Les abandons d’animaux domestiques sont en augmentation!

Publié le par Ricard Bruno

La crise économique, mais aussi la déresponsabilisation des acheteurs, expliquent la saturation des refuges!

«Pour lui l’amour… pour moi la mort. » La phrase est affichée depuis le mois de juillet sur les murs du métro parisien pour illustrer le destin de deux chiens. L’un choyé par des enfants, l’autre semblant agoniser. Avec cette campagne choc, la Fondation Brigitte Bardot a voulu, pour la deuxième année consécutive, sensibiliser le public sur les abandons d’animaux domestiques. « L’abandon tue 100 000 animaux par an », affirment les affiches.

Si tous les animaux laissés ne meurent heureusement pas, la plupart des associations s’accordent sur le nombre d’abandons. Ce qui a fait dire à la Société protectrice des animaux (SPA), au moment du Festival de Cannes 2009, que la France détenait la palme d’or de l’abandon en Europe.

« Encore ce chiffre ne concerne-t-il que les chats et les chiens », explique Valérie Fernandez, responsable de la communication au sein de cette association qui compte 56 refuges à travers la France. Les petites bêtes qu’on appelle les nouveaux animaux de compagnie, comme les rats, furetsou lapins, rencontrent en effet de plus en plus de succès et n’échappent pas, bien au contraire, au phénomène de l’abandon.

Une année « catastrophique »

En 2009, à elle seule, la SPA a recueilli 43 000 chats et chiens. Les félins arrivent plus nombreux entre avril et octobre, la période des portées, les chiens, eux, plus régulièrement tout au long de l’année. Mais les refuges sont particulièrement sollicités à l’arrivée de l’été. « L’été en raison des vacances, explique Valérie Fernandez, et parce que, parfois, la petite boule de poil achetée sur un coup de cœur à Noël a grandi et devient gênante. »

Si les associations sont tristement habituées à ces comportements, elles disent s’inquiéter d’une nette augmentation des abandons depuis deux ou trois ans. Et plus particulièrement cette année, considérée comme « catastrophique ». « Notre seul refuge, qui se situe en Normandie, a reçu 275 chiens et 206 chats en 2009, indique Stéphanie Nougarède, de la Fondation Brigitte Bardot. Cette année, ces chiffres devraient être largement dépassés. »

À travers la France, les refuges pour animaux se disent saturés. Comme celui de la SPA à Orgeval (Yvelines), dont le responsable, Christophe Guillo, évoque une situation très tendue. « L’an dernier, nous avons connu une hausse des abandons d’environ 15 % par rapport à 2008. Et pour le premier semestre de cette année, nous sommes déjà à + 30 % d’abandons par rapport à la même période de 2009. » Inversement, les adoptions semblent ralentir. « Une année correcte voit ici quelque 2 000 animaux partir avec de nouveaux maîtres, dit Christophe Guillo. Cette année, la baisse s’annonce sensible. »

Un phénomène aggravé par la crise économique

La crise économiqueexplique en grande partie cette tendance. « Je vois ainsi des gens qui disent ne plus pouvoir payer pour la nourriture et les soins de leur animal, précise Christophe Guillo. D’autres expliquent avoir été obligés de vendre leur pavillon et ne pas pouvoir conserver leur chien dans un appartement en location… »

Dans les dispensaires, on connaît également une explosion des demandes de soins vétérinaires. C’est le cas dans celui géré par la SPA dans le 17e arrondissement de Paris. « Nous avons réalisé 20 000 actes l’année dernière, indique sa responsable Carole Croville. Nous en sommes déjà à 15 000 cet été. » Depuis deux ou trois ans, elle voit affluer un nouveau public : personnes âgées, chômeurs, bénéficiaires du RSA ou immigrés roumains propriétaires d’animaux.

La crise n’est toutefois pas la seule raison qu’invoquent les associations pour expliquer le pic d’abandons. Selon elles, le développement des animaleries dans les centres commerciaux favoriserait les « achats coup de cœur » et leurs vendeurs ne responsabiliseraient pas toujours les clients sur les conséquences d’une telle acquisition.

« Mais il faut surtout régler le problème des petites annonces et de la vente des animaux par Internet, affirme Christophe Guillo. Ce sont des circuits qu’on ne contrôle pas et qui alimentent le marché. » Pour ce dernier, plus il est facile d’acheter un animal, plus cela favorise « l’esprit de consommation » de ses maîtres. « Certains disent carrément vouloir se débarrasser de leur animal comme d’un objet encombrant dans une déchetterie. »

 

Source : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2435305&rubId=4076

 

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Publié dans le web en parle

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E
<br /> <br /> c'est affreux de lire de telles choses et cela me scandalise au plus haut point !<br /> <br /> <br /> je suis correspondante de presse et j'ai cherché sur mon secteur un refuge afin de les aider a placer leurs animaux par le biais de mon journal, ainsi que de les aider autrement mais n'ai<br /> rien trouvé dans le coin,  la crise y est pour beaucoup mais aussi les divorces et séparation, quand au annonces sur internet, cela me répugne de voir un tel commerce .<br /> <br /> <br /> <br />
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B
<br /> <br /> Je me doutais bien que cettre année serait catastrophique pour les abandons,la crise n'explique pas tout, je dirais que l'irresponsabilité des gens est en cause et le non respect de<br /> l'animal,être vivant  est en augmentation. Adopter un animal ne doit pas se décider sur un coup de tête, cela doit être réfléchi longuement, car sur un coup de tête il finira par être<br /> abandonné sur un autre coup de tête.<br /> <br /> <br /> Il me semble également que les vétérinaires de part le prix des consultations, des opérations qu'ils pratiquent toujours de plus en plus d'augmentation, ont aussi leur part de<br /> responsabilité sur les abandons. Ils sont rares ceux qui font passer la santé de l'animal avant l'argent . Etre véto ce n'est plus une vocation, c'est un travail comme un autre, qui plus il<br /> rapporte de l'argent mieux c'est.On peut meme tomber sur des vétos qui n'aiment pas les animaux.<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Bonsoir<br /> <br /> <br /> Votre analyse est juste, nous vivons dans un monde ou les valeurs foutent le camps.<br /> <br /> <br /> Cordialement<br /> <br /> <br /> Bruno Ricard<br /> <br /> <br /> <br />