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40 articles avec affiche cinema

Le mépris - Jean-Luc Godard - critique

Publié le par Ricard Bruno

Le mépris - Jean-Luc Godard - critique

Un "movie-movie" (film sur un film) où la question "qu’est-ce que l’amour" devient "qu’est-ce que le regard ?". Un long métrage intemporel de Godard.

 

Résumé : Le scénariste Paul Javal mène une vie heureuse avec sa femme Camille. Un jour, le célèbre producteur américain Jeremy Prokosch lui propose de travailler à une adaptation de l’Odyssée, réalisée par Fritz Lang à Cinecittà. Le couple se rend alors sur les lieux du tournage et rencontre l’équipe. Prokosch fait bientôt des avances à Camille sous les yeux de Paul. Cette tentative de séduction va sonner le glas de leur couple…

Critique : Fondé sur le roman d’Alberto Moravia, Le mépris raconte le lent et progressif déchirement d’un couple en Italie. Une sorte de voyage translpin qui finit mal. Camille (Brigitte Bardot) a peu à peu l’impression que son mari (Michel Piccoli) ne la regarde plus, ne l’aime plus. Alors que son époux doit s’atteler à la réécriture d’un scénario en train de se tourner à Cinecittà, le doute puis le mépris vont naître chez Camille. Et de là, l’incompréhension puis la colère de Paul ; d’ailleurs pas nécessairement innocent dans l’affaire. Le couple n’y survivra pas.
Au cœur du couple, au centre même de l’amour, le regard. Dès la première image du film, une voix off en parle déjà : "Le cinéma, disait André Bazin, substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs. Le Mépris est l’histoire de ce monde." Godard annonce ce qui sera pour lui finalement non le nœud de l’amour, mais l’amour même : le regard. Pour Jean-Luc Nancy, "égard et regard sont à peu près le même mot : le re-gard indique le recul propice à l’intensification de la garde, de la prise en garde." [1]
L’égard que traque Camille chez son mari est constant, elle veut convoquer l’œil de celui-ci, le provoquer parfois aussi. Pour elle, son époux la trahit dès lors qu’il a cessé de l’observer, "son regard est pareil au regard des statues". [2] Ces mêmes statues antiques qui traversent le film de part en part, rappelant l’odyssée homérique vécue par le couple. Regard sans trou ni profondeur, alors même que le mot a aussi le sens de : "Ouverture destinée à faciliter les visites, les réparations." Ce couple n’a-t-il pas oublié, à un moment donné, de se visiter face à face et de consolider ses failles humaines ?
Les célèbres phrases "Tu les trouves jolies mes fesses ?", "Je t’aime totalement, tendrement, tragiquement" crient la dépendance du regard de l’Autre ; dépendance à être aimé, mais aussi à exister. "Chaque regard nous fait éprouver concrètement (...) que nous existons pour tous les hommes vivants", disait Sartre [3]. Une des réussites du Mépris est le point de vue même de Godard, personnel, réflexif, incisif, signant là un de ses chefs-d’œuvre, en dépit des quelques problèmes rencontrés au cours du tournage.
Les producteurs du film ne voulaient pas de scènes de sexe dans Le Mépris. Godard, fidèle à lui-même, fit mine d’accepter, tout en contournant l’ordre. La première séquence (post-générique) dévoile une Brigitte Bardot complètement dénudée sur un lit, "cul nu". Le regard y est au rendez-vous, voire au garde à vous. Et l’inoubliable musique de Georges Delerue [4] de contempler, caresser et traverser le corps de Bardot, illuminant à tout instant, comme la foudre, une tragédie décidément atemporelle.

Notes : Combien de cinéastes ont, suite au Mépris de Godard, débuté leurs films par une femme nue vue de dos ? Parmi les exemples les plus intéressants : Carrie (1976) de Brian De Palma, Moloch (1999) d’Alexandre Soukourov et Eyes wide shut de Stanley Kubrick - ce dernier racontant quasiment la même odyssée que celle du Mépris.

Source de l'article : Cliquez ICI

Le mépris - Jean-Luc Godard - critique

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AOÛT “Le Mépris” de Godard : histoire d'un tournage cauchemardesque

Publié le par Ricard Bruno

 

Après François Truffaut, Claude Chabrol et Jacques Demy, c’est au tour de l’enfant terrible de la Nouvelle Vague Jean-Luc Godard de faire son entrée sur Netflix. Quatre de ses plus grands films seront disponibles sur la plateforme de streaming à partir du 1er septembre prochain – dont “Le Mépris” (1963) un drame sentimental avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli. Retour sur le tournage tourmenté du film culte.

Michel Piccoli et Brigitte Bardot, "Le Mépris" (1963) de Jean-Luc Godard

Michel Piccoli et Brigitte Bardot, "Le Mépris" (1963) de Jean-Luc Godard

Après avoir connu le succès avec À bout de souffle (1960) ou encore Une femme est une femme (1961), le pionnier de la Nouvelle Vague Jean-Luc Godard souhaite réaliser son rêve de “grand film hollywoodien”. Adapté du roman éponyme d’Alberto Moravia, Le Mépris (1963) se tournera finalement dans les studios romains de la Cinecittà. Pour ce récit d’un film qui se fait et d’un couple qui se défait, Jean-Luc Godard fait appel à Michel Piccoli – qui montre tout son génie dans le rôle d’un scénariste en crise obligé de travailler sur un film pour recouvrir ses dettes – et Brigitte Bardot dans le rôle d’une épouse qui s’éloigne irrémédiablement. 

 

La rencontre entre l'icône populaire Brigitte Bardot et le cinéaste Jean-Luc Godard annonce le chef-d’œuvre à venir. Dès les premiers jours de tournage, le film prend une tournure spéciale. Les paparazzi italiens – c'est d'ailleurs au film La Dolce Vita (1960) de Federico Fellini, tourné au même endroit quelques années plus tôt, que l'on doit cette expression – se ruent sur le plateau, grimpent sur les murs ou les balcons qui entourent la Cinecittà pour voler quelques instantanés de Brigitte Bardot, femme la plus photographiée de l’époque. Lorsque l’équipe du film se déplace sur l’île de Capri, au large de Naples, pour une semaine de tournage dans la superbe villa Malaparte, les journalistes suivent le mouvement et se cachent dans les falaises qui bordent ce cadre unique et presque irréel – où seront tournées les images les plus cultes du film. 

 

Jean-Luc Godard, qui n’a jamais caché son admiration pour les stars de renommée mondiale (il tournera plus tard avec Alain Delon, Mick Jagger ou encore Johnny Halliday) entretient une relation cordiale avec Brigitte Bardot. Bien qu’il la trouve physiquement peu attirante, il voit en elle une bonne actrice dont il admire le côté amateur. Lors d’une célèbre interview télévisée, le réalisateur explique que les deux seuls problèmes qu’il ait eu avec Brigitte Bardot sont sa jupe, qu’il jugeait trop courte et son imposante coiffure que le réalisateur réussi à raccourcir avec un tour de passe-passe original : “je lui ai proposé qu’à chaque mètre que j’arriverai à traverser en marchant sur les mains, elle retire un centimètre de sa coiffure”.

Jean-Luc Godard, Michel Piccoli et Brigitte Bardot sur le tournage du film "Le Mépris" (1963) © Jean-Louis Swiners

Jean-Luc Godard, Michel Piccoli et Brigitte Bardot sur le tournage du film "Le Mépris" (1963) © Jean-Louis Swiners

Le cinéaste présente une première version au directeur de la Mostra de Venise, qui accepte Le Mépris en compétition. Mais l’argument ne convainc pas les producteurs, qui refusent de sortir le film. Ils jugent que Brigitte Bardot n’est pas assez mise en valeur, alors même que son cachet représente près de la moitié du budget de production. Raoul Coutard, directeur de la photographie raconte : “Ça a été un drame parce que Jean-Luc a été obligé de retourner un certain nombre de plans pour que les américains finissent de payer le dernier versement. On avait envoyé le film à Sam Levine [le producteur] et ensuite il a dit : non, non, ça ne va pas, je veux voir les fesses de Bardot !” 

 

Jean-Luc Godard répond par la provocation et envoie un montage complètement hasardeux à ses producteurs – qu’il surnomme “Mussolini Ponti” et “King Kong Levine”. Ces derniers envoient alors un représentant à Paris, giflé en pleine rue par le réalisateur. Après un procès et de nombreuses complications, le cinéaste se résout à tourner trois scènes supplémentaires, dont une seule apparaîtra au montage. 

 

Tu les trouves jolies mes fesses [...] et mes seins, tu les aimes ? Brigitte Bardot nue sur un lit détaillant son corps à Michel Piccoli est depuis devenue l’une des séquences les plus cultes du septième art. Pourtant gêné par les producteurs présents derrière la caméra – exigeant de voir chaque bout d’essai avant que le plan suivant ne soit tourné – Jean-Luc Godard répond à la contrainte commerciale avec un hymne au corps féminin, qu’il décrit comme “une scène d’amour total, complet, aussi physique que platonique”.

Bande-annonce – "Le Mépris" (1963) de Jean-Luc Godard

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Discovery Saint-Tropez 2020...

Publié le par Ricard Bruno

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La mariée est trop belle : Pathé restaure un des premiers films de Brigitte Bardot

Publié le par Ricard Bruno

 

Sorti en 1956, le film de Pierre Gaspard‑Huit La mariée est trop belle vient d'être restauré par Pathé et sera disponible le 21 octobre 2020 pour la première fois en Blu‑Ray et DVD.

 

La rédactrice en chef d'un magazine féminin, mariée, entretient une liaison avec le jeune Michel. Pour les besoins de son magazine, elle engage un jeune mannequin, Chouchou, mais s'aperçoit que son amant n'est pas insensible aux charmes de la jeune femme.

 

La mariée est trop belle : Pathé restaure un des premiers films de Brigitte Bardot

Une comédie un peu oubliée

Tiré du roman éponyme publié par Odette Joyeux en 1954, La mariée est trop belle est un film de Pierre Gaspard‑Huit sorti en 1956 dans lequel on retrouve une jeune Brigitte Bardot dans le rôle de Chouchou, quelques mois avant Et Dieu... créa la femme. Un rôle de jeune mannequin qui lui va parfaitement, et qu'elle interprète aux côtés de Micheline Presle et Louis Jourdan dans cette comédie oubliée du milieu des années 1950.

 

Récemment restauré par le studio Pathé, La mariée est trop belle sera disponible pour la première fois en combo Blu‑Ray/DVD à partir du 21 octobre prochain. En guise de bonus, on trouvera des entretiens autour du film, ainsi que des actualités Pathé de l'époque montrant Brigitte Bardot au début de sa carrière. 19,99 € le combo DVD/Blu‑Ray. Image 1.37 N&B, français DTS 2.0, Audiovision, sous‑titres anglais/sourds et malentendants.

 
La mariée est trop belle : Pathé restaure un des premiers films de Brigitte Bardot

 

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Brigitte Bardot : 2ème vente caritative le 12 décembre 2020

Publié le par Ricard Bruno

La 2ème vente caritative au profit exclusif de  la FBB organisée par la Maison de Ventes aux Enchères ROSSINI, est prévue le 12 décembre 2020 à Paris.

Bien entendu cette vente est faites en accord total avec madame Brigitte Bardot.

Il va de soit que je vous tendrais au courant de la sortie du catalogue qui sortira en tirage limité !

L'intégralité de la vente sera reversée à la fondation de madame Brigitte Bardot, la première édition avait permis de réunir prêt de 100.00 euros pour venir en aide aux animaux , chaque personne participant à cette magnifique aventure est bénévole, moi y compris..

Bruno Ricard   

Ci dessous Brigitte Bardot au tel durant la 1ère vente aux enchères en 2016

« En cas de malheur », de Simenon à Autant-Lara (1956-1958). Essai de génétique scénaristique

Publié le par Ricard Bruno

« En cas de malheur », de Simenon à Autant-Lara (1956-1958). Essai de génétique scénaristique

Du roman au film en passant par le scénario.

Sorti dans les salles à une période charnière, le film En cas de malheur de Claude Autant-Lara (1958) fait ici l’objet d’une analyse approfondie qui porte à la fois sur l’écriture scénaristique, le contexte sociohistorique, les représentations de genre et les modalités de la transposition à l’écran du roman homonyme de Georges Simenon.

Alain Boillat (Section d’histoire et esthétique du cinéma) envisage les différentes variantes conçues par les scénaristes dans une perspective narratologique et d’étude des normes de genre. Ce faisant, il propose une méthodologie favorisant l’application au cinéma de la génétique des textes littéraires, et renouvelle plus largement l’étude du phénomène de l’adaptation.

En discutant certains aspects du récit filmique (point de vue, flash-back, etc.), l’ouvrage montre combien le personnage ne peut être appréhendé au cinéma sans la prise en considération de la vedette qui l’incarne. Or En cas de malheur réunit les deux plus grandes stars qu’ait connues le cinéma français: d’un côté Brigitte Bardot, nouvelle icône de la féminité qui présage les bouleversements sociaux des années 1960, de l’autre Jean Gabin, associé à une image de la virilité issue des années 1930.

Alain Boillat, En cas de malheur, de Simenon à Autant-Lara (1956-1958). Essai de génétique scénaristique, Genève, Droz, 2020.

Source de l'article : Cliquez ICI

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Curd Jurgens déjà 38 ans qu'il est décédé...

Publié le par Ricard Bruno

Curd Jurgens déjà 38 ans qu'il est décédé...

Fils d'un commerçant aisé de Hambourg et de Marie-Albertine Noir, une institutrice originaire d'Évian-les-Bains en Haute-Savoie, Curd Jürgens est éduqué dans un contexte bilingue français-allemand. Il a aussi deux sœurs plus âgées, Jeanette et Marguerite. Au terme d'un court séjour à Munich, son père s'établit à Berlin après avoir réalisé des affaires lucratives qui l'amenaient souvent et longtemps dans la partie orientale de l'Empire russe après la première guerre mondiale. Curd Jürgens passe sa jeunesse dans le quartier de Neu-Westend (Oldenburgallee 57) et évoque cette période agréable dans son autobiographie … und kein bisschen weise.

À la fin de ses études, il commence une carrière de journaliste au 8-Uhr Abendblatt. Parallèlement, il prend des cours de comédie. Il s'essaie ensuite, sans grand succès, comme réalisateur et scénariste, essentiellement dans des productions autrichiennes. En 1933, il est victime d'un grave accident de voiture. En 1935, il se présente à la société UFA.

Après le tournage du film Wiener Mädeln, en septembre 1944, il rencontre par hasard dans un café viennois Robert Kaltenbrunner, le frère du chef de la Gestapo Ernst Kaltenbrunner, l'Obersturmbannführer-SS Otto Skorzeny ainsi qu'un collègue de Baldur von Schirach, il reçoit quelques jours plus tard un ordre d'affectation pour un camp de travail en tant que "politiquement douteux". Quelques semaines plus tard, il réussit à s'évader et à semer ses poursuivants. Après la guerre, pendant peu de temps il est intendant du théâtre de Straubing, il dirige aussi le Pariser Théâtre Hébertot.

En 1945, il obtient la nationalité autrichienne. Politiquement il est connu pour soutenir Willy Brandt. Il a été cinq fois marié : avec les actrices Lulu Basler (1938), Judith Holzmeister (1947) et Eva Bartok (1955), ensuite avec le mannequin Simone Bicheron (1958) et enfin à partir de 1978 avec Margie Schmitz. À cause de sa stature (1,93 m) et de son impassibilité, Brigitte Bardot le surnomme « l'armoire normande ». Dans le magazine Bild, Curd Jürgen occupe la deuxième place dans la « liste des hommes les plus sexy ».

Il fera une brillante carrière dans plusieurs pays européens (France, Grande-Bretagne, Allemagne…) ou en Amérique (États-Unis). Il subit dans les années 1970 plusieurs interventions chirurgicales au cœur. Il meurt le 18 juin 1982 à Vienne d'un infarctus du myocarde, avant que le film Téhéran 43 dans lequel il jouait ne soit achevé.

Il est enterré au cimetière central de Vienne, section 32C, non loin de Georg Wilhelm Pabst et Arnold Schönberg.

Curd Jurgens déjà 38 ans qu'il est décédé...
Curd Jurgens déjà 38 ans qu'il est décédé...
Curd Jurgens déjà 38 ans qu'il est décédé...
Curd Jurgens déjà 38 ans qu'il est décédé...
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Réouverture de la Cinémathèque Française..

Publié le par Ricard Bruno

La Cinémathèque française rouvrira ses portes le mercredi 15 juillet 2020 à 11h et restera exceptionnellement ouverte tout le mois d'août, avec deux séances (en 35 mm) par jour à 16h et 19h30 (sauf lundi et mardi) dans la salle Henri Langlois, les salles de projection Franju et Epstein devront attendre septembre pour leur réouverture.

En revanche la 4ème salle Henri, la salle virtuelle improvisée lors du confinement continuera de proposer des films gratuitement tous les soirs jusqu’au 15 Juillet. Tous les films mis en ligne sur cette plateforme le resteront sans limitation de durée, sauf restriction de droits de diffusion, et "Henri" trouvera un nouveau rythme à la rentrée de septembre.

Parmi la riche collection de films rares mis à disposition (Jean Epstein, Otar Iosseliani, Raoul Ruiz, Marcel L’Herbier, Jean Claude Biette, René Clair…), il faut regarder deux films de court métrage de Jacques Rozier en lien avec l’Italie, Paparazzi et Le Parti des choses : Bardot et Godard réalisés à Capri en 1963 durant le tournage du Mépris de Jean Luc Godard.

Le Parti des choses : Bardot et Godard

Jacques Rozier est l’aîné de JLG de quelques années seulement, ils sont amis et sont les derniers cinéastes représentants de la Nouvelle Vague encore en vie. En 1960 Godard, déjà célèbre, apprécie Rozier et lui présente son producteur Georges de Beauregard qui lui permet de réaliser son premier long métrage, Adieu Philippine.

Quelques années plus tard pour le tournage du premier film de Godard à gros budget avec l'une des actrices les plus célèbres du moment, Brigitte Bardot, Rozier réalise un documentaire résolument moderne aux côtés de son ami JLG. A Capri, villa Malaparte entre mer et rochers, il suit son tournage, Godard en pleine création, il se passionne pour Brigitte Bardot, montre la délicatesse de Michel Piccoli, Jack Palance, Fritz Lang, le maître du cinéma et la caméra Mitchell qui occupe le centre de la scène. Il filme les aléas du tournage, la tempête, les plans qui ne figureront jamais dans la version finale, les travellings, les gestes des techniciens image et son, les régisseurs italiens, les claps, filmé par un cinéaste libre, ce documentaire a gardé toute sa modernité. Une voix off, qui semble être aussi bien la voix de Rozier que celle de Godard, ne raconte pas les différentes étapes du tournage, elle est une réflexion sur la modernité, le hasard : « La caméra est d'abord un appareil de prise de vues, et mettre en scène c'est prendre modestement le parti des choses... »

Paparazzi

Dans ce film, Rozier dans un premier temps présente le tournage du Mépris, Godard, les acteurs, les techniciens, la villa Malaparte, puis il s'éloigne de l'équipe du film et s’intéresse aux paparazzi qui rodent dans les collines avoisinantes. Le terme est né trois ans plus tôt dans La Dolce Vita, où Fellini appelait « paparazzo » un photographe sans scrupule de l’équipe de Marcello Mastroianni.

Rozier est fasciné par la star Brigitte Bardot « la femme la plus photographiée du monde ». Au début, amusée par sa propre célébrité, elle sourit, puis quand les photographes deviennent trop insistants, se cachant pendant des heures sous le soleil et dans des situations périlleuses avec leurs téléobjectifs gigantesques pour traquer ses moindre faits et gestes durant le tournage, Bardot se fâche. Godard la protège et tente de les chasser avec l’aide des policiers italiens, mais les paparazzi sont tenaces, ils veulent leur scoop et reviennent chaque jour. Rozier prend alors le parti d’inverser les rôles et part à la poursuite des paparazzi, il montre leurs difficultés, le danger des hauteurs dans les rochers, la faim, la fatigue, leur jalousie pour la situation confortable du photographe officiel du film, Ghislain (Jicky) Dussart, leurs retours à la base bredouilles, les reproches et les menaces de leurs chefs. Il les traque jusqu’à les interviewer dépités et épuisés à une terrasse de café. Une voix off, celle de Piccoli, s’adresse à Brigitte Bardot et décrit la situation comme un journal de bord tout en parlant de lui à la troisième personne. La musique, les bruitages sur les coupures de presse de Bardot accentuent le dynamisme du montage et son originalité. Rozier s’amuse et donne un ton burlesque à cette confrontation parfois tendue entre la star et les paparazzi, un ton que l'on retrouvera dans la plupart de ses films.

Jacques Rozier à propos de « Paparazzi »

« En 1963, je produis et réalise en même temps, en marge du tournage du Mépris, deux films : Paparazzi, sur les rapports conflictuels de Brigitte Bardot avec ces photographes chasseurs d'images dont la désignation sous le terme de "paparazzi" n'est pas encore arrivée en France, et Le Parti des choses (Bardot et Godard), sur la rencontre cinématographique – inattendue à l'époque – de ces deux stars, l'une du cinéma traditionnel, l'autre de la Nouvelle Vague. Concernant Paparazzi, le terme de "making-of" est inopportun. C'est plutôt un film de fiction constitué la plupart du temps d'éléments enregistrés consciemment de part et d'autre. Ainsi le dialogue en champ-contrechamp de BB avec les trois paparazzi a-t-il été établi avec la connivence des deux parties. »

La numérisation 4K et la restauration 2K du film ont été menées par Jacques Rozier et la Cinémathèque française, au laboratoire Hiventy, à partir du marron et du négatif son, avec le soutien du CNC, de la Cinémathèque suisse, des Archives audiovisuelles de Monaco et d'Extérieur Nuit.

Source de l'article : Cliquez ICI

Michel Piccoli est mort...

Publié le par Ricard Bruno

Michel Piccoli est mort...
Michel Piccoli est mort...
Michel Piccoli est un acteur français, né le 27 décembre 1925 à Paris 13ᵉ. Il est également producteur, réalisateur et scénariste, décédé le 12 mai 2020 à l'âge de 94ans...
Le comédien Michel Piccoli est mort à 94 ans. Le septième art perd l’un de ses meilleurs représentants. Sa filmographie est jalonnée de grands succès qui sont devenus des classiques du cinéma, mais aussi de nombreux films d’auteurs salués par la critique. 

Fils d'Henri Piccoli, violoniste, de lointaine origine tessinoise et de Marcelle Expert-Bezançon (1892-1990), Michel Piccoli a suivi une formation de comédien au cours Simon.

Après une apparition dans Sortilèges de Christian-Jaque en 1945, il débute au cinéma dans Le Point du jour de Louis Daquin. Il commence sur les planches avec la compagnie Renaud-Barrault et au Théâtre de Babylone. Remarqué dans Le Doulos de Jean-Pierre Melville, il est révélé au grand public avec Le Mépris de Jean-Luc Godard aux côtés de Brigitte Bardot.

Dès lors, il tourne avec beaucoup des plus grands cinéastes français (Jean Renoir, René Clair, René Clément, Alain Resnais, Agnès Varda, Jacques Demy, Alain Cavalier, Michel Deville, Claude Sautet, Claude Chabrol, Louis Malle, Jacques Doillon, Jacques Rivette, Léos Carax, Bertrand Blier), européens (Luis Buñuel, Costa-Gavras, Marco Ferreri, Alfred Hitchcock, Jerzy Skolimowski, Marco Bellocchio, Ettore Scola, Manoel de Oliveira, Otar Iosseliani, Theo Angelopoulos, Nanni Moretti) et internationaux (Youssef Chahine, Raoul Ruiz, Hiner Saleem).

Il devient l'acteur fétiche de Claude Sautet, avec Les Choses de la vie, Max et les Ferrailleurs, Mado et Vincent, François, Paul... et les autres, de Marco Ferreri, avec sept films, de Dillinger est mort à Y'a bon les blancs, et de Luis Buñuel avec qui il entretient une longue complicité. Il collabore à six des films du réalisateur espagnol dont plusieurs œuvres majeures comme Le journal d'une femme de chambre, Belle de jour, Le Charme discret de la bourgeoisie.

Michel Piccoli parlant très bien l'italien, il travaillera aussi avec des cinéastes italiens, comme Marco Bellocchio, Marco, Ferreri, Ettore Scola, etc...

En parallèle, il assoit sa notoriété au début des années 1960, par plusieurs rôles à la télévision (Les Joueurs, Montserrat, Dom Juan…).

Il débute la décennie 1980 par le prix d'interprétation au festival de Cannes en 1980, avec Le Saut dans le vide de Marco Bellocchio, et celui du festival de Berlin en 1982, avec Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre. Il travaille avec le jeune cinéma français, comme Jacques Doillon (La Fille prodigue en 1985), Leos Carax (Mauvais sang en 1986), n'hésitant pas à casser son image bienveillante avec des rôles provocateurs ou antipathiques, avant de s'essayer lui-même à la réalisation.

Habitué du festival de Cannes, il fait partie du jury de la compétition officielle du 60e festival en 2007 sous la présidence de Stephen Frears.

Amateur de littérature, il a également enregistré la lecture des Fleurs du mal de Charles Baudelaire et de Gargantua de François Rabelais.

En 2011, il joue dans Habemus Papam de Nanni Moretti, présenté en compétition à Cannes.

  

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Exposition Brigitte Bardot et Alain Delon

Publié le par Ricard Bruno

Bonjour à tous

Je n'avais rien dit jusqu'à présent mais je suis en pleine préparation d'une nouvelle exposition concernant Brigitte Bardot et Alain Delon, exposition initiée par Henry-Jean Servat, qui m'a sollicité pour le prêt de plusieurs objets pour cette exposition qui devait dans un premier temps se tenir en juillet à Saint-tropez, cette exposition se fera bien mais par contre pour les dates, on attends...

Merci à mon ami BD'O

Bruno Ricard 

Exposition Brigitte Bardot et Alain Delon

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