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1281 articles avec brigitte bardot

Le portfolio vintage de Brigitte Bardot au Festival de Cannes...

Publié le par Ricard Bruno

Le portfolio vintage de Brigitte Bardot au Festival de Cannes...

C'est en 1953 que Brigitte Bardot éblouit pour la première fois le Festival de Cannes de son aura magnétique. Et pour cause, la belle de 19 ans s'exhibe en bikini sur la plage de la Croisette. Dès lors, elle s'y sent comme chez elle. Pablo Picasso, Jeanne Moreau, Roger Vadim, Kirk Douglas... BB se rend au Festival avec ses proches du moment. Retour sur 14 clichés époque Fifties et Sixties qui sentent encore la chaleur Cannoise.

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Le portfolio vintage de Brigitte Bardot au Festival de Cannes...
Le portfolio vintage de Brigitte Bardot au Festival de Cannes...
Le portfolio vintage de Brigitte Bardot au Festival de Cannes...
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Le portfolio vintage de Brigitte Bardot au Festival de Cannes...
Le portfolio vintage de Brigitte Bardot au Festival de Cannes...
Le portfolio vintage de Brigitte Bardot au Festival de Cannes...
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Le portfolio vintage de Brigitte Bardot au Festival de Cannes...
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Un projet de ferme aux 4 000 bovins rejeté en Saône-et-Loire...

Publié le par Ricard Bruno

Très critiqué par la Confédération paysanne mais aussi des personnalités telles que Brigitte Bardot, le projet de ferme aux 4 000 bovins à Digoin (Saône-et-Loire) a été rejeté par la préfecture.

Le site de la ferme de Daniel Viard, promoteur de la ferme aux 4000 bovins.

Le site de la ferme de Daniel Viard, promoteur de la ferme aux 4000 bovins.

Le projet avait fait grand bruit. Finalement, la ferme aux 4 000 bovins ne pourrait jamais ne voir le jour à Digoin, en Saône-et-Loire. La demande d'autorisation d'exploitation, émise par un agriculteur local, a en effet été rejetée par le préfet de Saône-et-Loire, indiquent nos confrères du Journal de Saône-et-Loire.

L'arrêté préfectoral évoque notamment "l'impact sur les ressources en eau" et les "antécédents très défavorables en matière de maîtrise des nuisances et capacité à respecter les obligations réglementaires".

Le projet, que l'agriculteur voulait installer sur un hameau résidentiel, avait rencontre l'hostilité tout à la fois des riverains et d'associations ou personnalités à envergure nationale. Ainsi, Brigitte Bardot, par le biais de sa Fondation, avait écrit une lettre de protestation au ministre de l'Agriculture Stéphane Travert. Parmi les associations ou partis politiques qui s'étaient opposés au projet, on comptait aussi Attac, Europe Ecologie Les Verts, France nature environnement, Agir pour l'environnement ou encore la Confédération paysanne.

Le projet avait d'abord reçu un avis favorable de la direction régionale de l'environnement de Bourgogne-Franche-Comté. C'est après une enquête publique d'un mois qu'un avis contraire avait finalement été émis, rappelle le journal Le Monde. L'agriculteur qui souhaitait réaliser ce projet dispose désormais de deux mois pour contester la décision devant le tribunal administratif de Dijon.

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Chevreuil sauvé dans l’Aisne: les félicitations de Brigitte Bardot

Publié le par Ricard Bruno

Matthieu et Nathalie ont reçu une carte de félicitations de la Fondation Brigitte Bardot.

Matthieu et Nathalie ont reçu une carte de félicitations de la Fondation Brigitte Bardot.

C’est au service des urgences du centre hospitalier de Saint-Quentin, où ils exercent tous les deux comme aide-soignant, que Matthieu et Nathalie ont reçu ce courrier qui leur a fait chaud au cœur.

Le couple de joggeurs qui a sauvé un chevreuil de la noyade à Lesdins le 19 avril dernier, a été destinataire d’une carte postale de la Fondation Brigitte Bardot informée de leur belle histoire. Au recto de la carte, une photographie de BB en promenade avec ses chevaux et au verso un texte de félicitations agrémenté d’une citation de Gandhi : «  on reconnaît la grandeur et la valeur d’une nation, à la façon dont celle-ci traite ses animaux… ».

Depuis la médiatisation de leur sauvetage, Matthieu et Nathalie ont reçu énormément de témoignages de soutien et de félicitations, sur les réseaux sociaux, sur le site du Courrier picard et au quotidien dans la rue depuis deux semaines. Les deux quadragénaires en sont presque gênés de cette soudaine célébrité. Il a d’ailleurs fallu insister pour les photographier. Pour les deux, ce fut en fait plus difficile que pour Matthieu de se jeter dans l’eau fraîche du canal pour secourir un chevreuil en perdition.

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Le combat de Brigitte Bardot honoré ce samedi soir à Saint-Tropez...

Publié le par Ricard Bruno

Brigitte Bardot et Anne-Cécile Huprelle...

Brigitte Bardot et Anne-Cécile Huprelle...

Dans le cadre des ''Conversations secrètes'' d'Agnès Bouquet, Anne-Cécile Huprelle, co-auteur du dernier livre de Brigitte Bardot, sera présente à l'Hôtel de Paris à Saint-Tropez, pour un interview-cocktail, ce samedi 28 avril à 19h30.

La thématique "L’animal est un homme comme les autres" sera abordée et agrémentée d’un échange téléphonique avec celle qui lutte corps et âme pour leur défense, Brigitte Bardot.

Entrée libre.

Renseignements au 04.83.09.60.02.

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Elephant Haven : le premier sanctuaire pour éléphants d'Europe poursuit sa construction dans le Limousin...

Publié le par Ricard Bruno

Elephant Haven : le premier sanctuaire pour éléphants d'Europe poursuit sa construction dans le Limousin...

Dans le Limousin à Bussière-Galant, les travaux battent leur plein pour construire le premier sanctuaire pour éléphants d'Europe, Elephant Haven. Imaginée par deux soigneurs animaliers belges, Sofie Goetghebeur et Tony Verhulst, la "maison de retraite" pour pachydermes pourrait recevoir ses premiers pensionnaires d'ici fin 2018.  Les éléphants auront bientôt leur havre de paix en Europe. Un petit paradis verdoyant où ils pourront se reposer de leurs années de captivité passées en cirque ou en zoo. Dans le Limousin, à Bussière-Galant, le premier sanctuaire pour éléphants d'Europe est en effet en train de voir le jour sur le terrain d'une ancienne ferme équestre étendue sur 28 hectares. Ce sont deux anciens soigneurs du zoo d'Anvers en Belgique, Sofie Goetghebeur et Tony Verhulst, qui sont à l'origine du projet. L'idée est née de leur passion pour les pachydermes mais également d'un constat. Selon leurs estimations, les cirques compteraient pas moins de 141 éléphants en Europe. Mais cette présence est de plus en plus remise en question. Plusieurs pays européens dont la Suède ont déjà décidé d'interdire les animaux sauvages dans les cirques. Des villes françaises dont Strasbourg ont également suivi ce chemin en refusant la venue de cirques abritant des animaux. Face à cette avancée, une question se pose : que faire des éléphants, qui peuvent vivre jusqu'à 60 ans, s'ils ne sont plus utilisés pour les spectacles ?

En savoir plus : http://www.maxisciences.com/elephant-haven/elephant-haven-la-maison-de-retraite-pour-elephants-poursuit-sa-construction-dans-le-limousin_art40655.html
Copyright © Gentside Découverte

La plupart des spécimens ayant été capturés petits ou étant nés en captivité, les renvoyer dans leur pays est une option le plus souvent irréaliste. C'est ainsi que Tony Verhulst et Sofie Goetghebeur ont eu l'idée de leur offrir un havre de paix en Europe, à l'image de ceux qui existent déjà aux États-Unis ou en Asie. Un rêve qui devient réalité Après avoir déniché le lieu parfait à quelque 40 kilomètres de Limoges et démarré les travaux, les deux anciens soigneurs ont franchi un défi de taille l'an passé : ils ont obtenu l'autorisation d'ouverture, le dernier permis nécessaire pour pouvoir concrétiser le rêve Elephant Haven. Depuis les travaux battent leur plein pour que le rêve devienne bel et bien réalité. Si des clôtures, de nouveaux arbres et un potager ont notamment vu le jour, beaucoup reste à faire pour transformer l'ancienne ferme équestre en paradis pour pachydermes. Heureusement, Sofie et Tony ont reçu de précieux soutiens, notamment des dons d'équipements mais aussi et surtout l'aide de nombreux bénévoles dont ceux de l'association MakiGo qui ont fait de ce projet l'une de leurs missions principales. Régulièrement, les bénévoles viennent ainsi s'affairer sur le chantier. Au programme récemment : la réalisation d'une tranchée et d'un système de drainage pour alimenter en eau le futur bassin des éléphants ou encore la préparation de l'installation d'une seconde clôture. Pour accueillir des spécimens qui peuvent mesurer jusqu'à 4 mètres pour une masse de 6 tonnes, rien n'est laissé au hasard.

En savoir plus : http://www.maxisciences.com/elephant-haven/elephant-haven-la-maison-de-retraite-pour-elephants-poursuit-sa-construction-dans-le-limousin_art40655.html
Copyright © Gentside Découverte

Des soutiens inestimables Pour en arriver là, les deux soigneurs ont dû parcourir un long chemin parfois semé de quelques embûches. "On nous prenait pour des fous au début", nous confiaient-ils en 2016. Depuis, les soutiens se sont toutefois multipliés et certains se sont révélés aussi inespérés qu'inestimables.  André-Joseph Bouglione, membre de la célèbre famille circassienne qui a décidé de mettre fin aux spectacles avec animaux, s'est associé à l'initiative la qualifiant de "bénédiction". Plus récemment, c'est la Fondation Brigitte-Bardot qui a décidé de soutenir la création du sanctuaire et de participer au financement de la construction et de l'aménagement de l'étable qui démarreront d'ici peu. "Ce qui est formidable c'est de voir qu'il y a un vrai réseau qui s'est mis en place, de bénévoles, un soutien d'entreprises, des autorités locales, une ONG comme la Fondation Brigitte Bardot ne pouvait pas rester en marge. On doit au contraire soutenir ce genre d'initiatives et faire en sorte qu'elle aboutisse à un résultat positif pour les animaux", a expliqué Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte-Bardot.    Ce partenariat va permettre de donner un précieux coup de pouce aux travaux avec l'espoir qu'Elephant Haven puisse ouvrir ses portes et accueillir ses premiers pensionnaires d'ici la fin de l'année 2018. Dans un premier temps, les soigneurs belges espèrent abriter trois éléphants et à terme, jusqu'à dix "retraités" maximum.   Pour en savoir plus sur l'association MakiGo, rendez-vous sur le site officiel Pour suivre ou apporter son soutien au projet Elephant Haven, c'est par ici sur le site officiel ou sur les réseaux sociaux

Source de l'article et vidéo cliquez ICI

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Regards de chiens sauvés par la Fondation BB en Chine à découvrir à l'hôtel Crowne Plaza

Publié le par Ricard Bruno

Regards de chiens sauvés par la Fondation BB en Chine à découvrir à l'hôtel Crowne Plaza

En arpentant le hall de l'hôtel Crowne Plaza, place du Capitole, le visiteur peut, jusqu'au 27 avril, découvrir une exposition assez inédite : intitulée «Chine : ne les oublions pas», elle retrace la stérilisation de cent chiens par l'équipe vétérinaire bénévole de la Fondation Brigitte Bardot dans un monastère tibétain perché à 7 000 mètres d'altitude. Un projet totalement novateur réalisé dans des conditions très précaires. On aperçoit des chiens qui paraissent heureux, en liberté, crapahutant le long des cimes montagneuses parmi les moniales aux vêtements rouge carmin…

 

Pour la première fois en France, la Fondation Brigitte Bardot met en place une exposition sur les missions menées à l'étranger, notamment en Chine. Réalisée par la photographe Brigitte Auloy, chargée de mission à l'international à la Fondation Brigitte Bardot, cette présentation montre au grand public les différentes initiatives menées en 2017 dans un monastère bouddhiste. «Parallèlement à cette exposition, une soirée de collecte de dons s'est tenue à l'hôtel, précise Didier Vincent, directeur du Crowne Plaza. Le montant des recettes s'élève à 8450 €. Cette somme servira à des missions à l'étranger pour soutenir des petites associations locales de protection animale, comme en Chine par exemple».

«Selon les dernières informations, c'est le premier hiver où tous ces chiens -de nomades venus trouver refuge au monastère- ont survécu au froid et aux intempéries. Des animaux de fait, désormais plus forts et plus sociables», relève la photographe. Plus loin, la seconde partie de l'exposition, «Gueules de chiens» est plus intense. Elle laisse voir des animaux aux yeux attendris, derrière des grilles, sauvés de la mort. Des chiens souvent issus du trafic de viande après l'interception de camions ou ayant appartenu à des propriétaires qui, dépourvus de scrupules, les ont abandonnés pour un problème de santé…. Il y a aussi les chiens des rues, malades ou blessés, dénoncés par un appel à la police, capturés et amenés au refuge. Ces photos sont une manière de se préoccuper de ces animaux et de ne pas les oublier à leur triste sort. Voir cette exposition est déjà un premier pas vers eux.

Source de l'article : Cliquez ICI

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Haro sur la vivisection...

Publié le par Ricard Bruno

Souris, rats, cochons, chats ou singes… Ils sont des millions à être utilisés pour des tests et des expérimentations scientifiques. Depuis les années 70, de nombreuses personnalités du monde artistique ou politique se sont déjà exprimées autour de cette  épineuse question.

En 1981, Brigitte Bardot, avec sa fougue habituelle, pose le débat en ces termes, parfois provocants : "L'animal qui est dans le laboratoire et qui nous permet de vivre et de survivre devrait être traité avec respect et avec une dignité humaine or, j'ai pris dans le dictionnaire la définition du mot humain : sensible à la pitié, bienfaisant et secourable… j'imagine que les gens qui sont dans les laboratoires ne répondent pas tout à fait à cette définition..."

Le 24 avril : une journée dédiée

La Journée Mondiale des Animaux dans les Laboratoires est une campagne internationale abolitionniste de tout test et de toute expérience sur tous les animaux pour des raisons éthiques et scientifiques. La JMAL s’appuie sur la reconnaissance par les Nations Unies du 24 avril comme Journée dédiée aux animaux utilisés dans les laboratoires à travers le monde. De nombreuses actions locales de sensibilisation à la vivisection sont menées tous les ans à travers le monde dont la France autour du 24 avril.

Quand les "people" dénoncent la vivisection...

Dans les années 50, de nombreux reportages montrent l'expérimentation animale comme une pratique courante et normale où ne se pose pas encore la question de la souffrance animale.

Avant de faire évoluer les consciences, il a d'abord fallu définir l'animal comme "un être sensible" et pas comme "un objet". Plus tard, il a fallu trouver des solutions de rechanges pour effectuer les expérimentations qui ne nécessitaient pas de faire souffrir l'animal, notamment en matière de cosmétique.

Parmi les hommes politiques, c'est Valéry Giscard d'Estaing, en 1978, alors qu'il est Président de la République, qui affirme pour la première fois le droit au respect de l'animal. Il évoque la protection de l'animal et la mise au point de son nouveau statut d'être sensible et non plus d'objet. Il dénonce les pratiques inadmissibles de certaines techniques d'abattage qu'il tient à faire disparaître. De même, pour le traitement des animaux dans les laboratoires, il souhaite qu'on ne fasse plus souffrir les animaux.

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1978
 
 
 
 
 
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La société commence à prendre le sujet au sérieux et quelques mois plus tard, en janvier 1979, 10 000 personnes dont le professeur Jacques Monod et l'actrice Corinne Le Poulain manifestent à Paris pour l'interdiction de la vivisection et de l'expérimentation animale. Un réveil des consciences est entamé.

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1979
 

 

 

En 1980, Allain Bougrain-Dubourg, devient pédagogue. Pour faire évoluer les consciences, il faut commencer par celle des enfants. Il explique ici à un garçonnet ce qu'est la vivisection et l'évolution de l'opinion concernant cette pratique. "Ça a dû servir à une époque mais ça doit évoluer. Deux tiers de l'expérimentation est à visée commerciale (cosmétique…), c'est là où on n'est pas d'accord. Avec nos connaissances actuelles, on pourrait aussi utiliser autre chose…"

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1980
 

 

Bien avant lui, Michel Simon se posait déjà en fervent opposant à la vivisection allant même jusqu'à imaginer une solution radicale…

En 1968, l'acteur Michel Simon, qui a vécu de longues années avec des singes est profondément anti-vivisection. Il imagine un monde où les singes se vengeraient des hommes :"Alors que les savants restent dans leur laboratoire et ne franchissent jamais le seuil d'une cage d'un grand singe… Je voudrais pouvoir inculquer aux singes l'art de la vivisection, faire une réserve d'êtres humains, composés uniquement de savants et de dire aux singes. Amusez-vous ! Je vous les donne. Vous avez le droit de sectionner, de faire des expériences là-dessus. Mais les singes sont trop bons, ils sont trop tendres, trop sensibles. Il n'y a pas un singe qui pourrait charcuter un être humain".

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1968
 

 

Moins radicale, la grande prêtresse de la défense de la condition animale, Brigitte Bardot trouve les mots justes pour parler de ce sujet complexe. Dans les années 70, la star abandonne définitivement les plateaux de cinéma pour se consacrer aux animaux. En 1973, dans l'émission Aujourd'hui madame, elle rejette l'abomination des expériences animales. "Il est certain que si la médecine fait des progrès, ce n'est pas grâce à nous, c'est grâce aux animaux" […] C'est indispensable, malheureusement, mais pas la vivisection. Il faut que ces animaux soient endormis. C'est une horreur, ce sont des images intolérables."

"

 

1968
 

 

En 1976, le comédien Maurice Ténac qui a adopté un chien aveugle, sauvé d'un laboratoire, nous livre un témoignage émouvant sur la relation d'amour qu'il entretient avec son animal de compagnie.

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1976
 

 

En 1982, Marguerite Yourcenar défend une thèse tout à fait intéressante en expliquant que si les hommes tuaient moins d'animaux, ils se tueraient peut-être moins entre eux.

 

1982
 

 

En 1998, Jean-Paul Belmondo déclare à Bernard Pivot que le mot qu'il déteste le plus est "vivisection".

 

1998
 

 

Pour aller plus loin

vivisection620

Les différentes techniques d'expérimentation sur des lapins en 1959 (Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité) (vidéo, 1959)

Expérimentation sur une souris (vidéo, 1959)(Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité)  

Expérimentation sur un bovin en 1970 (vidéo) (Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité)  

L'évolution du droit des animaux (playlist) (article) https://www.ina.fr/playlist-audio-video/3158691/l-evolution-du-droit-des-animaux-playlist.html

Débat entre Brigitte Bardot et Pierre Tambourin, maître de recherche l'INSERM et président de la commission de réflexion sur les animaux de laboratoire sur le respect de la vie des animaux dans les expériences, considérés comme des objets. (vidéo, 1981) 

Marguerite Yourcenar déclare son admiration à la fougue et l'énergie de Brigitte Bardotdans la défense de la condition animale :  "Je trouve merveilleux que la violence et le courage prennent un aussi beau visage que le sien". (Vidéo, 1982) 

En 1982, Le ministre de la recherche scientifique, Hubert Curien, veut moraliser les expérimentations animales. (vidéo)

En 1991, A Agen, un procès historique contre des trafiquants de chiens à destination des laboratoires aboutit à une verdict très sévère de prison ferme. Le vol de chiens devient un délit.

En 2016, le moine bouddhiste et docteur en génétique cellulaire, Mathieu Ricard écrit un long plaidoyer pour les animaux. Son ouvrage sera vendu à plusieurs milliers d'exemplaires. (vidéo)

Débat entre philosophes sur le statut des animaux (Emission audio, Grain de philo, 1997)

L214 : protéger la vie animale 

Rédaction Ina le 23/04/2018 à 18:04. Dernière mise à jour le 23/04/2018 à 18:28.
Sciences et techniques

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Les femmes à Cannes, les muses de la Croisette...

Publié le par Ricard Bruno

Les femmes et Cannes, c’est une grande histoire d’amour commencée dès les débuts du Festival en 1946, et qui ne fait que s’accroître d’année en année. Quelques semaines avant l’ouverture du 71ème Festival de Cannes, CineSeriesMag a choisi de revenir sur la relation si particulière entre le prestigieux Festival et les femmes à travers des thèmes qui traversent tous les domaines en mettant toujours à l’honneur, le si bel art qu’est le cinéma.

Des belles tenues aux polémiques.

Le Festival de Cannes est internationalement reconnu depuis des années pour être l’événement chic du Septième Art. Toutes les plus grandes stars de cinéma y ont monté les marches habillées pour l’occasion par des marques de luxe, qui en profitent pour montrer leurs créations. La Croisette n’est pas seulement un lieu privilégié du cinéma, elle est aussi souvent un grand instant de mode. On ne compte plus les fois où des robes splendides ont fait parler d’elles, ni les moments marquants où les tenues très originales inspiraient les journalistes. Les femmes sont scrutées de haut en bas en montant les marches pour voir si elles correspondent bien aux « tenues de soirée » requises pour accéder au Palais des Festivals ou si elles ne laisseront pas s’échapper un scandale de leur robe. Parfois cantonnées seulement à leur statut de femme d’ailleurs, on en oublie de parler de cinéma mais non, elles ne sont pas seulement là pour faire beau et sont autant professionnelles que ceux du sexe opposé, habillés en smocking. (Lire l’article de Libération sur les genres dans les tenues)

Mais les polémiques ne se limitent pas au simple espace du tapis rouge, les femmes ont du caractère et elles le prouvent. Dès 1979, Françoise Sagan fait trembler Cannes en tant que Présidente du Jury. Sept mois après avoir tranché pour remettre la Palme d’Or ex-aequo à Le Tambour et Apocalypse Now, elle révèle les dessous du festival qui disent que le président Robert Favre Le Bret et Maurice Bessy, ex-délégué général et juré cette année-là ont largement influencé les jurés en faveur du film de Coppola.

cannes-1983-isabelle-adjani-greve-photographesQuelques années après, en 1983, c’est Isabelle Adjani qui fait parler d’elle en refusant de participer à la conférence de presse et au photocall du film L’Été meurtrier pour protester contre les photographes qu’elle jugeait trop intrusifs dans sa vie privée. En réaction à ce boudage, les photographes décident alors de se mettre en grève et de tourner le dos à l’actrice à sa montée des marches, après avoir déposé leurs appareils à leurs pieds. Des années avant encore, Simone Silva créa la polémique en plein shooting photo avec Robert Mitchum en enlevant son soutien gorge lors des poses, donnant des clichés très sexys des deux acteurs. Plus récemment en 2012, Julia Roberts fait le buzz en choisissant de monter les marches pieds nus pour protester contre le dress code du tapis rouge selon lequel les talons seraient obligatoires. Ces photos et ces moments ont fait le tour du monde et beaucoup parler le microcosme du cinéma qui se nourrit chaque année de tous ces instants qui sortent du protocole cannois.

Des inégalités depuis longtemps dans les prix.

Si l’on parle beaucoup des femmes pour leur beauté et leur élégance à Cannes, on attend encore le jour où l’on en parlera autant pour leur talent et leur grande présence dans la compétition. Il y a quelques jours, l’Agence France Presse (AFP) dévoilait quelques chiffres sur la présence féminine au sein de la sélection officielle. Sur les 268 cinéastes ayant vu leur film récompensé par une des plus hautes distinctions du Festival (ces dernières années par la Palme d’or, le Grand Prix et le Prix du jury), 11 étaient des femmes, soit 4 % du total, selon le décompte...

 

– Jane Campion : Palme d’Or du court métrage en 1986 pour Peel, exercice de discipline et Palme d’Or en 1993 pour La Leçon de Piano (ex-aequo avec  Chen Kaige et son Adieu ma concubine).

– Samira Makhmalbaf : Prix du Jury en 2000 pour Le Tableau noir et en 2003 pour A cinq heures de l’après-midi

– Alice Rohrwacher : Grand Prix en 2014 pour Les Merveilles (nommée cette année pour Lazzaro Felice)

« J’adorerai voir plus de réalisatrices parce qu’elles représentent la moitié de la population et donnent naissance à la Terre entière. Tant qu’elles n’écriront pas et ne réaliseront pas, nous n’aurons jamais la totale vision des choses. » Jane Campion. 

Du côté du Prix de la mise en scène et du Prix du scénario, quatre femmes ont été récompensées sur 111 lauréats en plus de 70 ans, soit 3,5 % dont deux l’an dernier :

  • Sofia Coppola : Prix de la mise en scène en 2017 pour Les Proies
  • Lynne Ramsay : Prix du scénario en 2017 pour A Beautiful Day (…)

Mais si les femmes ne sont pas beaucoup récompensées, c’est qu’elles ne sont pas non plus beaucoup nommées. Malgré la volonté de certaines écoles de cinéma d’établir la mixité dans leur promotion, la tendance à devenir cinéaste reste masculine. Parmi les plus de 1.780 cinéastes qui ont vu leur film sélectionné depuis 1946, on retrouve 83 réalisatrices, soit 4,7 %. Cette année trois réalisatrices ont vu leur film sélectionné sur les 18 que comporte la sélection officielle, confirmant la « tendance » des quatre dernières années où un film sélectionné sur huit environ était réalisé par une femme. Mais des sélections officielles relativement récentes, comme 2012 ou 2010, ne comptaient que des films réalisés par des hommes. Pour se défendre, le Festival souligne régulièrement que la sélection officielle ne fait que refléter la faible représentation des femmes dans le milieu de la réalisation cinématographique. En France, à titre d’exemple, environ un quart des cinéastes entre 2009 et 2014 étaient des femmes, selon le centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).

Cependant, depuis 2013, le Festival tient à respecter la parité parmi le Jury qui compte 9 membres dont le Président donc 4 ou 5 femmes lorsque la Présidente du Jury est, comme cette année, une femme. Au total, les femmes ont représenté 166 membres sur les 738 qu’a connus le jury du Festival, soit plus d’une personne sur cinq. En 71 édition du Festival de Cannes, 12 femmes seulement ont été présidentes du jury dont 5 françaises (Michèle Morgan, Jeanne Moreau deux fois, Françoise Sagan, Isabelle Huppert, Isabelle Adjani). En revanche, là où le Festival leur donne une place privilégiée c’est pour être maîtresse des cérémonies. Il n’y a eu quasiment que des femmes et seulement 4 hommes depuis 1993 : Vincent Cassel, Lambert Wilson, Laurent Lafitte et Edouard Baer qui assurera pour la troisième fois le rôle de maître de cérémonie cette année

Les femmes de Cannes.

Les femmes à Cannes, les muses de la Croisette...

1. Monica Bellucci à Cannes en 2002 pour présenter Irréversible de Gaspard Noé. 2. L’actrice américaine Grace Kelly en 1955 à Cannes, année pendant laquelle elle rencontre le Prince Rainier de Monaco. 3. La montée des marches d’Isabelle Huppert pour le film Elle de Paul Verhoven en 2016. 4. Brigitte Bardot à Cannes en 1956. 5. Jeanne Moreau a reçu le prix d’interprétation à Cannes en 1960 pour le rôle d’Anne Desbarèdes dans Moderato cantabile de Peter Brook. Elle a également été deux fois Présidente du Jury. 6. Charlotte Gainsbourg reçoit le Prix d’interprétation féminine pour son rôle dans Antichrist de Lars Van Trier en 2009. 7. Michèle Morgan est la première femme à recevoir le prix d’interprétation féminine lors du premier Festival de Cannes en 1946. 8. Marion Cotillard est une habituée de la Croisette où elle y a présenté de nombreux films.
En savoir plus sur https://www.cineseries-mag.fr/festivals/les-femmes-et-cannes-les-muses-de-la-croisette-123226/#yeQbXFyO85rAdsvr.99

Toujours une source d’inspiration

La Femme a inspiré de nombreux artistes et été la muse de plusieurs peintres ou réalisateurs qui les sublimaient sur leur toile ou à l’écran. En choisissant de mettre des femmes sur son affiche, le Festival de Cannes retransmet ce message et leur rend hommage. La première femme à apparaître sur une affiche est en 1957 par un dessin puis en 1992, Marlène Dietrich est la première actrice à devenir la muse de Cannes. Depuis, plusieurs femmes se succèdent dans ce rôle en commençant par Marilyn Monroe ou encore Juliette Binoche, Faye Dunaway, Ingrid Bergman, et Claudia Cardinale l’an dernier. Cela montre bien que la féminité est un des personnages principaux du Septième Art. 

Brigitte Bardot, Monica Bellucci, Marion Cotillard, Grace Kelly, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Isabelle Huppert Sophia Loren, toutes ont marqué de leur empreinte le Festival de Cannes. Ces deux semaines cannoises ont leur lot de polémiques et de faits marquants mais également de moments touchants dont le monde entier se souvient. Que ce soit lors de réceptions de prix, avec en 2014 Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos qui montaient sur scène avec leur réalisateur Abdellatif Kechiche pour la Palme d’Or de La vie d’Adèle ou lors d’instants forts de la cérémonie, la grande famille du cinéma comme on l’appelle si souvent, a fait briller bien des yeux. On pense notamment au duo culte de Vanessa Paradis et Jeanne Moreau chantant Le tourbillon de la vie en 1995.


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Le monde se déchire pour BB...

Publié le par Ricard Bruno

Deux couvertures légendaires de Brigitte Bardot...

Deux couvertures légendaires de Brigitte Bardot...

Paris Match vous raconte la décennie 1950 dans un hors-série exceptionnel. En 1956, Raymond Cartier s'interrogeait sur le phénomène Brigitte Bardot, BB pour les intimes et 55 millions de Français.

Le cas Bardot n’est pas sans de nombreux précédents. Une débutante, perdue dans la gentille infanterie féminine du spectacle, quêtant des rôles, comptant ses échecs puis, d’un seul coup, devenant la figure de proue de son métier. C’est arrivé à Marilyn Monroe, à Lana Turner, à Greta Garbo. Le témoignage d’une époque et, assez souvent, un roman social.

 

Lake Placid, dans l’Etat de New York, est une station de sports d’hiver et de repos d’été. Le vendredi, jour du changement de programme, le directeur du Palace Theatre, James McLaughlin, composa lui-même sur sa marquise le titre de son nouveau film : « ... And God Created Woman », avec le nom de Brigitte Bardot. L’archiprêtre de la paroisse Sainte-Agnès, Mgr James T. Lyng, accourut. D’abord, il supplia. « Brigitte Bardot, dit-il, est une actrice dont le nom est associé à tout ce qui défie la décence et la moralité. Je vous en prie, retirez ce film. » McLaughlin objecta qu’il n’avait rien sous la main pour le remplacer. « Je vous donne, reprit le prêtre, 350 dollars de mon argent personnel pour vous indemniser… Je paie un avion pour que vous alliez à New York ou à Buffalo vous chercher un autre film… » Bien qu’il soit irlandais et catholique, McLaughlin refusa. Sa clientèle avait envie de voir cette fille, « Bardotte », et le film ayant été visé par la censure de l’Etat de New York, il se sentait couvert.

Photo prise lors du mariage de Roger Vadim et Brigitte Bardot au domicile de ses parents, 1 rue de la Pompe, dans le XVIe arrondissement de Paris.

Photo prise lors du mariage de Roger Vadim et Brigitte Bardot au domicile de ses parents, 1 rue de la Pompe, dans le XVIe arrondissement de Paris.

Le dimanche suivant, en chaire, Mgr Lyng jeta l’interdit sur le Palace Theatre. Pendant six mois, quels que fussent les films, les fidèles devaient s’abstenir d’en franchir le seuil et les commerçants de Lake Placid devaient refuser d’en afficher les programmes dans leurs magasins. D’ordinaire, comme dans toutes les petites villes américaines, les églises protestantes observent ce que fait l’Eglise catholique, pour faire le contraire, mais, exceptionnellement, Brigitte Bardot rétablit l’unité religieuse à Lake Placid. Le révérend Carpenter de l’Adirondack Church et le recteur Davies de la Saint Eustache Episcopal Church donnèrent raison à leur confrère catholique. McLaughlin resta inflexible. Il ne fit pas tout à fait le plein de son cinéma comme il l’espérait, mais quand même sa deuxième meilleure recette de l’année. Il commença ensuite à mesurer ce qu’il en coûte de braver le front uni des Eglises. L’interdit de Mgr Lyng, renouvelé chaque dimanche, fit baisser le coefficient de remplissage de la salle – et Dieu sait que les affaires ne sont pas tellement brillantes dans le business du cinéma !

Pourtant, McLaughlin récidiva. Quelques semaines après « ... And God Created Woman », il donna « La Parisienne » (titre américain d’« Une Parisienne ») ravivant ainsi des foudres qui s’éteignaient.

L’opinion est unanime : le film est immoral

Ranimée par « Une Parisienne », la controverse se poursuit à Lake Placid, mais c’est une controverse curieuse, dans laquelle tout le monde est d’accord sauf sur un point : Mgr Lyng a-t-il ou n’a-t-il pas outrepassé ses prérogatives spirituelles en jetant l’interdit sur une entreprise commerciale légale comme le cinéma de James Mc-Laughlin ? Les pasteurs protestants qui se sont associés à la dénonciation d’« Et Dieu… créa la femme » ont refusé de suivre Mgr Lyng dans les trois mois de pénitence qu’il a infligés au Palace Theatre. Pour le reste, l’opinion est unanime : le film est immoral, du commencement (une femme nue) à la fin (la même femme, toujours nue). Cette « chatte française » n’est pas grand-chose et ne serait rien du tout sans l’obscénité délibérée des producteurs. « Elle n’a jamais gagné un concours de Miss America, a déclaré une conseillère municipale, et je voudrais bien savoir quel est son Q.I., son quotient intellectuel. »

N’être rien et diviser un pays comme l’Amérique est déjà quelque chose. Lake Placid n’est qu’une bourgade montagnarde, mais Philadelphie est la troisième ville des Etats-Unis, le berceau de leur Constitution, le beffroi d’où sonna sur la nation naissante la cloche de la liberté. Le Studio et le World, situés l’un et l’autre à quelques pas des autels patriotiques du City Hall, donnaient « ... And God Created Woman ». Six détectives, envoyés par le district attorney Victor H. Blanc, se présentèrent dans les deux cinémas, saisirent les bobines et arrêtèrent les deux directeurs.

La bataille engagée par Victor H. Blanc dure encore. Il faut toutefois rassurer les bons cœurs sur le sort des deux directeurs de cinéma arrêtés : ils ne languissent pas derrière des barreaux. Remis immédiatement en liberté, sous une caution de 500 dollars, ils obtinrent la restitution de leur film par une ordonnance de référé et ajoutèrent aux attraits de Brigitte l’auréole de la persécution. Le maire de Philadelphie, Richardson Dilworth, puissance du Parti démocrate, déclara que le district attorney Blanc avait fait du zèle pour gagner les voix des femmes prudes, ce qui entraîna une verte réplique des vestales de la cité. Brigitte Bardot, pauvre lapin, est aujourd’hui au centre d’une des polémiques électorales les plus venimeuses qu’ait connues la grande ville de Philadelphie, dont le nom, décerné par -l’illustre quaker William Penn, signifie « amour fraternel ». A  Cleveland, à -Middleton, à York, d’autres directeurs de cinéma furent arrêtés. A  Providence, les trois juges du tribunal se rendirent, en robe, siéger au cinéma pour se faire une opinion. A Dayton, 125 membres des Chevaliers de Colomb allèrent en cortège demander l’interdiction d’« Et Dieu… créa la femme », mais dix mains seulement se levèrent quand le magistrat demanda à ceux qui avaient vu le film de se désigner. A Pittsburgh, les directeurs de salle suspendirent spontanément les films de Bardot pendant la semaine sainte. A -Memphis, un comité de censure interdit « ... And God Created Woman », mais l’exploitant du film le transporta sur l’autre rive du Mississippi à West Memphis où, proscrit de l’Etat de Tennessee, il prospéra sous la protection des lois de l’Etat d’Arkansas. Le cas Bardot se pose ainsi, sous des formes plus ou moins comiques, dans toute l’Amérique. Le « Saturday Evening Post », qui s’enorgueillit d’avoir été fondé par Benjamin -Franklin et qui refusait jusqu’à une date toute récente la publicité des spiritueux, consacra une partie de son numéro du 14 juin à « The Bad Little Girl », Brigitte Bardot.

Bardot, la féline charme l'objectif du Leica de notre photographe Jack Garofalo à Cannes en mai 1957.

Bardot, la féline charme l'objectif du Leica de notre photographe Jack Garofalo à Cannes en mai 1957.

J’ai pris l’Amérique parce qu’elle est le meilleur des miroirs grossissants. Mais ce qui se passe en Amérique se passe dans le monde entier. On s’est battu pour ou contre Brigitte Bardot à Rio de Janeiro et à Bogota. Son nom a retenti au Parlement britannique, quand le député travailliste Leslie Hal proposa de la nommer à la Chambre des lords pour ramener le public vers une maison dont il s’est détourné. C’est naturellement un scandale qu’une tête futile soit plus connue que les savants, les sages et les saints, et qu’une frimousse – ou autre chose – recueille plus d’argent qu’un laboratoire. Mais ce scandale est vieux comme le monde. Les courtisanes romaines et alexandrines avaient plus d’admirateurs que les philosophes. Les actrices et les demi-mondaines du siècle dernier étaient entourées d’un délire d’adulation. Rien ne ressemble plus à l’accueil de Brigitte Bardot à Venise que l’accueil de Sarah Bernhardt à New York, le 27 février 1880, lorsqu’elle s’évanouit dans l’enthousiasme qu’elle provoquait. Les prédicateurs tonnaient contre « la courtisane européenne venant ruiner les mœurs du peuple -yankee » ; mais, par un froid de 10 °C, 15 000 New-Yorkais défilèrent sous les fenêtres muettes de l’Albemarle Hotel en scandant : « Good night, Sarah ! » Le culte des héros cinématographiques a les certitudes et les intransigeances d’une foi religieuse. Des sociologues le considèrent même comme une foi de remplacement, venant, dans un monde déchristianisé, donner un dérivatif au besoin humain d’adorer et de s’émouvoir. C’est aujourd’hui un spiritualisme dégénéré qui fige les foules en extase devant les stars.

Cette interprétation, qui fait des actrices les ersatz des madones, met sur leurs épaules une lourde charge. Des psychanalystes, plus crus, cherchent au culte démesuré des vedettes des explications strictement freudiennes, avec la mise en scène pédante et dégoûtante de la libido. Le succès de Bardot, par exemple, est « une libération de l’érotisme, une défection de l’interdit moral, un recul de la métaphysique ». Il suffit de mentionner l’existence d’un effort scientifique pour expliquer le culte des vedettes. Si elles ne sont pas les ersatz des saintes, elles sont la réincarnation des divinités perverses de la Grèce et de l’Orient : Eros, Adonis, Vénus, Ischtar, Isis…

Il faut aux héros et héroïnes du cinéma une tête solide

Ce qui est clair, c’est qu’il faut aux héros et héroïnes du cinéma une tête solide. On s’exaspère de leur vanité et de leurs caprices : on doit, au contraire, s’émerveiller de leur modestie. Sur 20 000 jolies filles qui entrent dans la carrière, comme des galères chargées d’espérances, une dizaine tout au plus atteignent la grande gloire et la rigueur seule de cette sélection autorise déjà l’orgueil. Il est fantastique, il est admirable qu’il ne se trouve pas chaque semaine un acteur de cinéma pour fonder une religion, sauver une nation et finir dans un cabanon sous un accès de mégalomanie chaude.

La carrière de Brigitte Bardot commença prosaïquement par une naissance. Elle eut lieu au numéro 36 de l’avenue de La Bourdonnais, dans un beau quartier, et il est important d’y noter qu’elle se place sous le signe de la Balance, lequel, selon le symbolisme profond du zodiaque, indique un tempérament équilibré. La providence se manifesta en ceci qu’il eût suffi d’une différence de six jours pour faire naître Brigitte sous le signe de la Vierge, ce qui eût, soit profondément modifié sa carrière, soit occasionné aux astrologues de sérieuses difficultés d’interprétation. Il est dit, dans les relations les plus authentiques, que le bébé – déjà ! – avait au sommet du crâne trois affreux cheveux noirs. Il fut nommé Brigitte, du nom que Mme Bardot donnait à sa poupée de prédilection. La même année, Dillinger fut abattu à Chicago, le feld-maréchal Hindenburg fut enterré à Tannenberg et Adolph Hitler devint le Führer des Allemands. Sans doute aussi naquit-il quelques futurs savants, médecins ou philanthropes. Mais sur la page des hommes illustres de 1934, il n’est encore inscrit que le nom de Brigitte Bardot.

Le pavé est le terreau du talent, 90 % des vedettes viennent des couches populaires. L’âpreté, l’horreur de leur milieu jettent parfois les belles filles des rues sans joie à la conquête de l’échelle sociale, avec les armes que Dieu permit au diable de leur donner. Brigitte Bardot, au contraire, grandit dans la peluche. Elle disait « vous » à ses parents. Une gouvernante la promenait au Champ-de-Mars, puis, quand la famille déménagea rue de la Pompe, dans les allées de la Muette. Sans doute ne connut-elle jamais les contacts brutaux avec les réalités sexuelles, les terribles leçons de psychologie et d’anatomie que la promiscuité des quartiers pauvres donne aux fillettes qui doivent jouer dans les terrains vagues. A la maison, elle avait sa chambre blanche, avec un divan vert, un fauteuil Empire, une coiffeuse romantique, des candélabres, son chat Crocus et des oiseaux que le chat, embourgeoisé comme le reste, ne songeait pas à dévorer. La chambrette et la vie s’inséraient dans un appartement de sept pièces, 5e étage, moquette crème, mobilier Louis XIV. L’été se déroulait à Louveciennes dans un chalet construit en 1870 sur le modèle des maisons norvégiennes. Il serait difficile d’imaginer un cadre plus conventionnel pour un roman bourgeois.

Aujourd’hui encore, les rapports des parents Bardot avec la carrière de la fille-phénomène sont empreints d’embarras. Ils oublient que même les rayons indirects de la gloire irradient tout et qu’ils sont devenus phosphorescents. M. Bardot, dont le surnom familial est « Pilou », aimerait mieux qu’on n’établisse pas de rapport entre M. Bardot, président-directeur général des Etablissements Bardot et Cie, air et oxygène liquides, 18, rue du Pilier, Aubervilliers (Seine), et M. Bardot, père de l’Illustre. Il semble toutefois que Mme Bardot au moins ait devancé les rencontres fortuites et rêvé pour sa fille d’ambitions qui faisaient craquer le cadre d’une famille d’industriels – belle femme, vive et imaginative, Anne-Marie Bardot, dite « Tatty », avait grandi à Milan et s’était pétrie de musique et de danse dans la loge que ses parents avaient à la Scala. Dès que Brigitte eut 5 ans, elle la conduisit chez Recco, danseur d’opéra, puis la fit admettre au cours de Mlle Bourget, rue Spontini. Elle-même, -Anne--Marie Bardot, éprouvait un désir d’évasion. Elle s’était créé une petite -entreprise de couture dans deux pièces de sa maison de la rue de la Pompe. L’importance de cette tentative commerciale sans lendemain fut de guider les pas innocents de Brigitte vers les opportunités modestes d’où sa trajectoire de feu allait jaillir.

Tout naquit d’une suggestion de Mme Bardot à son ami le créateur de mode Jean Bartet. Celui-ci (c’était en 1948) présentait à la Galerie Drouant-David sa première collection de chapeaux. Mme Bardot, ayant Brigitte en tête, conseilla la danse comme thème de la mise en scène. Brigitte, en tutu, un ruban noir et une rose au cou, annonçait les modèles en les dansant : « 22… twenty-two… entrechats… 37… thirty-seven… jeté-battu… » Brigitte, alors âgée de 14 ans, éprouva le sentiment du ridicule, mais elle était entrée dans l’engrenage. La rédactrice en chef du « Jardin des Modes » demanda à Mme Bardot l’autorisation de faire poser sa fille pour une robe de sa collection junior – ce qui entraîna une demande du magazine « Elle » pour une couverture. Le terme de « cover-girl » sonne d’une manière équivoque pour la bourgeoisie du XVIe arrondissement. Mme Bardot hésita, pesa, crut conjurer la hardiesse par la gratuité et l’anonymat en exigeant que Brigitte ne fût ni payée ni nommée. Précaution vaine : le « oui » fatal était lâché. Le relais, à cet instant important, s’appelle Marc Allégret. Il vivait sous une nostalgie. Le visage, les lèvres, la moue de Brigitte sur la couverture du « Elle » éveillèrent une résonance. Allégret s’enquit de cette jeune personne, la fit rechercher.

Vadim Plemiannikoff, 22 ans, était l’assistant à éclipses de Marc Allégret. Il fut chargé de retrouver la fillette de la couverture. On connaît dans les moindres détails biographiques les circonstances de l’approche, l’impression causée par le col roulé de Vadim, les négociations, les hésitations et – après l’échec de l’essai Allégret – la demi-effraction morale par laquelle Vadim réussit à reparaître rue de la Pompe, pendant que M. et Mme Bardot, étant sous les pins des Landes, la garde de Brigitte et de Marie-Jeanne, sa sœur, était laissée à une grand-mère. Trois mois après la première rencontre, Brigitte Bardot déclara qu’elle voulait épouser Vadim Plemiannikoff. Elle n’avait pas encore 18 ans. Le « non » familial fut sans inflexions.

Le soir même, Mijanou (Marie-Jeanne) voulut aller voir les illuminations de Notre-Dame. Brigitte préféra rester à la maison. Place du Trocadéro, saisie d’un pressentiment, Mme Bardot fit faire demi-tour à son mari, se précipita à son 5e  étage et trouva sa fille aînée inanimée sur le carreau de la cuisine, avec les robinets du gaz ouverts. Brigitte, petit animal sain, s’est couchée sous les robinets du gaz en pensant qu’elle avait au moins de grandes chances de mourir. Elle avait perdu connaissance, ce qui signifie qu’elle était virtuellement partie.

Le révérend père Legendre déchire les affiches impudiques

Dans le cas de Brigitte, ce ne fut qu’un pas qui la conduisit à l’autel. Le mariage fut célébré, le 20 décembre 1952, en l’église Notre-Dame de Grâce de Passy avec tous les accompagnements bourgeois de rigueur. Les Bardot virent à celui qui devenait leur gendre une chemise pour la première fois. Vadim avait décroché pour Brigitte un petit rôle qui justifiait le titre de « Manina, la fille sans voiles ». Le scandale fut immédiat. A Casablanca, où les panneaux publicitaires représentaient une Brigitte pratiquement nue, le révérend père Legendre alla déchirer de ses mains les affiches impudiques. M. Bardot se souvint qu’il n’avait donné son autorisation qu’à la condition que rien ne choquerait les bonnes mœurs et qu’il resterait à Manina au moins le voile d’un Bikini. Il fit projeter le film devant huissier et obtint quelques modifications. C’était la dernière victoire de la décence familiale.

Vadim ne respirait que pour le cinéma. Cinéaste sans studio et sans contrats, il avait pour unique actrice sa femme, et la route de la gloire paraissait devant celle-ci un sentier bien escarpé. Elle jouait mal, parlait faux et les rôles qu’elle avait tenus étaient exécrables. Elle ne possédait même pas une beauté au-dessus de toute discussion. Vadim s’empara de sa muse qu’il repétrit avec une persévérance et une intelligence de grand sculpteur. Brigitte Bardot fut refaite autrement, mais elle ne fut pas moins refaite qu’une star de la MGM. Vadim lui donna des moyens d’expression d’une hardiesse et d’une éloquence qu’on avait rarement atteintes auparavant. Tout, ici-bas, est travail. Travail et patience. La vie n’était pas facile. L’argent n’était pas abondant. Les Bardot avaient acheté à leur fille un petit appartement rue Chardon-Lagache et Tatty lui avait fait cadeau d’une vieille 11-CV, mais l’aide familiale n’allait pas plus loin. Les rôles de Brigitte restaient modiques et pauvrement payés. Dans « Un acte d’amour » où officie Kirk Douglas, elle paraît à un guichet, dit trois mots et c’est tout. « J’ai dû, lui dit sa mère, assister à deux séances pour te voir ; la première fois, j’avais éternué au moment où tu passais la tête par ton guichet. »

L’inépuisable Vadim portait à bout de bras l’épouse dans laquelle il avait mis son rêve et qui, paresseuse et boudeuse, geignait, pleurnichait, voulait abandonner le métier dur et décevant pour lequel elle se sentait peu douée. Il avait découvert son rayonnement sensuel et la tristesse toujours attachée à la prépondérance des sens. Il interprétait la jeunesse en composant un personnage pour vieux messieurs. « Tu seras, dit-il, le rêve impossible des hommes mariés. » Il montrait des photos osées de sa femme en insinuant que sa collection particulière était encore plus expressive et que, d’ailleurs, il fallait joindre le mouvement à la plastique pour avoir une juste idée du prodige de lascivité auquel l’avait uni devant Dieu un vicaire de Notre-Dame de Grâce de Passy. Un côté charmant, par contre, est la conjuration de jeunesse qui servit la réussite de Brigitte Bardot. Les photographes, les reporters étaient pour elle.

Chaque année, on invite quelques starlettes au Festival de Cannes. Elles sont convoquées pour deux ou trois jours et, si elles plaisent, on les garde un peu plus longtemps. Brigitte, en 1953, vint pour deux jours et ne fut retenue par personne. Elle était encore à bord d’une des embarcations conduisant les étoiles du Festival à l’escadre américaine ancrée en rade. La présentation, qui devait avoir lieu sur le porte-avions « -Midway », était réglée comme une réception diplomatique. En tête, les quelques starlettes distinguées par les organisateurs, puis toute une galaxie : Kirk Douglas, Anne Baxter, Gary Cooper, Lana Turner, Lex Barker, Olivia de Havilland, Mel Ferrer, Edward G. Robinson, Walt Disney, Raf Vallone, Leslie Caron, Silvana Mangano, Vittorio De Sica. Brigitte, intruse, n’était qu’une spectatrice dans ce grand carrousel.

Spectacle glorieux. La Méditerranée sous une nuit tiède. Les bâtiments de la 6e flotte baignés de lumière. Trois mille cinq cents marins sur les plages géantes du « Midway ». Les applaudissements et les sifflets d’enthousiasme allant crescendo, pendant que les vedettes, attifées et rituelles, sortaient de l’ombre et saluaient. La dernière était passée, Gary Cooper s’avançait pour prononcer le remerciement final quand les photographes poussèrent Brigitte Bardot sur le podium. Elle laissa tomber son imperméable ; elle apparut dans une robe de petite fille très ajustée et, d’un mouvement vif, fit voler sa queue-de-cheval. Il y eut une seconde de silence, le temps du déclic entre la foule des mâles et la silhouette- -illuminée. Puis un éclair et un tonnerre jaillirent du « Midway » : des -milliers de flashs et un cri d’enthousiasme surpassant en volume vocal les acclamations qui venaient d’être dédiées à toutes les gloires de l’écran réunies.

Quatre ans plus tard, le Festival était revenu, inexorable comme le déroulement des saisons. Brigitte Bardot était à 30 kilomètres, à Nice, dans une villa qu’elle avait louée au milieu d’un jardin, boycottant le gala qui l’avait jadis snobée. Les organisateurs la supplièrent de venir. Elle répondit en invitant tout le Festival chez elle, à une « BB party ». Une menace de radiation, d’excommunication fondit sur tous ceux qui accepteraient cette invitation insolente. Tous vinrent, en cohue et furent reçus par une hôtesse nue sous un blue-jean et un maillot. Quatre années avaient suffi pour faire d’une chercheuse de rôles une puissance bravant impunément les hiérarchies lourdes et redoutables de sa profession.

Le point tournant avait été la rencontre de deux aventures qui se cherchaient, celle de Vadim et celle de Raoul Lévy. L’un portait la nouvelle morale sexuelle, un scénario dont il rêvait depuis dix ans et la vedette difficile à faire éclore, qui partageait à l’état civil son nom exotique. L’autre, à peine plus âgé, portait l’ambition d’une carrière de producteur. Leur conjugaison fit naître le film qui, quelques mois plus tard, devait être le scandale des deux mondes : « Et Dieu… créa la femme » Il fut tourné, avec de petits moyens, à Saint-Tropez et aux studios de la Victorine. Ce mois de juin 1956, revanche d’un hiver polaire, était torride.

La scène du désir partagé et satisfait mettait corps à corps Brigitte et le bel acteur Jean-Louis Trintignant sous la direction du mari metteur en scène éperdu de réalisme. Ses cris, ses conseils, ses reproches, ses encouragements retentissent encore dans la mémoire des témoins embarrassés. Le baiser se prolongea après que Vadim, blême et ruisselant de sueur, eut donné l’ordre de couper. Brigitte partit avec un sourire agressif, suivie du beau garçon. Elle ne rentra pas à l’appartement conjugal de l’hôtel Negresco. Vadim lui-même, le 5 juillet, revint seul à Paris et s’installa à l’hôtel. Le divorce fut prononcé décemment, quelques mois plus tard. Trintignant lui-même, aimé jusqu’à la crise de nerfs, se retira spontanément de la vie de Brigitte.

S’il n’y avait eu que la sage France, « Et Dieu... créa la femme » n’aurait pas été un tremblement de terre. Les recettes, dans un cinéma d’exclusivité des Champs-Elysées, n’atteignirent que la somme très moyenne de 58 900 000 francs [environ 1 million d’euros actuels]. Raoul Lévy se trouva dans une situation si gênée qu’il chercha à vendre les droits américains pour 200 000 dollars, ce dont il rêve dans ses cauchemars. Brigitte était si peu consacrée par le baiser de Trintignant que Jean Gabin, ayant signé pour « En cas de malheur » dut être traîné au plateau par ministère d’huissier tant il regrettait de s’être laissé mettre sur la même ligne qu’une vedette au-dessous de son standing. Le succès revint de l’extérieur comme un énorme -retour de flamme. De Hongkong, où le film fit en un mois autant de recettes qu’à Paris en un an. D’Allemagne, où la bardolâtrie enre-gistra ses premières émeutes. D’Angleterre, d’Amérique. D’Amérique par-dessus tout.

Avant Bardot, les films en langues étrangères n’entraient pas dans le système de distribution générale américain. Ils étaient réservés à des salles spécialisées, sous-titrés mais non doublés et, dans les Etats où elle existe, la censure ne les regardait pas de trop près. Aujourd’hui, les écrans géants des drive-in élèvent les formes de Bardot dans tous les ciels de l’East, du Midwest et du Far West, devant des parterres de voitures sombres et muettes qui peuvent contenir aussi bien une -famille nombreuse qu’un couple passionné. Je doute sincèrement que les hommes qui ont exploité Brigitte Bardot, à commencer par l’ex-mari Vadim, aient eu en vue autre chose que le succès par le scandale. Les considérations philosophiques sont venues après coup, comme les recettes. La plus évidente, nullement profonde, c’est que Bardot est en accord avec une époque qui rejette les cravates, les gaines et les fards. La publicité lui fait dire qu’elle n’a pas de peigne, les doigts étant le peigne donné par le bon Dieu. Elle n’a pas de montre, ayant horreur de l’heure ; pas de bijoux, sauf quelque pacotille, et autant dire pas de garde-robe. Elle est, à cet égard, l’inverse des stars classiques et des demi-mondaines qui, au siècle précédent, tenaient le rôle des actrices de cinéma osé dans l’entretien de la sexualité collective de leur époque. Mais dire que cette simplicité soit dépouillée d’artifice est une autre histoire. Dire qu’elle rejoint par un subtil détour une vertu transcendante est une aimable plaisanterie.

Brigitte Bardot est immorale de la tête aux pieds, tant par ce qu’elle montre que par ce qu’on lui fait exprimer. Les Eglises sont dans leur rôle en la condamnant. Y a-t-il de quoi trembler ? La censure existant, c’est elle qui endosse la responsabilité. Quand Vadim eut achevé « Et Dieu… créa la femme », il lutta pied à pied, mètre à mètre, pendant quatre mois, avec un cœur cornélien, pour sauver les scènes qui avaient servi de préliminaires à son infortune conjugale. Que les censeurs aient eu tort ou raison de se laisser fléchir est une question d’interprétation personnelle pour chacun d’entre nous. Elle disait, à l’époque d’« Et Dieu… créa la femme », qu’elle était désormais une véritable actrice, puisqu’on la faisait jouer habillée. Elle considère « En cas de malheur » comme sa promotion définitive, comme la preuve qu’elle est autre chose qu’une image lascive. Elle sent grandir en elle des aspirations, mais elle lit toujours avec des colères pétulantes les articles prétendant qu’elle est malheureuse. Certes, elle n’est pas malheureuse ! Elle aime le soleil et les bêtes. Elle a deux chiens, un chat, deux colombes, une tortue trouvée sur la route et un lapin apprivoisé. Elle aime l’argent, mais elle le traite prudemment. Elle prend rarement plus de 100 000 [anciens] francs à sa banque, ne remet que de petites sommes à son secrétaire Alain, tient ses comptes de cuisine et n’a pas fait de mauvais placements en achetant sa villa de Saint-Tropez et son appartement de l’avenue Paul-Doumer. Elle aime le bruit, y compris la musique, de Georges Ulmer à Erik Satie. Elle aime un métier qui a donné à une mauvaise petite élève du cours Hattemer des triomphes que la découverte d’une nouvelle théorie nucléaire ou de la cure du cancer ne lui auraient pas procurés. Est-ce qu’une fille riche de tant d’amour peut être malheureuse – même si elle conserve dans la vie la lèvre lourde que ses rôles de boudeuse sexuelle lui imposent à l’écran ?

Le rêve doré de ses producteurs, c’est qu’elle durera. « Trente ans, dit goulûment Raoul Lévy, parce que c’est une bosseuse. » Brigitte, elle, déclare que la bardolâtrie n’est qu’une passade, qu’elle sera oubliée dans trois ans, qu’elle veut finir en beauté et qu’elle s’arrêtera de tourner à 25 ans. Elle ne croit pas, bien entendu, à son propre pessimisme et ses allusions sacrilèges à une abdication qui devrait avoir lieu l’an prochain ne peuvent pas être prises au sérieux. Mais il est exact qu’elle ne possède pas l’ardeur qui porte les longues carrières, si lourdes, de l’art. Elle aime l’indolence ; elle se fatigue vite ; elle penche du côté de la flânerie. Il n’est pas impossible, effectivement, qu’elle sorte de la mode aussi soudainement qu’elle y est entrée. Elle s’y résignerait mieux que ceux qui ont trouvé en elle un Pérou.

Le monde se déchire pour BB...

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Brigitte Bardot lettre d'août 2017 aux restaurateurs...

Publié le par Ricard Bruno

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