Expositipon Brigitte Bardot dans HDS mag n°7 de septembre octobre 2009


Brigitte Bardot, tout ou presque sur celle que Dieu créa, photographie, cinéma, fondation, action de protection animale, exposition, combat, etc.
Rencontre
Entre deux repas servis à ses braves bêtes, Brigitte Bardot, sereine Tropézienne, défend toujours sa grande cause… « Tout compte fait, plutôt que de lui écrire au nom de la
Fondation, je vais le faire en mon nom, à titre aussi bien personnel que privé ! » En ce milieu d'après-midi de lendemain de fête nationale, Brigitte Bardot qui fut la Marianne de la
République, assise à la fraîche, sous la tonnelle de sa seconde maison de Saint-Tropez, plus tranquille, plus ombrée, moins scrutée, moins ceinturée que sa propriété de la Madrague, s'occupe et
de ses animaux et de son courrier.
Située sur une petite colline descendant lentement vers la mer, les criques et la petite plage où elle ne se rend qu'entourée de ses bêtes de tous poils (ses cochons adorent faire
Durée : 115min.
Genre : Film - Comédie
Origine : Fra - Ita. 1965. Stéréo.
Réalisation : Louis Malle.
Scénario : Jean-Claude Carrière et Louis Malle
Distribution : Brigitte Bardot (Maria I), Jeanne Moreau (Maria II), George Hamilton (Flores), Gregor von Rezzori
(Diogène).
Musique : Georges Delerue.
Fille d'un terroriste irlandais, Maria Fitzgerald O'Malley manipule depuis sa plus tendre enfance des bombes, des grenades et autres explosifs. Après la mort tragique de son père, elle se retrouve livrée à elle-même dans une colonie anglaise d'Amérique latine. Elle fait la connaissance de plusieurs membres d'une troupe de music-hall ambulant, qui lui proposent une place de duettiste «parisienne». Sa partenaire porte le même prénom qu'elle. Sous son égide, Maria découvre les charmes de l'amour et invente le strip-tease en mettant à profit un accident vestimentaire. Les pérégrinations de la troupe la conduisent dans un Etat sujet aux révolutions...

Initiales doublement BB !
L'art des années 30, l'industrie tout comme le cinéma ont forgé l'identité culturelle du Boulogne-Billancourt actuel et sont les racines d'une modernité qu'il nous appartient de projeter dans l'avenir. L'un des axes de notre politique culturelle est de valoriser et faire connaitre ces fondamentaux aussi bien pour les Boulonnais que pour faire rayonner notre ville bien au delà de la commune.
De septembre à janvier prochain, la
ville de Boulogne-Billancourt ouvre les portes du Musée des années 30 à Brigitte Bardot : la femme avec un grand F qui a merveilleusement incarné la France, sa Marianne en est témoin, mais
aussi la libération de la Femme et une certaine forme de lutte contre l'hypocrisie. Brigitte Bardot, star incontestée et incontestable des années 50-60, hymne à la beauté, à la
sensualité et à la liberté. Actrice adulée par le monde entier et encore aujourd'hui plébiscitée par un sondage international datant de 2008, comme l'une des plus belles femmes du monde.
En dehors de la référence évidente à la culture cinématographique de Boulogne-Billancourt, pourquoi Brigitte Bardot ? Initiales BB me direz-vous ! Pas uniquement. La ville de
Boulogne-Billancourt a en effet été l'une des premières villes a acquérir le buste d'Aslan qui, des années 60, adresse un clin d'oeil au buste de Laetitia Casta incarnant aujourd'hui Bardot
dans un film en cours de tournage.
Brigitte Bardot a également tourné sept films dans les studios mythiques de Boulogne-Billancourt parmi lesquels : Les Grandes Manoeuvres de René Clair avec Michèle Morgan et Gérard Philippe, la Mariée était trop belle, la Femme et le Pantin de Julien Duvivier, les Amours Célèbres de Michel Boisrond avec Alain Delon et Jean-Claude Brialy. Cette exposition rebondit également sur l'anniversaire de Brigitte Bardot dont, par élégance et respect nous tairons l'âge. A noter que cet anniversaire donnera lieu à de nombreux articles de presse, des émissions de télévision et de radio, ainsi qu'une littérature abondante.
D'autre part d'un point de vue plus sociologique, cette exposition se veut aussi le reflet de cette forme d'insouciance dont les années 50-60 très tendance, demeurent un symbole pour l'époque actuelle. Dans un contexte de morosité économique, un peu de bonne humeur ne sera pas négligeable pour se préparer à une reprise que nous espérons tous.
Cette exposition événementielle sera l'une des premières du
genre à Boulogne-Billancourt. Elle invitera à la fois à un voyage dans la carrière de l'actrice mais aussi dans les multiples modes qu'elle a pu lancer, dans des reconstitutions de ses films
majeurs, dans le design de l'époque, mais aussi à travers le regard des grands artistes dont elle fut la muse : Warhol, Van Dongen, Richard Avedon, Robert Doisneau, Sam Levin, Arman, Aslan,
Saura, Paco Rabanne. etc. Même le Café Cocotte pourrait se parer des couleurs de Sénéquier, le célèbre café tropézien.
Par ailleurs, de nombreux partenariats médias se mettent en place. Partenariats qui vont offrir une visibilité exceptionnelle à notre ville : Paris Match tirera à un million d'exemplaires une édition incluant un cahier de 16 pages consacré à l'exposition, Beaux Arts Magazine éditera une édition spéciale à 100 000 exemplaires. Autres partenaires : Le Figaro, Europe 1 et Paris Première. Quant au nombre d'entrées, nous pouvons nous attendre à du jamais vu à Boulogne-Billancourt.
BB des initiales porte bonheur qui ont pu faire dire au Général De Gaulle, que Brigitte Bardot avait rapporté plus de devises à la France que Renault ! Régie Renault dont BB fut aussi
l'égérie, autre clin d'oeil à Boulogne-Billancourt.

Le 10 février 1951, une inconnue de 16 ans fait la couverture de Paris Match. Le mythe Bardot est en marche. Pour Paris Match, Brigitte Bardot se confie aujourd'hui.
Insolente et libre, elle est la jeunesse de la France. Et celle de Match. Brigitte Bardot a 16 ans quand elle fait sa première couverture, en 1951. Une adolescente, un journal à ses débuts. Entre les deux, une histoire d’amour qui se concrétisera par un mariage avec Roger Vadim, reporter au magazine. Brigitte changera de mari et d’amant, jamais de journal. Avec la grâce d’une star qui n’a jamais caché son âge, elle nous adresse ses vœux toujours espiègles pour un anniversaire qui colle à son destin. Carrière éclatante, bonheurs privés, malheurs publics, Paris Match, aujourd’hui, lui raconte sa vie. Comme Brigitte nous raconte la nôtre et d’abord l’émancipation des femmes dont elle a été, sans l’avoir cherché, le porte-drapeau. Une victoire blonde. Le sourire de nos « glorieuses ».
Paris Match. Le 10 février 1951, Match te consacre pour la première fois sa couverture. Tu as 16 ans et demi, tu es inconnue...
Brigitte Bardot. Je crois me souvenir qu’il s’agissait d’illustrer un reportage sur le thème “Restez toujours jeune en appliquant la méthode du Dr Gayelord Hauser”. J’étais affreuse sur
cette photo, on aurait dit une noix de coco avec une perruque ! Personne ne me connaissait puisque je n’avais jamais fait de cinéma. D’ailleurs, mon nom n’était même pas mentionné sur la
couverture.
A cette époque, tu tombes raide amoureuse de Vadim.
Il n’est pas encore journaliste. Papa lui a dit : “Vous n’épouserez ma fille que lorsque vous aurez un salaire.” Vadim se présente alors à Hervé Mille et Jean Prouvost, les patrons de Paris
Match. Il entre au journal comme reporter.
Peu à peu, tu commences à être connue. A Cannes, tu sors d’un carton sur le pont d’un porte-avions américain. Match te photographie, ce sont tes premières parutions.
Dans l’ancien immeuble du journal, rue Pierre-Charron, j’étais chez moi. C’était ma deuxième maison. Je connaissais tous les recoins de la rédaction. J’étais reçue comme la femme de Vadim mais
aussi comme la copine qui partageait tous les petits secrets des reporters. Combien de fois ai-je dormi dans un grand canapé pendant les nuits de bouclage ! Oui, Match, ce fut mon havre, ma
grotte, avant et après ma célébrité. Ce fut ma famille, tendre et complice, et surtout fidèle.
Sur une célèbre photo de toi, assise, les jambes croisées haut, en collant noir, les cheveux sur les épaules, on peut lire ta dédicace : “De la part de Bri, la petite fiancée de
Match”.
Ce sont les photographes qui avaient trouvé ce joli surnom. Il faut savoir à quoi ressemblait le journal dans les années 55-60. C’était le foutoir intégral pour les gags et les blagues de
potache. La rigueur de l’information et la chasse au scoop n’empêchaient pas la rigolade permanente. Je me souviens d’un soir de bouclage, un lundi, où pour détendre l’atmosphère je suis montée
sur la grande table de la rédaction en soulevant mes jupons et en esquissant quelques pas de danse sous les hurlements des garçons et des directeurs, assez surpris !
Tous étaient un peu épris de toi ?
Oui, ils me faisaient la cour et j’adorais ça ! C’étaient des frères pour moi. Lorsque je m’engueulais avec Vadim [rires], j’allais me faire consoler par tous ces beaux mecs qui m’emmenaient
boire un verre à La Belle Ferronnière, l’annexe de la rédaction, la brasserie en bas du journal. Leurs notes de frais étaient salées comme la mer Morte ! Mais Match était le magazine qui se
détachait des autres en montant des coups imparables et exclusifs.
Avec le triomphe de “Et Dieu créa la femme”, ta célébrité transforme-t-elle tes rapports avec Match ?
Pas du tout ! Célèbre ou pas, je m’en foutais royalement. Je tenais à rester moi-même avec mes copains, j’étais toujours leur petite fiancée, la rigolote qui passe dire bonjour à ses petits
frères et à leur Leica en bandoulière. Nous avions nos codes, nos fous rires. Dédé Lacaze, le rédacteur en chef, deviendra mon témoin, le jour de mon mariage avec Charrier.
A l’époque, un calcul très sérieux révèle que les magazines français t’ont consacré 3 millions de lignes et ont publié 30 000 photos de toi.
C’est terrifiant et inimaginable aujourd’hui et pourtant c’est la réalité. J’ai été traquée, manipulée, agressée, planquée jour et nuit. Tu peux en témoigner puisque tu étais à mes côtés. J’ai
été la proie de photographes qui venaient de l’autre bout du monde, alors j’ai choisi Match et mes copains pour des parutions bien élaborées et exclusives qui carbonisaient la concurrence.
Concurrence qui, bien entendu, se vengeait en écrivant des horreurs sur moi.
Ton accouchement, en janvier 1960, a sans doute été le paroxysme du phénomène Bardot.
Alors que mon gynécologue me demandait de sortir, de prendre l’air, de marcher les deux derniers mois de ma grossesse, je suis restée enfermée, avenue Paul-Doumer, cernée par 200 journalistes qui
planquaient jour et nuit dans les escaliers, sur le palier des étages, dans leurs voitures, sur le toit de l’immeuble. Les volets fermés, avec mon gros ventre, j’ai tourné en rond pendant deux
mois sous la menace de téléobjectifs sortant de toutes les chambres de bonne, louées depuis des semaines, qui entouraient le 7e étage de mon immeuble.
Il faut savoir que la première photo de toi et de ton bébé atteignait plusieurs millions de francs à l’époque.
Ce fut une naissance d’une incroyable violence, à tous points de vue. J’avais l’impression que j’allais mourir ou devenir folle. Nicolas en a subi les retombées. Quarante-neuf ans plus tard, je
sais que la plus grande injustice que j’ai infligée à mon fils, c’est que je lui en ai voulu de naître dans des conditions pareilles. C’est pourquoi, dans mon bouquin, j’ai écrit ces lignes si
dures concernant sa naissance. Je me disais : pourquoi dois-je mettre au monde un enfant qui me bouffe la vie à ce point-là ? Je sais que, pour lui, ce fut une injustice incroyable.
Aujourd’hui, tu as deux petites-filles de 17 et 20 ans qui, paraît-il, te ressemblent. Les vois-tu ? Es-tu une bonne grand-mère ?
Non, je ne suis pas une bonne grand-mère. Elles vivent en Norvège avec leur père, elles ne parlent pas français, et nous n’avons pas l’occasion de nous voir. Pourquoi tricher ? Tu le sais, j’ai
toujours dit ce que je pensais et pensé ce que je disais. Je n’ai jamais cru aux liens du sang.
Revenons à tes années Match. Les couvertures s’enchaînent, les initiales BB occupent toute la planète.
Tout cela m’a fait tellement peur que j’ai tenté de me foutre en l’air très sérieusement. J’étais un animal traqué qui n’avait plus la force de fuir, de vivre, tout simplement.
Tu te réfugies, alors, dans l’amitié…
C’était primordial. Heureusement qu’il y a toujours un ami au bout du fil car la solitude est là, insidieuse et présente. Les clins d’œil de Match, à travers quelques sujets drôles, se
succèdent. Ainsi, sur le tournage de “Viva Maria !”, je revois Gérard Géry, le photographe du journal, qui a l’idée de mettre sur mon plateau de petit déjeuner un lapin nain buvant mon jus
d’orange. Résultat : une double page. C’est Philippe d’Exea, pigiste au journal, qui photographie cent douzaines de roses, offertes par Gunter Sachs pour me faire la cour, tombant du ciel sur La
Madrague par hélicoptère. C’est Ghislain [Jicky] Dussart qui me photographie nue pour Match et qui réalise les plus belles photos de ma vie. Nous avions, lui et moi, la légèreté complice et la
force de l’amitié. Il me manque tant ! Anne, son épouse, est toujours près de moi. Jicky m’a aidée à fuir le monde déchaîné des paparazzi et autres chroniqueurs qui, durant trente ans, ne m’ont
laissé ni trêve ni repos.
Cela dit, quand tu faisais un strip-tease habillée en bonne sœur, c’était limite provoc !
Je tournais “Les novices” avec ma copine Girardot. Claude Azoulay m’a proposé, pour Match, dans un fou rire général, de retirer mes vêtements de nonne, un à un. C’est ainsi que, sur une plage, je
lui ai montré mes petites fesses connues du monde entier, avec un détail rigolo : j’étais à poil avec ma cornette sur la tête. Photos jamais parues dans Match à cause des lecteurs cathos, mais
“Playboy” les a publiées et elles ont fait le tour du monde.
Que faut-il pour qu’une photo te rende belle ?
La faire en m’aimant. Une femme reste le reflet que lui donne l’homme. Alors l’alchimie passe. Si la confiance s’installe, la tendresse suit. Le regard fait le reste, c’est la démarche d’un
amant sur papier glacé.
Quelle est la photo que tu souhaiterais voir publier après ta mort ?
Celle avec le bébé phoque, qui symbolise tout de ma vie. De la célébrité à l’isolement sur la banquise, la solitude que j’ai si souvent affrontée et, enfin, la protection animale.
Et si Dieu recréait la femme, que lui dirais-tu ?
Qu’il me donne enfin du pouvoir pour mes combats, et qu’il change l’homme.