Chat brûlé : 2 ans de prison ferme, récit de l’audience
Vendredi 29 janvier 2016 au soir, au cours d’une dispute conjugale, Sébastien Lebras, un niçois âgé d’une trentaine d’années, empoigne le chat du foyer et l’arrose d’alcool avant de le brûler vif. Puis, il le jette par la fenêtre de l’appartement, qui est situé au 7ème étage. Ce lundi 1er février, le tortionnaire a été jugé pour ses actes en comparution immédiate. Et le verdict a été sévère.
Il faut dire que le sort de l’animal a été particulièrement violent et douloureux : ayant survécu à la chute, le corps carbonisé et les os en miettes, il a agonisé en hurlant pendant une heure et demie sur le bitume, jusqu’à ce que des voisins du couple l’emmènent dans une clinique vétérinaire où il sera euthanasié. « Je connais les gens qui ont emmené ce pauvre chat aux urgences. Ils ont appelé un vétérinaire puis la Police mais à chaque fois il leur a été répondu que seuls ses maîtres peuvent le faire. Mais comme ses propriétaires n’ont rien fait, ils ont emmené le chat aux urgences. Le pauvre avait tellement mal que les doses normales n’arrivaient pas à l’endormir avant de le piquer », témoigne Anna, une résidente de l’immeuble du drame, sur les réseaux sociaux.
Griffin avait 3 ans
Ce lundi 1er février, une cinquantaine de personnes sont réunies devant le Palais de Justice de Nice, dans le calme, pour faire savoir leur indignation et leur « soutien au petit chat martyr ». Vers 15 heures, son meurtrier est apparu à la barre.
A l’intérieur de la salle d’audience, la propriétaire de Griffin (c’était le nom de ce jeune matou de 3 ans) est en larmes. « Après la description des faits par la compagne du prévenu et l’ex mari de celle-ci, on assiste à un essai de « défense-éclair » (deux minutes montre en main), par un avocat de la défense visiblement bien en peine pour trouver quelques circonstances atténuantes à son client », raconte Ghislaine Lecocq, une militante animaliste qui a assisté aux débats.
Un « bourreau », selon le Procureur
Suivent les réquisitions de Madame la Procureur, qui affirme que Sébastien Lebras a agit avec « préméditation » et n’a fait montre ni d’empathie, ni de remords, tout en indiquant que l’expertise psychiatrique le concernant n’évoque aucune maladie mentale, simplement une « immaturité ». La représentante du Parquet demande une peine sévère (2 ans de prison ferme, obligation de suivre unetraitement contre l’alcool -car il était sous son emprise au moment des faits-), tandis que la dizaine d’associations de protection animale qui s’étaient portées parties civiles réclament des dommages et intérêts (500 € chacune).
Verdict sévère
Après une délibération d’une trentaine de minutes, le « bourreau » (terme employé par la Procureur) est condamné pour « actes de cruauté envers un animal » et « violences volontaires aggravées » sur sa compagne et sur l’ex-mari de cette dernière. Sa peine est de 30 mois de prison, dont 6 avec sursis, assortie d’une mise à l’épreuve avec obligation de soins et d’une interdiction à vie de posséder un animal ainsi que d’approcher les victimes. Son incarcération est immédiate. L’homme a cela dit fait appel, affirmant par le biais de son avocat que « le feu était accidentel ». Il dort néanmoins en prison ce soir.
« J‘espère que l’histoire terrible de Griffin fera jurisprudence, et que certains prendront conscience qu’on ne fait plus ce qu’on veut à un animal. Nous sommes nombreux, vigilants, et nous ne laisserons rien passer ! », conclut pour sa part Ghislaine.



