Brigitte Bardot « écoeurée » par la mort de Bambi...
Signé BB, ou plutôt furax ! Brigitte Bardot est en colère. Et pour le faire savoir l'actrice vient d'adresser une missive, affûtée comme une tête ogive médiatique, au préfet des Alpes-Maritimes Francis Lamy. Manifestement les relations épistolaires entre le représentant de l'État et BB ne s'améliorent pas. Car en avril dernier, déjà, l'ambassadrice de la cause animale en France avait dégainé sa plume. Il faut dire que l'un des dix-neuf lieutenants de louveterie du département avait, au préalable, dégainé son fusil. Pour abattre, en vertu d'un arrêté préfectoral, un sanglier « nageur » que les pompiers venaient pourtant de repêcher non sans mal au large de Villeneuve-Loubet.
A quoi bon ? Voila en substance le sens donné par BB à sa première lettre. Pour que jamais, plus jamais, on ne fasse montre d'autant de cruauté envers les animaux Brigitte Bardot avait, un instant quitté, sa retraite tropézienne pour s'occuper des affaires de ce monde... Qui manifestement ne tourne plus rond. Car deux mois à peine se sont écoulés. Et voilà que cette fois, c'est Bambi que l'on abat !
Un jeune chevreuil à la patte cassée a, lui aussi, été euthanasié la semaine dernière (nos éditions azuréennes du 25 et du 29). Et ce à quelques kilomètres à vol d'oiseau de Villeneuve-Loubet. Trop c'est trop pour BB. « Monsieur le préfet, je suis écoeurée par ces scandales à répétition, écrit aujourd'hui l'actrice. J'espère que vous tirerez enfin les conclusions qui s'imposent face au traitement radical réservé aux animaux sauvages dans votre département. »
Car pour Brigitte Bardot « une autre solution pouvait être trouvée. »
« S'il n'existe effectivement aucun centre de soins pour les animaux sauvages dans votre département, reconnaît l'actrice, celui situé à Plan de Vitrolles dans les Hautes-Alpes à 3 heures de route de Grasse n'a, semble-t-il, pas été sollicité...»
Pas plus d'ailleurs que la fondation Bardot. Ce que sa présidente « déplore vivement ».
En espérant qu'à l'avenir le préfet des Alpes-Maritimes fasse « preuve de plus d'humanité ».
Le préfet au nom de la loi
L’attaque est directe. Pour ne pas dire frontale. Et c’est le directeur de cabinet du préfet Francis Lamy qui tente de la parer. Au nom de la loi. « Nous nous devons de la respecter », rappelle
le sous-préfet Christophe Marx. Et pour ce faire il avait bien fallu euthanasier en avril le sanglier nageur de Villeneuve. Le préfet avait alors promis à Brigitte Bardot d’ouvrir une enquête.
mais les conclusions semblaient d’ores et déjà écrites, gravées même dans le marbre d’un arrêté pris chaque année par la préfecture. Ce texte dresse la liste des animaux nuisibles. Le sanglier
en fait partie dès lors qu’il se hasarde sur le littoral azuréen. Celui de Villeneuve-Loubet était allé jusqu’à se baigner dans la Grande Bleue. De quoi signer son arrêt de mort : « Nous ne
pouvions légalement le relâcher dans la nature », confirme aujourd’hui Christophe Marx, fut-ce au terme de la mise en œuvre d’un énorme déploiement de moyens humains pour le repêcher en mer et
le «sauver».
Oui mais voilà, les chevreuils ne sont pas quant à eux sur la liste noire préfectorale des espèces nuisibles, et «Bambi» a été abattu quand même... En préfecture on promet dès lors une nouvelle
enquête : « Nous avons d’ores et déjà pris attache avec le maire de Cabris afin de déterminer dans quelle condition le garde-chasse est intervenu, ainsi que les pompiers. S’il y a eu un
manquement à une obligation légale nous le saurons, assure le sous-préfet. Sans préjuger du résultat de cette enquête je peux déjà vous assurer que cet animal n’a pas été abattu par plaisir. Or
s’il s’avère que le garde-chasse n’a agi que mettre fin à ses souffrances, il aura alors accompli son devoir. Mais en montant en épingle de telles affaires qui osera encore euthanasier un
animal demain au risque d’être pointé du doigt. Vaut-il mieux le laisser souffrir ? »
Ce n’est sans doute pas ce que souhaitent les défenseurs des animaux. ce n’est d’ailleurs pas ce que préconise Brigitte Bardot qui déplore que sa fondation n’ait pas été alertée : « nous
aurions pu lui sauver la vie ! » Cette fois Christophe Marx en convient. « Il y a sans doute des pistes à explorer. Nous allons prendre attache avec les associations de défense des animaux pour
que nous puissions donner leur contact aux pompiers dès lors qu’elles s’engagent à accueillir les animaux. Car cela à un coût que l’Etat n’a pas vocation à assumer. »