La Réunion : pour protéger les requins, il se jette à l'eau...
Il reprend ses palmes et son masque pour défendre les
squales. Didier
Dérand, délégué de la fondation Brigitte Bardot à La Réunion, a annoncé ce vendredi
qu'il retournerait à l'eau dimanche 19 mai, sur la côte ouest de l'île, pour protester contre le sort réservé aux requins après la mort d'un surfeur le 8 mail dernier.
Selon lui, «un massacre se
prépare à brève échéance», évoquant la mise en place «de dispositifs de pêche aux requins dans la baie de Saint-Paul».
A ceux qui «diffusent
systématiquement une propagande mensongère visant à terroriser la population», il entend montrer que le danger est surestimé, que les plongeurs, nageurs et body-surfeurs peuvent se baigner sans
risque. «Seuls les surfeurs avec planche courent un risque réel», répète-il, estimant que les prédateurs confondent les surfeurs avec une tortue marine.
En août
2012, il s'était jeté à l'eau à plusieurs reprises, sur
les lieux d'attaques de requins, pour montrer que le danger était surestimé, après la panique provoquée par des
attaques de requins. Il ne lui était rien arrivé.
Ce dimanche, Didier Dérand, 55
ans dont 45 de pratique de la mer à La Réunion, partira à 10 heures (heure locale) de la Passe de l'Hermitage, sur la commune de Saint-Paul, et se rendra à la Plage des Roches Noires,
pour un parcours de 5,4 km. Il passera près de la zone des Brisants, où a eu lieu le drame du 8 mai. Il effectuera sa nage militante seul et sans assistance, tout en lançant un appel à ceux
qui veulent le rejoindre.
Lundi dernier, après l'attaque
mortelle du 8 mai qui a porté à quatre leur nombre depuis 2011 (tous des surfeurs), le préfet de la Réunion a annoncé la pose de «drumlines» - une palangre verticale fixe munie d'un hameçon qui
permet une capture localisée des requins -, dans la baie de Saint-Paul (ouest) pour étudier leur efficacité contre les attaques de requins.
Un élu de La Réunion, Thierry
Robert (MoDem), député-maire de Saint-Leu (ouest), a
dans le même temps annoncé son intention d'autoriser, contre récompense, la pêche au requin sur le territoire maritime de sa commune, jugeant que la préfecture n'allait pas assez
loin.