1952-1956 : Bardot avant Bardot, la naissance d’un phénomène
Ce premier épisode de la série en quatre volets « BB comme Brigitte Bardot » nous plonge, aujourd'hui, aux origines d'un destin hors du commun. Avant de devenir l'icône mondiale que l'on surnommera simplement « BB », Brigitte Bardot est une jeune danseuse. Au début des années 50, en seulement quelques années, elle va bouleverser le cinéma français et imposer une nouvelle image de la femme. Libre, naturelle et affranchie des conventions. Et puis arrive Et Dieu… créa la femme, le film qui va tout changer.
Des premiers pas presque par hasard
En 1952, Brigitte Bardot n'a que 17 ans et se destine avant tout à une carrière de danseuse classique. Élève du chorégraphe russe Boris Knyazev, elle est remarquée grâce à une photographie publiée en couverture du magazine Elle. Cette image attire l'attention d'un jeune assistant réalisateur, Roger Vadim, qui devient son compagnon puis son mari. C'est lui qui l'encourage à tenter sa chance au cinéma. Bardot obtient alors un premier rôle dans Le Trou normand, comédie réalisée par Jean Boyer, où elle donne la réplique à Bourvil. La même année, elle tient son premier rôle important dans Manina, la fille sans voiles, de Willy Rozier, tourné entre la Corse et les îles Lavezzi. En apparaissant à l'écran en bikini, encore très rare au cinéma, la jeune actrice attire déjà tous les regards, même si elle est encore loin d'imaginer le destin qui l'attend.
Une jeune actrice qui trouve peu à peu sa place
Les années suivantes voient Brigitte Bardot multiplier les tournages et apprendre son métier à grande vitesse. En 1953, elle apparaît dans Si Versailles m'était conté…, la grande fresque historique de Sacha Guitry, où elle partage l'affiche avec Jean Marais, Gérard Philipe, Jean-Louis Barrault ou encore Orson Welles. Même si son rôle de la duchesse de Fontanges reste modeste, sa présence dans une telle distribution marque une étape importante. Deux ans plus tard, Marc Allégret lui confie un rôle dans Futures Vedettes (1955), chronique consacrée à de jeunes artistes rêvant de réussir dans le monde du spectacle. Au fil de ces productions, Bardot affine son jeu tout en conservant ce naturel qui la distingue déjà des actrices plus classiques de son époque.
Et Dieu… créa la femme, LE film de la révélation
L'année 1956 va marquer un tournant décisif. Réalisé par Roger Vadim, Et Dieu… créa la femme est tourné à Saint-Tropez, alors simple village de pêcheurs encore préservé du tourisme international. Bardot y incarne Juliette Hardy, une jeune femme libre dont la sensualité et l'indépendance bouleversent les conventions sociales. Face à elle, Jean-Louis Trintignant, Curd Jürgens et Christian Marquand complètent la distribution. À sa sortie, le film choque une partie de la critique française, mais rencontre un immense succès à l'étranger, notamment aux États-Unis où la presse évoque un véritable « ouragan Bardot ». Ce film fait entrer l'actrice dans une nouvelle dimension et contribue également à faire de Saint-Tropez un lieu mythique.
Une carrière lancée vers les sommets
Au lendemain de ce triomphe, Brigitte Bardot confirme qu'elle n'est pas seulement une nouvelle vedette populaire. En 1957, Michel Boisrond la dirige dans Une Parisienne, comédie pétillante qui joue avec son image de femme moderne et indépendante. Puis, en 1958, Claude Autant-Lara lui offre un rôle plus dramatique dans En cas de malheur, adaptation d'un roman de Georges Simenon, où elle partage l'affiche avec Jean Gabin. Le succès du film démontre qu'elle peut s'imposer dans un registre plus grave tout en restant la personnalité la plus fascinante de sa génération. En l'espace de quelques années seulement, la jeune danseuse devenue actrice est devenue une véritable icône internationale.
Dans l'épisode 2, il sera question de l'explosion mondiale du phénomène Bardot..
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