La 17ème conférence des Parties à la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), qui se tient depuis deux semaines à Johannesburg (Afrique du Sud) s'est terminée ce mercredi sur un sentiment d'inachevé.
Tous les trois ans, 183 Etats membres se livrent à un bras de fer pour décider du sort des espèces menacées d’extinction et déterminer si elles peuvent faire ou non l’objet d’un commerce international. Christophe Marie, Porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot, participe depuis 16 ans à cette conférence. Il déplore un engagement trop faible des Parties.
Paris Match. Après cette CoP17, certaines espèces, même menacées, continueront d’être commercialisées…
Christophe Marie. Cette CITES nous laisse un gout d’inachevé. La recrudescence du braconnage et la chute des populations d’éléphants sur le continent africain auraient dû tirer la sonnette d’alarme mais la CITES s’est contentée de poser un pansement sur une hémorragie. Le sang des éléphants coulera toujours après cette CoP17. Il faut urgemment reclasser toutes les populations d’éléphants à l’Annexe I de la CITES et interdire tout commerce international de l’ivoire. La majorité des pays africains y sont favorables, mais l’Union européenne a voté contre cette proposition, c’est incompréhensible et absolument scandaleux.
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Certaines ONG, comme le WWF, se sont pourtant félicitées du rejet de cette proposition de transférer toutes les populations d’éléphants à l’Annexe I
La position du WWF n’est pas nouvelle. L’objectif de cette organisation n’est pas de protéger les espèces mais de défendre une gestion qui passe par le commerce et la chasse. Nous n’avons pas du tout la même politique. D’ailleurs, à cette CoP, le WWF défendait également le transfert à l’Annexe II du Faucon pèlerin. Heureusement il n’a pas été suivi par les Parties, malgré le forcing opéré par le Koweït et le Qatar grands adeptes de la chasse avec rapaces.
Parmi les espèces les plus menacées, qui figurent parmi les « gagnants » de cette CITES ?
Les avances sont nombreuses pour les espèces marines qui depuis quelques CoP déjà bénéficient d’une meilleure protection, comme de nombreux reptiles également. Le transfert du perroquet gris « du Gabon » est une autre excellente nouvelle puisque cette espèce, inscrite à la CITES, est l’une des plus commercialisée. Désormais, elle ne le sera plus. Quant au macaque de Gibraltar (magot) transféré à l’Annexe I, il s’agit d’une réelle victoire à laquelle nous travaillons depuis 2010.
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#CoP17 belle victoire pour le singe "magot", la proposition (Maroc/UE) de transférer l'espèce à l'Annexe I est adoptée à l'unanimité ! pic.twitter.com/rqrsXoI4Jq
Ces dernières années, des dizaines de magots introduits illégalement en France ont été saisis et pris en charge par notre Fondation qui a cofinancé une structure d’accueil adaptée à leurs besoins. Brigitte Bardot s’est entretenue plusieurs fois avec le Roi du Maroc à ce sujet, nous espérons que cette proposition adoptée en Afrique du Sud sera un frein au trafic dont les magots sont victimes.
Quelles pressions les Etats ont-il exercé ?
La CITES a refusé la proposition de la Namibie et du Zimbabwe d’exclure leur population d’éléphants de toute protection pour faciliter le commerce de l’ivoire, elle n’a pas autorisé non plus le Swaziland à commercialiser la corne de rhinocéros blancs.