Fondation Brigitte Bardot, le cirque et les animaux...

Publié le par Ricard Bruno

Hier, l'association des amis des bêtes a distribué des tracts aux clients du cirque contre leur « détention ». Le cirque répond amour du métier et de ses protégés.

De g. à dr., Jacques Mordon du cirque, et Daniel Raposo de la Fondation BB.
De g. à dr., Jacques Mordon du cirque, et Daniel Raposo de la Fondation BB. 

Il est certaines rencontres qui ont tout l'air de fables. Ainsi, hier après-midi, celle de Jacques Mordon, du cirque Roger Lanzac, et de Daniel Raposo, adhérent de la Fondation Brigitte Bardot. « L'asso BB, le cirque ses animaux. »

Le cirque fait étape pour trois dates à La Barre, avec son spectacle espagnol. Les amis des bêtes se sont saisis de l'occasion pour sensibiliser les clients du barnum au sort des bêtes en captivité. « Derrière le strass… La détresse », lit-on sur les dépliants que les quatre manifestants distribuent aux familles qui viennent assister au spectacle.


Certificat de capacité

Les spectateurs prennent le dépliant en passant, pressés de prendre leur billet et de s'abriter sous le chapiteau. « Il y a des éléphants ? », s'écrit un petit garçon, tenu par la main de sa grand-mère. Non, mais il y a des lions, est on tenté de lui répondre. Car Jacques Mordon fait volontiers faire le tour des 20 animaux du cirque : chevaux, dromadaires, lions, et même un lionceau. « Nous sommes titulaires d'un certificat de capacité délivré par le ministère de l'environnement ». De fait, la condition de détention des animaux est strictement définie par le législateur (lire par ailleurs).

Jacques Mordon, qui affiche 55 années de tournées du cirque au compteur, est intarissable sur la façon dont ses animaux « tous nés en captivité » sont bien soignés, sur l'art de dresser une bête à l'aide de friandises et non au moyen de coups, sur la moquette qui tapisse la remorque transportant les dromadaires sur les routes de France et de Navarre. « Les gens viennent pour voir les animaux. Sans eux on ne gagne pas notre vie, déjà qu'on a du mal à joindre les deux bouts avec la crise. » Imparable.

« Vivre en liberté »

Le discours des amis déclarés des bêtes n'est pas moins au point. « L'animal sauvage doit vivre en liberté, dans son milieu naturel ». Sur le trottoir, dans le froid, Daniel Raposo discute captivité des hippopotames avec le circasien. On croit rêver. Le cirque se joue sous nos yeux. Jacques Mordon se saisit de l'occasion pour indiquer que la Ville d'Anglet lui a demandé 1 400 euros pour occuper le domaine public et que la recette a été seulement de 450 euros le week-end dernier. L'adhérent de la Fondation Brigitte Bardot s'empare de la tribune pour rappeler que le 2 juillet, le maire d'Anglet Jean Espilondo lui écrivait que la Ville ne recevait plus de cirque avec animaux.

Hier, la Ville n'a pas suivi la tentative du cirque de marchander l'occupation du domaine public, précisant qu'elle fait l'objet d'un strict tarif. Et la mairie précise que le courrier adressé à Daniel Raposo faisait suite à une discussion lors de laquelle il avait été évoqué l'accueil des cirques durant la période d'été. « Le site de La Barre était occupé par les camping-cars en été, un cirque pourrait seulement être accueilli sur la place du Quintaou pendant cette période, mais c'est impossible pour des raisons d'hygiène », précise la Ville, insistant sur le fait qu'elle se mettrait hors la loi s'il lui prenait le goût d'édicter un arrêté interdisant un cirque et ses animaux. « La Fondation Brigitte Bardot doit s'adresser au législateur si elle veut que la loi évolue, ou aux services vétérinaires si elle estime que certains cirques maltraitent les animaux. »

 

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