Bourjois, si farouchement parisien...
En1863, la France est la deuxième puissance économique mondiale, après l’Angleterre, et Paris est incontestablement la capitale de la mode. Son épicentre se situe sur les Grands Boulevards, quartier des théâtres et de la frivolité. C’est là que s’installe Joseph-Albert Ponsin, un comédien qui confectionne également des fards pour le théâtre.
Très vite, Ponsin lance une pâte pour blanchir la peau, le Blanc de Perles, lequel rencontre un vif succès. La Parfumerie théâtrale Ponsin devient le fournisseur exclusif des théâtres impériaux. En 1868, le comédien décide de se lancer dans la peinture. II passe la main à son gérant, Alexandre-Napoléon Bourjois. C’est ce dernier qui va hisser l’entreprise au stade industriel, tout en conservant la qualité qui a fait la réputation de la maison. Comme le procédé de fabrication des fards, un mélange de poudre et d’eau, mis en forme dans des moules bombés, séchés en étuve pendant quarante-huit heures et polis à la main.
Se parfumer, une revendication
Pour gagner en efficacité, monsieur Bourjois s’associe avec Émile Orosdi, un autre fabriquant de parfumerie. Ils ouvrent dans la foulée une usine à Pantin, en 1891. Quelques années plus tard, le catalogue propose 700 références qui vont des parfums aux savons, en passant par les poudres-dentifrices. Bourjois signe aussi son premier bestseller, la Poudre de riz de Java, vendue dans le monde à 2 500 000 millions d’exemplaires! C’est le premier d’une longue série.
Au début du XXé siècle, Bourjois est bien établi, et les Années folles la consacrent comme une marque moderne. Les femmes s’émancipent, se parfumer devient presque une revendication. Lancé en 1923, Mon Parfum illustre cette tendance. C’est à cette époque qu’apparaissent également les fards Pastel, produits emblématiques qui concrétisent une nouvelle manière de se maquiller, avec plus de couleurs et de liberté. En 1927, dix-sept coloris sont disponibles. Une révolution dans l’art du maquillage, dont le célèbre Cendre de Roses, mu- jours au catalogue. L’année suivante marque une autre date importante: celle du lancement, à New York, du parfum Evening in Paris, qui sera commercialisé l’année suivante en France sous le nom de Soir de Paris. Et qui devient la fragrance la plus célèbre du monde...
L’après-guerre amorce une nouvelle stratégie pour Bourjois, visant à rajeunir sa clientèle. Elle passe par encore plus de couleurs et une présence en radio avec l’émission Sérénade produite par la marque. C’est Brigitte Bardot qui célèbre la 200éme en direct de chez Maxim’s...
Aujourd’hui, Bourjois reste synonyme de féminité, de gaîté, d’humour. La marque a su imposer son esprit aux quatre coins du monde. Un esprit farouchement parisien comme le prouve l’une des dernières créations: le coffret Rendez-vous à Paris, un vrai clin d’œil aux petites boîtes rondes et aux fards qui ont fait le succès originel de Bourjois. Un parfumeur qui n’oublie pas que l’avenir se conjugue aussi au passé.
Source : http://www.leparisien.fr/laparisienne/histoire-marques/bourjois-si-farouchement-parisien-04-03-2010-835773.php