Les abandons d’animaux domestiques sont en augmentation!
La crise économique, mais aussi la déresponsabilisation des acheteurs, expliquent la saturation des refuges!
Si tous les animaux laissés ne meurent heureusement pas, la plupart des associations s’accordent sur le nombre d’abandons. Ce qui a fait dire à la Société protectrice des animaux (SPA), au moment du Festival de Cannes 2009, que la France détenait la palme d’or de l’abandon en Europe.
« Encore ce chiffre ne concerne-t-il que les chats et les chiens », explique Valérie Fernandez, responsable de la communication au sein de cette association qui compte 56 refuges à travers la France. Les petites bêtes qu’on appelle les nouveaux animaux de compagnie, comme les rats, furetsou lapins, rencontrent en effet de plus en plus de succès et n’échappent pas, bien au contraire, au phénomène de l’abandon.
Une année « catastrophique »
Si les associations sont tristement habituées à ces comportements, elles disent s’inquiéter d’une nette augmentation des abandons depuis deux ou trois ans. Et plus particulièrement cette année, considérée comme « catastrophique ». « Notre seul refuge, qui se situe en Normandie, a reçu 275 chiens et 206 chats en 2009, indique Stéphanie Nougarède, de la Fondation Brigitte Bardot. Cette année, ces chiffres devraient être largement dépassés. »
À travers la France, les refuges pour animaux se disent saturés. Comme celui de la SPA à Orgeval (Yvelines), dont le responsable, Christophe Guillo, évoque une situation très tendue. « L’an dernier, nous avons connu une hausse des abandons d’environ 15 % par rapport à 2008. Et pour le premier semestre de cette année, nous sommes déjà à + 30 % d’abandons par rapport à la même période de 2009. » Inversement, les adoptions semblent ralentir. « Une année correcte voit ici quelque 2 000 animaux partir avec de nouveaux maîtres, dit Christophe Guillo. Cette année, la baisse s’annonce sensible. »
Un phénomène aggravé par la crise économique
Dans les dispensaires, on connaît également une explosion des demandes de soins vétérinaires. C’est le cas dans celui géré par la SPA dans le 17e arrondissement de Paris. « Nous avons réalisé 20 000 actes l’année dernière, indique sa responsable Carole Croville. Nous en sommes déjà à 15 000 cet été. » Depuis deux ou trois ans, elle voit affluer un nouveau public : personnes âgées, chômeurs, bénéficiaires du RSA ou immigrés roumains propriétaires d’animaux.
La crise n’est toutefois pas la seule raison qu’invoquent les associations pour expliquer le pic d’abandons. Selon elles, le développement des animaleries dans les centres commerciaux favoriserait les « achats coup de cœur » et leurs vendeurs ne responsabiliseraient pas toujours les clients sur les conséquences d’une telle acquisition.
« Mais il faut surtout régler le problème des petites annonces et de la vente des animaux par Internet, affirme Christophe Guillo. Ce sont des circuits qu’on ne contrôle pas et qui alimentent le marché. » Pour ce dernier, plus il est facile d’acheter un animal, plus cela favorise « l’esprit de consommation » de ses maîtres. « Certains disent carrément vouloir se débarrasser de leur animal comme d’un objet encombrant dans une déchetterie. »
Source : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2435305&rubId=4076
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