"Marguerite, c'est une miraculée" : la vache qui avait échappé à l'abattoir, est en route vers son refuge en Normandie

Publié le par Ricard Bruno

Marguerite, la vache qui avait échappé à l'abattoir de Roanne en janvier 2025.

Marguerite, la vache qui avait échappé à l'abattoir de Roanne en janvier 2025.

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Marguerite, une vache limousine de trois ans, avait semé la confusion dans le centre-ville de Roanne en s'enfuyant d'un camion qui devait la mener à l'abattoir. Elle est désormais en route vers un refuge.

 

C'est une scène digne d'un James Bond. Marguerite, une génisse limousine âgée de trois ans est en route vers un abattoir. Alors que le convoi s'arrête à Roanne (Loire) pour que Marguerite change de camion, elle s'enfuit. "Elle allait bien mourir ce jour-là. Elle en a profité pour s’échapper", retrace Damien Wolff, responsable logistique et sauvetage à la Fondation Brigitte Bardot.

C'est le début d'une course folle dans le centre-ville de Roanne, entre la vache et les services de secours qui tentent de la maîtriser. Marguerite est finalement neutralisée par les pompiers, endormie avec des tirs de seringues hypodermiques.

73 000 signatures et 3500 euros récoltés

C'est ce détail qui a mis la puce à l'oreille de Gisèle Souchon, une professeure de philosophie dans un lycée à Lyon et militante de la cause animale depuis longtemps : lorsqu'un animal est sédaté par une seringue hypodermique, sa viande est considérée comme inconsommable pendant environ un mois, "cela laissait le temps de mobiliser l'opinion publique".

Gisèle Souchon lance une pétition en ligne afin de remuer l'opinion publique - elle rassemble près de 73 000 signatures - et entre en contact avec l'éleveur de Marguerite, ainsi que la Fondation Brigitte Bardot. L'idée : acheter l'animal avant qu'il ne soit abattu et le confier à la Fondation Brigitte Bardeau et son Arche de B.B., un réseau de quatre refuges et 150 pensions partenaires à travers la France. Au total, l'association accueille près de 13 000 animaux.

Une fois les accords obtenus - à la fois de l'éleveur et de la fondation, Gisèle Souchon lance une cagnotte. Elle parvient à récolter les 3500 euros nécessaires en "huit ou dix jours. Ça a été assez rapide. Puis je suis allée la payer à l’éleveur le 28 janvier dernier", raconte la militante de la cause animale.

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"C'est rarissime de s'échapper"

"C’est un symbole, Marguerite, c’est une miraculée d’un système d'exploitation des animaux. C’est rarissime de s’échapper, ces animaux sont condamnés d’avance, dit Damien Wolff, de la Fondation Brigitte Bardot, Cela nous rappelle que les animaux ont leur propre conscience, leur propre personnalité."

Marguerite est donc définitivement tirée d'affaire : "elle va très bien", assure Damien Wolff. Elle est actuellement en plein transfert pour rejoindre un refuge de la Seine-Maritime, en Normandie, "un havre de paix elle aura le droit de vivre sa vie." Marguerite y côtoiera une centaine d'autres bovins sauvés par l'association, dont Etienne, un taurillon qui s'était également échappé alors qu'il était en chemin vers un abattoir du Forez (Loire).

Marguerite sera d'abord mise sous observation par les équipes du refuge, avant de rejoindre les pâtures dès l'arrivée des beaux jours, si tout va bien. "Certains bovins que nous avons accueillis ont vécu jusqu'à 27 ans", assure Damien Wolff. Marguerite a donc de belles années devant elle.

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