour lui finalement non le nœud de l’amour, mais l’amour même : le regard. Pour Jean-Luc Nancy, "égard et regard sont à peu près le même mot : le re-gard indique le recul propice à l’intensification de la garde, de la prise en garde." [1]
L’égard que traque Camille chez son mari est constant, elle veut convoquer l’œil de celui-ci, le provoquer parfois aussi. Pour elle, son époux la trahit dès lors qu’il a cessé de l’observer, "son regard est pareil au regard des statues". [2] Ces mêmes statues antiques qui traversent le film de part en part, rappelant l’odyssée homérique vécue par le couple. Regard sans trou ni profondeur, alors même que le mot a aussi le sens de : "Ouverture destinée à faciliter les visites, les réparations." Ce couple n’a-t-il pas oublié, à un moment donné, de se visiter face à face et de consolider ses failles humaines ?
Les célèbres phrases "Tu les trouves jolies mes fesses ?", "Je t’aime totalement, tendrement, tragiquement" crient la dépendance du regard de l’Autre ; dépendance à être aimé, mais aussi à exister. "Chaque regard nous fait éprouver concrètement (...) que nous existons pour tous les hommes vivants", disait Sartre [3]. Une des réussites du Mépris est le point de vue même de Godard, personnel, réflexif, incisif, signant là un de ses chefs-d’œuvre, en dépit des quelques problèmes rencontrés au cours du tournage.
Les producteurs du film ne voulaient pas de scènes de sexe dans Le Mépris. Godard, fidèle à lui-même, fit mine d’accepter, tout en contournant l’ordre. La première séquence (post-générique) dévoile une Brigitte Bardot complètement dénudée sur un lit, "cul nu". Le regard y est au rendez-vous, voire au garde à vous. Et l’inoubliable musique de Georges Delerue [4] de contempler, caresser et traverser le corps de Bardot, illuminant à tout instant, comme la foudre, une tragédie décidément atemporelle.

Notes : Combien de cinéastes ont, suite au Mépris de Godard, débuté leurs films par une femme nue vue de dos ? Parmi les exemples les plus intéressants : Carrie (1976) de Brian De Palma, Moloch (1999) d’Alexandre Soukourov et Eyes wide shut de Stanley Kubrick - ce dernier racontant quasiment la même odyssée que celle du Mépris.

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Le mépris - Jean-Luc Godard - critique

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AOÛT “Le Mépris” de Godard : histoire d'un tournage cauchemardesque

Publié le par Ricard Bruno

 

Après François Truffaut, Claude Chabrol et Jacques Demy, c’est au tour de l’enfant terrible de la Nouvelle Vague Jean-Luc Godard de faire son entrée sur Netflix. Quatre de ses plus grands films seront disponibles sur la plateforme de streaming à partir du 1er septembre prochain – dont “Le Mépris” (1963) un drame sentimental avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli. Retour sur le tournage tourmenté du film culte.

Michel Piccoli et Brigitte Bardot, "Le Mépris" (1963) de Jean-Luc Godard

Michel Piccoli et Brigitte Bardot, "Le Mépris" (1963) de Jean-Luc Godard

Après avoir connu le succès avec À bout de souffle (1960) ou encore Une femme est une femme (1961), le pionnier de la Nouvelle Vague Jean-Luc Godard souhaite réaliser son rêve de “grand film hollywoodien”. Adapté du roman éponyme d’Alberto Moravia, Le Mépris (1963) se tournera finalement dans les studios romains de la Cinecittà. Pour ce récit d’un film qui se fait et d’un couple qui se défait, Jean-Luc Godard fait appel à Michel Piccoli – qui montre tout son génie dans le rôle d’un scénariste en crise obligé de travailler sur un film pour recouvrir ses dettes – et Brigitte Bardot dans le rôle d’une épouse qui s’éloigne irrémédiablement. 

 

La rencontre entre l'icône populaire Brigitte Bardot et le cinéaste Jean-Luc Godard annonce le chef-d’œuvre à venir. Dès les premiers jours de tournage, le film prend une tournure spéciale. Les paparazzi italiens – c'est d'ailleurs au film La Dolce Vita (1960) de Federico Fellini, tourné au même endroit quelques années plus tôt, que l'on doit cette expression – se ruent sur le plateau, grimpent sur les murs ou les balcons qui entourent la Cinecittà pour voler quelques instantanés de Brigitte Bardot, femme la plus photographiée de l’époque. Lorsque l’équipe du film se déplace sur l’île de Capri, au large de Naples, pour une semaine de tournage dans la superbe villa Malaparte, les journalistes suivent le mouvement et se cachent dans les falaises qui bordent ce cadre unique et presque irréel – où seront tournées les images les plus cultes du film. 

 

Jean-Luc Godard, qui n’a jamais caché son admiration pour les stars de renommée mondiale (il tournera plus tard avec Alain Delon, Mick Jagger ou encore Johnny Halliday) entretient une relation cordiale avec Brigitte Bardot. Bien qu’il la trouve physiquement peu attirante, il voit en elle une bonne actrice dont il admire le côté amateur. Lors d’une célèbre interview télévisée, le réalisateur explique que les deux seuls problèmes qu’il ait eu avec Brigitte Bardot sont sa jupe, qu’il jugeait trop courte et son imposante coiffure que le réalisateur réussi à raccourcir avec un tour de passe-passe original : “je lui ai proposé qu’à chaque mètre que j’arriverai à traverser en marchant sur les mains, elle retire un centimètre de sa coiffure”.

Jean-Luc Godard, Michel Piccoli et Brigitte Bardot sur le tournage du film "Le Mépris" (1963) © Jean-Louis Swiners

Jean-Luc Godard, Michel Piccoli et Brigitte Bardot sur le tournage du film "Le Mépris" (1963) © Jean-Louis Swiners

Le cinéaste présente une première version au directeur de la Mostra de Venise, qui accepte Le Mépris en compétition. Mais l’argument ne convainc pas les producteurs, qui refusent de sortir le film. Ils jugent que Brigitte Bardot n’est pas assez mise en valeur, alors même que son cachet représente près de la moitié du budget de production. Raoul Coutard, directeur de la photographie raconte : “Ça a été un drame parce que Jean-Luc a été obligé de retourner un certain nombre de plans pour que les américains finissent de payer le dernier versement. On avait envoyé le film à Sam Levine [le producteur] et ensuite il a dit : non, non, ça ne va pas, je veux voir les fesses de Bardot !” 

 

Jean-Luc Godard répond par la provocation et envoie un montage complètement hasardeux à ses producteurs – qu’il surnomme “Mussolini Ponti” et “King Kong Levine”. Ces derniers envoient alors un représentant à Paris, giflé en pleine rue par le réalisateur. Après un procès et de nombreuses complications, le cinéaste se résout à tourner trois scènes supplémentaires, dont une seule apparaîtra au montage. 

 

Tu les trouves jolies mes fesses [...] et mes seins, tu les aimes ? Brigitte Bardot nue sur un lit détaillant son corps à Michel Piccoli est depuis devenue l’une des séquences les plus cultes du septième art. Pourtant gêné par les producteurs présents derrière la caméra – exigeant de voir chaque bout d’essai avant que le plan suivant ne soit tourné – Jean-Luc Godard répond à la contrainte commerciale avec un hymne au corps féminin, qu’il décrit comme “une scène d’amour total, complet, aussi physique que platonique”.

Bande-annonce – "Le Mépris" (1963) de Jean-Luc Godard

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Discovery Saint-Tropez 2020...

Publié le par Ricard Bruno

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La mariée est trop belle : Pathé restaure un des premiers films de Brigitte Bardot

Publié le par Ricard Bruno

 

Sorti en 1956, le film de Pierre Gaspard‑Huit La mariée est trop belle vient d'être restauré par Pathé et sera disponible le 21 octobre 2020 pour la première fois en Blu‑Ray et DVD.

 

La rédactrice en chef d'un magazine féminin, mariée, entretient une liaison avec le jeune Michel. Pour les besoins de son magazine, elle engage un jeune mannequin, Chouchou, mais s'aperçoit que son amant n'est pas insensible aux charmes de la jeune femme.

 

La mariée est trop belle : Pathé restaure un des premiers films de Brigitte Bardot

Une comédie un peu oubliée

Tiré du roman éponyme publié par Odette Joyeux en 1954, La mariée est trop belle est un film de Pierre Gaspard‑Huit sorti en 1956 dans lequel on retrouve une jeune Brigitte Bardot dans le rôle de Chouchou, quelques mois avant Et Dieu... créa la femme. Un rôle de jeune mannequin qui lui va parfaitement, et qu'elle interprète aux côtés de Micheline Presle et Louis Jourdan dans cette comédie oubliée du milieu des années 1950.

 

Récemment restauré par le studio Pathé, La mariée est trop belle sera disponible pour la première fois en combo Blu‑Ray/DVD à partir du 21 octobre prochain. En guise de bonus, on trouvera des entretiens autour du film, ainsi que des actualités Pathé de l'époque montrant Brigitte Bardot au début de sa carrière. 19,99 € le combo DVD/Blu‑Ray. Image 1.37 N&B, français DTS 2.0, Audiovision, sous‑titres anglais/sourds et malentendants.

 
La mariée est trop belle : Pathé restaure un des premiers films de Brigitte Bardot

 

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Brigitte Bardot : 2ème vente caritative le 12 décembre 2020

Publié le par Ricard Bruno

La 2ème vente caritative au profit exclusif de  la FBB organisée par la Maison de Ventes aux Enchères ROSSINI, est prévue le 12 décembre 2020 à Paris.

Bien entendu cette vente est faites en accord total avec madame Brigitte Bardot.

Il va de soit que je vous tendrais au courant de la sortie du catalogue qui sortira en tirage limité !

L'intégralité de la vente sera reversée à la fondation de madame Brigitte Bardot, la première édition avait permis de réunir prêt de 100.00 euros pour venir en aide aux animaux , chaque personne participant à cette magnifique aventure est bénévole, moi y compris..

Bruno Ricard   

Ci dessous Brigitte Bardot au tel durant la 1ère vente aux enchères en 2016

« En cas de malheur », de Simenon à Autant-Lara (1956-1958). Essai de génétique scénaristique

Publié le par Ricard Bruno

« En cas de malheur », de Simenon à Autant-Lara (1956-1958). Essai de génétique scénaristique

Du roman au film en passant par le scénario.

Sorti dans les salles à une période charnière, le film En cas de malheur de Claude Autant-Lara (1958) fait ici l’objet d’une analyse approfondie qui porte à la fois sur l’écriture scénaristique, le contexte sociohistorique, les représentations de genre et les modalités de la transposition à l’écran du roman homonyme de Georges Simenon.

Alain Boillat (Section d’histoire et esthétique du cinéma) envisage les différentes variantes conçues par les scénaristes dans une perspective narratologique et d’étude des normes de genre. Ce faisant, il propose une méthodologie favorisant l’application au cinéma de la génétique des textes littéraires, et renouvelle plus largement l’étude du phénomène de l’adaptation.

En discutant certains aspects du récit filmique (point de vue, flash-back, etc.), l’ouvrage montre combien le personnage ne peut être appréhendé au cinéma sans la prise en considération de la vedette qui l’incarne. Or En cas de malheur réunit les deux plus grandes stars qu’ait connues le cinéma français: d’un côté Brigitte Bardot, nouvelle icône de la féminité qui présage les bouleversements sociaux des années 1960, de l’autre Jean Gabin, associé à une image de la virilité issue des années 1930.

Alain Boillat, En cas de malheur, de Simenon à Autant-Lara (1956-1958). Essai de génétique scénaristique, Genève, Droz, 2020.

Source de l'article : Cliquez ICI

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Curd Jurgens déjà 38 ans qu'il est décédé...

Publié le par Ricard Bruno

Curd Jurgens déjà 38 ans qu'il est décédé...

Fils d'un commerçant aisé de Hambourg et de Marie-Albertine Noir, une institutrice originaire d'Évian-les-Bains en Haute-Savoie, Curd Jürgens est éduqué dans un contexte bilingue français-allemand. Il a aussi deux sœurs plus âgées, Jeanette et Marguerite. Au terme d'un court séjour à Munich, son père s'établit à Berlin après avoir réalisé des affaires lucratives qui l'amenaient souvent et longtemps dans la partie orientale de l'Empire russe après la première guerre mondiale. Curd Jürgens passe sa jeunesse dans le quartier de Neu-Westend (Oldenburgallee 57) et évoque cette période agréable dans son autobiographie … und kein bisschen weise.

À la fin de ses études, il commence une carrière de journaliste au 8-Uhr Abendblatt. Parallèlement, il prend des cours de comédie. Il s'essaie ensuite, sans grand succès, comme réalisateur et scénariste, essentiellement dans des productions autrichiennes. En 1933, il est victime d'un grave accident de voiture. En 1935, il se présente à la société UFA.

Après le tournage du film Wiener Mädeln, en septembre 1944, il rencontre par hasard dans un café viennois Robert Kaltenbrunner, le frère du chef de la Gestapo Ernst Kaltenbrunner, l'Obersturmbannführer-SS Otto Skorzeny ainsi qu'un collègue de Baldur von Schirach, il reçoit quelques jours plus tard un ordre d'affectation pour un camp de travail en tant que "politiquement douteux". Quelques semaines plus tard, il réussit à s'évader et à semer ses poursuivants. Après la guerre, pendant peu de temps il est intendant du théâtre de Straubing, il dirige aussi le Pariser Théâtre Hébertot.

En 1945, il obtient la nationalité autrichienne. Politiquement il est connu pour soutenir Willy Brandt. Il a été cinq fois marié : avec les actrices Lulu Basler (1938), Judith Holzmeister (1947) et Eva Bartok (1955), ensuite avec le mannequin Simone Bicheron (1958) et enfin à partir de 1978 avec Margie Schmitz. À cause de sa stature (1,93 m) et de son impassibilité, Brigitte Bardot le surnomme « l'armoire normande ». Dans le magazine Bild, Curd Jürgen occupe la deuxième place dans la « liste des hommes les plus sexy ».

Il fera une brillante carrière dans plusieurs pays européens (France, Grande-Bretagne, Allemagne…) ou en Amérique (États-Unis). Il subit dans les années 1970 plusieurs interventions chirurgicales au cœur. Il meurt le 18 juin 1982 à Vienne d'un infarctus du myocarde, avant que le film Téhéran 43 dans lequel il jouait ne soit achevé.

Il est enterré au cimetière central de Vienne, section 32C, non loin de Georg Wilhelm Pabst et Arnold Schönberg.

Curd Jurgens déjà 38 ans qu'il est décédé...
Curd Jurgens déjà 38 ans qu'il est décédé...
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Réouverture de la Cinémathèque Française..

Publié le par Ricard Bruno

La Cinémathèque française rouvrira ses portes le mercredi 15 juillet 2020 à 11h et restera exceptionnellement ouverte tout le mois d'août, avec deux séances (en 35 mm) par jour à 16h et 19h30 (sauf lundi et mardi) dans la salle Henri Langlois, les salles de projection Franju et Epstein devront attendre septembre pour leur réouverture.

En revanche la 4ème salle Henri, la salle virtuelle improvisée lors du confinement continuera de proposer des films gratuitement tous les soirs jusqu’au 15 Juillet. Tous les films mis en ligne sur cette plateforme le resteront sans limitation de durée, sauf restriction de droits de diffusion, et "Henri" trouvera un nouveau rythme à la rentrée de septembre.

Parmi la riche collection de films rares mis à disposition (Jean Epstein, Otar Iosseliani, Raoul Ruiz, Marcel L’Herbier, Jean Claude Biette, René Clair…), il faut regarder deux films de court métrage de Jacques Rozier en lien avec l’Italie, Paparazzi et Le Parti des choses : Bardot et Godard réalisés à Capri en 1963 durant le tournage du Mépris de Jean Luc Godard.

Le Parti des choses : Bardot et Godard

Jacques Rozier est l’aîné de JLG de quelques années seulement, ils sont amis et sont les derniers cinéastes représentants de la Nouvelle Vague encore en vie. En 1960 Godard, déjà célèbre, apprécie Rozier et lui présente son producteur Georges de Beauregard qui lui permet de réaliser son premier long métrage, Adieu Philippine.

Quelques années plus tard pour le tournage du premier film de Godard à gros budget avec l'une des actrices les plus célèbres du moment, Brigitte Bardot, Rozier réalise un documentaire résolument moderne aux côtés de son ami JLG. A Capri, villa Malaparte entre mer et rochers, il suit son tournage, Godard en pleine création, il se passionne pour Brigitte Bardot, montre la délicatesse de Michel Piccoli, Jack Palance, Fritz Lang, le maître du cinéma et la caméra Mitchell qui occupe le centre de la scène. Il filme les aléas du tournage, la tempête, les plans qui ne figureront jamais dans la version finale, les travellings, les gestes des techniciens image et son, les régisseurs italiens, les claps, filmé par un cinéaste libre, ce documentaire a gardé toute sa modernité. Une voix off, qui semble être aussi bien la voix de Rozier que celle de Godard, ne raconte pas les différentes étapes du tournage, elle est une réflexion sur la modernité, le hasard : « La caméra est d'abord un appareil de prise de vues, et mettre en scène c'est prendre modestement le parti des choses... »

Paparazzi

Dans ce film, Rozier dans un premier temps présente le tournage du Mépris, Godard, les acteurs, les techniciens, la villa Malaparte, puis il s'éloigne de l'équipe du film et s’intéresse aux paparazzi qui rodent dans les collines avoisinantes. Le terme est né trois ans plus tôt dans La Dolce Vita, où Fellini appelait « paparazzo » un photographe sans scrupule de l’équipe de Marcello Mastroianni.

Rozier est fasciné par la star Brigitte Bardot « la femme la plus photographiée du monde ». Au début, amusée par sa propre célébrité, elle sourit, puis quand les photographes deviennent trop insistants, se cachant pendant des heures sous le soleil et dans des situations périlleuses avec leurs téléobjectifs gigantesques pour traquer ses moindre faits et gestes durant le tournage, Bardot se fâche. Godard la protège et tente de les chasser avec l’aide des policiers italiens, mais les paparazzi sont tenaces, ils veulent leur scoop et reviennent chaque jour. Rozier prend alors le parti d’inverser les rôles et part à la poursuite des paparazzi, il montre leurs difficultés, le danger des hauteurs dans les rochers, la faim, la fatigue, leur jalousie pour la situation confortable du photographe officiel du film, Ghislain (Jicky) Dussart, leurs retours à la base bredouilles, les reproches et les menaces de leurs chefs. Il les traque jusqu’à les interviewer dépités et épuisés à une terrasse de café. Une voix off, celle de Piccoli, s’adresse à Brigitte Bardot et décrit la situation comme un journal de bord tout en parlant de lui à la troisième personne. La musique, les bruitages sur les coupures de presse de Bardot accentuent le dynamisme du montage et son originalité. Rozier s’amuse et donne un ton burlesque à cette confrontation parfois tendue entre la star et les paparazzi, un ton que l'on retrouvera dans la plupart de ses films.

Jacques Rozier à propos de « Paparazzi »

« En 1963, je produis et réalise en même temps, en marge du tournage du Mépris, deux films : Paparazzi, sur les rapports conflictuels de Brigitte Bardot avec ces photographes chasseurs d'images dont la désignation sous le terme de "paparazzi" n'est pas encore arrivée en France, et Le Parti des choses (Bardot et Godard), sur la rencontre cinématographique – inattendue à l'époque – de ces deux stars, l'une du cinéma traditionnel, l'autre de la Nouvelle Vague. Concernant Paparazzi, le terme de "making-of" est inopportun. C'est plutôt un film de fiction constitué la plupart du temps d'éléments enregistrés consciemment de part et d'autre. Ainsi le dialogue en champ-contrechamp de BB avec les trois paparazzi a-t-il été établi avec la connivence des deux parties. »

La numérisation 4K et la restauration 2K du film ont été menées par Jacques Rozier et la Cinémathèque française, au laboratoire Hiventy, à partir du marron et du négatif son, avec le soutien du CNC, de la Cinémathèque suisse, des Archives audiovisuelles de Monaco et d'Extérieur Nuit.

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