Bien décidé à revivre follement, le célébrissime village voit fleurir plein de nouveaux spots. Parmi eux, le légendaire hôtel de La Ponchefait peau neuve avec une rare élégance. Visite en exclusivité.
Sur la place des Lices, les feuilles des platanes frémissent. Les joueurs de pétanque aussi. Sous leur masque dûment contrôlé par les gendarmes, leurs mâchoires se décrochent au passage des créatures moulées, lacées, bottées se pressant dans les restaurants qui ont remplacé les bars où ils trinquaient au pastaga après avoir taquiné le cochonnet. À l’image de la célèbre place, tout Saint-Tropez vibre d’une folle énergie en ce début d’été. Les nouvelles adresses n’en finissent plus d’éclore, comme pour fêter en fanfare la sortie de la crise sanitaire.
D’un côté, les mastodontes du restaurant festif débarquent en force avec leurs concepts bien rodés. Ainsi, après Noto et Shellona, le Moma Group de Benjamin Patou ouvre en rafale Casa Amor avec une carte signée Akrame, mais aussi le Café Lapérouse et les cafés Fendi et Manko ! Laurent de Gourcuff (Paris Society) rétorque en inaugurant Gigi, ambiance Riviera années 1960, et installe les banquettes en velours rouge du Piaf sur la plage de Pampelonne, en s’acoquinant avec le groupe Bagatelle, qui en profite pour faire relooker sa table par le designer Sam Baron.
Face à ces serial restaurateurs, trois jeunes Tropéziens résistent encore et toujours. Fondateurs de l’Indie Group, ils s’appellent Vincent Luftman, Tobias Chaix et Raphaël Blanc. À peine trentenaires, ils dirigent déjà quatre restaurants : Indie Beach House, Playamigos, Pablõ et La Sauvageonne. Leur mantra : rajeunir Saint-Tropez, y apporter du cool et de la bonne musique. Ils s’y emploient tant et si bien que leur Indie Fest, un vrai festival avec un food court de folie, accueillera cet été le rappeur Nemir, les groupes Feu ! Chatterton et Earth, Wind and Fire – excusez du peu. Tout cela se passe à la vénérable citadelle du XVIIe siècle, qui s’en trouve toute ragaillardie.