Le Byblos, lieu mythique de Saint-Tropez, se réinvente pour ses 60 ans
Suites signées Laura Gonzalez, spa et salle de sport repensés, boutique, potager en permaculture, plage rénovée : l’hôtel mythique de la Riviera prépare son soixantième anniversaire en se remettant à neuf, sans toucher à son âme.
Têtes couronnées, stars du cinéma et de la chanson, idoles du rock, écrivains comme épicuriens en quête de bonheur : des générations entières se sont croisées sous les palmiers du Byblos, y ont lié amitié, et d’autres le feront demain. Inauguré le 27 mai 1967 en même temps que les Caves du Roy, son night-club, l’établissement aborde sa soixantième année. Il n’en fait pas un exercice de nostalgie. La saison 2026 est pour lui celle des renouveaux, du premier coup de pinceau d’une suite à la dernière feuille du potager.
L’histoire du Byblos est d’abord celle d’une filiation. Le 14 septembre 1967, quelques mois après l’ouverture, l'homme d'affaires Sylvain Floirat rachète l’hôtel. Aujourd’hui encore, il reste dans la famille : en 2006, Antoine Chevanne, arrière-petit-fils de Sylvain Floirat, prend la direction du groupe, devenu Floirat Signatures en 2025. Sous cette bannière se retrouvent le Byblos, Byblos Beach et Les Caves du Roy à Saint-Tropez, mais aussi La Réserve à Saint-Jean-de-Luz et Les Manoirs à Tourgéville.
300 employés
La maison revendique une passion transmise "avec une égale sincérité, un même souci d’exigence et une incroyable fidélité", que partage son personnel : plus de 300 employés, dont certains sont présents depuis trente ou quarante ans. À la tête de l’hôtel, le directeur Jean-Marie Trancher s’appuie sur une équipe où l’on compte le chef exécutif Nicola Canuti et le chef pâtissier Geoffrey Turpin.
L’idée est celle d’une grande famille qui donne à chaque client "l’extraordinaire impression de se sentir comme chez soi". À l’origine, l'établissement comptait une soixantaine de chambres. L’achat d’un terrain mitoyen en 1983 l’a doté d’une nouvelle aile, La Bastide, et d’un bâtiment indépendant, Le Hameau. L’ensemble forme aujourd’hui un domaine de 17 000 m² en plein cœur de Saint-Tropez.
L’hôtel compte désormais 86 chambres, dont 43 suites. Certaines ont été réunies pour les rendre plus spacieuses et plus lumineuses. Toutes sont décorées différemment et arborent chacune une gamme de huit tissus des plus grandes maisons de textile, utilisés pour les tentures, les dessus-de-lit et les fauteuils, le tout confectionné dans des ateliers marseillais.
Aux meubles anciens s’ajoutent des pièces faites sur-mesure, et certaines chambres ont une terrasse privée avec vue sur la mer et sur le village.
Laura Gonzalez signe douze "écrins"
La grande nouveauté de l’année se joue dans les suites. Après une première série de quatre en 2024, la décoratrice Laura Gonzalez en réinterprète huit autres pour la saison 2026, ce qui porte à douze le nombre d'"écrins" qu’elle aura imaginés pour l’hôtel. En 2024, elle avait décliné sa vision de la modernité en quatre atmosphères "qui reflètent la joie de vivre" : l’une aux tons corail, l’autre aux nuances subtiles de jaune, une troisième autour d’un camaïeu de turquoise, la dernière enveloppée de douceurs de céladon. Cette année, le fil conducteur est un bleu profond "changeant au fil de la lumière, comme la mer à Saint-Tropez". Ce bleu, à la fois intense et subtil, dialogue avec des matières naturelles et des tonalités claires pour créer une ambiance presque minérale, "traversée de vibrations colorées".
Pour la décoratrice, la Méditerranée est "presque un réflexe. Une mémoire intime". Elle dit avoir cherché des matières qui ont "une présence, presque une voix" : la corde, les fibres tressées, le lin, les cotons, les bois patinés. Elle précise aimer qu’elles gardent "une trace de la main". Au fil des espaces, on trouve quelques pièces iconiques, des objets chinés et des créations uniques pour le Byblos : minibars en céramique, portes en marqueterie de bois, créations d’artisans. Les motifs graphiques et les textures résonnent avec l’œuvre de Roger Capron, dont la mosaïque, où animaux, fleurs et plantes gravitent autour du soleil, orne le patio du spa. Pour Laura Gonzalez, la couleur "ne se limite pas à un décor" : elle devient "un créateur d’émotion".
Marine Ugo a imaginé trois lieux d’exception, pensés pour garder l’âme du Byblos tout en affirmant un design contemporain, avec des matériaux nobles et des lignes épurées. Il Giardino, restaurant signature de l’hôtel, se déploie au bord de la piscine sous une pergola végétalisée inspirée des jardins à l’italienne. En cuisine, le chef Nicola Canuti réinterprète l’Italie de son enfance.
Liberté
Côté jardin, un potager agroécologique en permaculture de 300 m², le premier du genre pour un hôtel de Saint-Tropez, a été mis en lumière par Yann Menard, créateur du jardin La Piboule. Cette démarche s’étend à la gestion des déchets et de l’eau, à la consommation énergétique et à la valorisation de l’économie et des initiatives locales. À Ramatuelle, Byblos Beach, dirigée par Quentin Fesquet, franchit un nouveau cap. Ils abritent des transats griffés Oliver James.
À l’approche de ses soixante ans, l’hôtel résume sa ligne en quelques mots : liberté, rencontre et absence de contrainte. Une philosophie que Floirat Signatures formule ainsi : "Le luxe n’est pas une démonstration : c’est une liberté. Il n’impose rien, il propose. Il ne s’expose pas, il se ressent."
Le + du blog Brigitte bardot : "Brigitte Bardot et le Byblos intiment lié"
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