Mon BBcédaire
Il en faut ! Le raisonnable tue et emmerde ! Vive la Folie, l’exubérance ! Sortir des sentiers battus ! Aimer à la folie, vivre follement, hors du troupeau.
Brigitte
Brigitte Bardot, tout ou presque sur celle que Dieu créa, photographie, cinéma, fondation, action de protection animale, exposition, combat, etc.
Mais que diantre sont-ils tous venus faire dans cette station balnéaire de la Costa del Sol ? En 1968, Almería est envahie par huit films tournés simultanément, au point de voir la province se proclamer " Capitale mondiale du cinéma " devant Hollywood ! C’est cette période que relate Philippe Lombard, journaliste spécialisé dans le 7e art, dans un ouvrage aussi caniculaire que notre été, pour toutes ces stars en plateau dans le désert andalou.
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Cela va bientôt faire un an qu’Alain Delon nous a quittés. En effet, le célèbre acteur est décédé le 18 août 2024 à l’âge de 88 ans. Avant sa mort, le père d’Anthony, d’Alain-Fabien et d’Anouchka avait accordé sa dernière interview, Alain Delon face au monde, à Cyril Viguier, disponible sur la plateforme TV5MondePlus. L’animateur et producteur s’est entretenu longtemps avec celui qui résidait à Douchy, avec qui il est resté proche jusqu’aux derniers instants. Cyril Viguier n’était pas la seule personne présente aux côtés d’Alain Delon avant sa mort. C’était également le cas de Brigitte Bardot, son amie de longue date, comme l’a révélé le journaliste dans les colonnes de Nice-Matin .
«Brigitte Bardot était vraiment son amie de cœur. Il l’adorait, il me parlait tout le temps d’elle, de leur époque quand ils étaient au sommet de leur vie respective», se souvient Cyril Viguier, avant de poursuivre : «Dans les années 60, ils avaient connu le même «statut iconique». Ils avaient les mêmes réflexes et se comprenaient sans se parler.» Une amitié qui a perduré dans le temps, jusqu’au dernier souffle d’Alain Delon. Et l’animateur a eu la chance d’assister au dernier échange entre les deux artistes. «C’était incroyable, ce dialogue parfois silencieux dans lequel ils se comprenaient mieux que quiconque !», a-t-il révélé.
Alors qu’il savait qu’il était en fin de vie, Alain Delon a fait une dernière demande à Cyril Viguier. «Une des dernières recommandations qu’il m’a faites, c’est de rester en contact avec elle. «Aide-la, mets ton énergie au service de ses combats», «C’est une femme pure» me disait-il », raconte-t-il. Une belle preuve d’amitié de la part de l’acteur décédé. Une perte qui a été très douloureuse pour Brigitte Bardot. «On n’est jamais soulagé de la mort d’un ami. Je suis très, très triste. Il me manque énormément. On était sur la même longueur d’onde. Je n’ai plus personne. Ils sont tous partis», avait-elle confié auprès de BFMTV en mars 2025. En effet, l’actrice de 90 ans a dû faire face au deuil à plusieurs reprises ces dernières années.
Philippe Lombard nous raconte l’année 1968 dans le désert andalou, à Almería, en compagnie de Brigitte Bardot et des stars du cinéma d’alors.
Janvier 1968: Brigitte Bardot brise le cœur de son amant Serge Gainsbourg en s’envolant pour Almería! De ce drame, l’homme à la tête de choux tirera Initials B.B., l’irrésistible chanson dans laquelle il mentionne négligemment ce désert d’Andalousie. Quelques décennies plus tard, Philippe Lombard, journaliste bien connu des amateurs de cinéma de genre, revient sur les raisons de cette drôle d’escapade dans Almeria 68. Entre un amour impossible et un mariage avec le playboy Gunter Sachs qui bat de l’aile, l’actrice s’en va tourner en Espagne aux côtés de Sean «007» Connery un western: Shalako!
Cloitrée dans un pseudo-palace, «BB» organise dans sa suite des fêtes où se succèdent toutes les stars qui tournent alors dans cette usine à films à ciel ouvert qu’est devenu Almería. A grand renfort d’anecdotes gourmandes, Lombard fait défiler sur un tapis rouge brûlant Jane Birkin, Michèle Mercier, Michael Caine, Sergio Leone et un tas de seconds rôles plus ou moins recommandables. Une fois n’est pas coutume, la réalité est ici plus belle que la légende.
Philippe Lombard, Almería 68, Ed. Hugo & Doc, 236 pp.
Godard met en scène le mythique couple Bardot-Piccoli à Capri, liant déclin du couple et déclin du cinéma. Un chef-d'œuvre à (re)voir mardi 29 juillet à 21.00 sur France 5.
« Tu les trouves jolies mes fesses ? [...] Et mes seins. Tu les aimes ? » Réplique culte pour film culte. Difficile, cependant, à l'heure de #MeeToo et de la prise de conscience de l'influence du « male gaze » au cinéma (pour « regard masculin », d'après le concept théorisé par la féministe américaine Laura Mulvey), de voir aujourd'hui cette scène sans y lire la chronique d'un certain machisme ordinaire.
Rappel des faits. Nous sommes en 1963, en plein choc des cultures : Brigitte Bardot, icône populaire absolue depuis le succès d’Et Dieu... créa la femme (Roger Vadim, 1956), donne la réplique à un acteur de théâtre à peine connu, Michel Piccoli, sous la direction du très cérébral chef de fil de la Nouvelle Vague, Jean-Luc Godard. Ce dernier, après les succès en demi-teinte des films qui ont suivi À bout de souffle (Les Carabiniers, Vivre sa vie), réalise là une œuvre à gros budget, coproduction franco-italo-américaine en CinemaScope adaptée d'un roman à succès d'Alberto Moravia dans les décors paradisiaques de la villa Malaparte de Capri.
C'est dans ce contexte que le producteur américain Joseph E. Levine, soucieux de mettre en avant les atouts (les atours ?) de la sex-symbol BB, exige, après pourtant la fin officielle du tournage, que soit ajoutée une scène de nu. Et voici donc comment, pour l'éternité, Brigitte Bardot, allongée nue sur son lit, nomme lascivement chaque partie de son corps comme si elle le/se vendait à la découpe. Femme objet offerte au désir masculin : chronique du machisme ordinaire, donc.
Mais aussi dénonciation même de ce sexisme d'atmosphère, tant la scène prend également à rebours tous les clichés érotisants de l'époque. Au fond, Brigitte Bardot n'est-elle pas précisément en train de réduire en morceaux le désir qu'elle est censée inspirer et auquel tous les personnages du film – et jusqu'au producteur – ne cessent de vouloir la réduire ?
Tout, dans ce film gigogne sur le couple, le cinéma, la création, apparaît ainsi à double tranchant. Tout, dans Le Mépris, est méprise.
Le cinéma, disait André Bazin, substitue à nos regards un monde qui s’accorde à nos désirs. Le Mépris est l’histoire de ce monde.
Ouverture du « Mépris »
Fidèle au livre homonyme d'Alberto Moravia, Le Mépris suit l’inexorable effondrement du couple que forme le personnage de Brigitte Bardot et celui de Michel Piccoli, auteur de théâtre en mal de reconnaissance engagé à Cinecittà pour une adaptation à gros budget de l'Odyssée (déjà une forme de mise en abyme, Piccoli pouvant être vu comme un alter ego de Godard lui-même, qui se peint en raté magnifique, se pliant aux exigences de ses producteurs, acceptant toutes les compromissions).
Au détour d'un événement en apparence anodin (pour lui), se cristallise (pour elle) le dégoût qu'il va finir par lui inspirer : il la pousse à monter à bord de la voiture de son riche et concupiscent producteur (incarné par l'acteur de western américain Jack Palance, tout en mâchoire carrée et virilité assumée). Ne l'a-t-il pas abandonnée aux bras d'un autre homme ? Ne l'a-t-il pas exhibée, offerte, comme un trophée ? Ou a-t-il simplement voulu optimiser le trajet retour ? Malentendu. Méprise, donc. Et mépris. La vengeance froide, humiliante, désespérée, de sa femme sera aussi cruelle qu'implacable.
Autopsie des rapports hommes-femmes, anatomie de la lâcheté masculine, le film alterne scènes du tournage de l'Odyssée et crises conjugales, liant, dans un même mouvement mélancolique que sublime la musique de Georges Delerue, déclin du couple et déclin du cinéma – attention spoiler : à la fin du film, Godard se débarrasse tout à la fois du riche producteur et de la star populaire dans un accident de voiture tout en symbole.
La plus grande méprise autour du Mépris sera certainement la réaction du public, qui boudera ostensiblement le film en salles. Depuis, le temps a fait son office : le film, d'un classicisme capiteux, est, à juste titre, considéré comme un des plus grands chefs-d'œuvre du septième art.

Michel Piccoli et Brigitte Bardot - « Le Mépris »
Paul Javal, scénariste, et sa jeune femme semblent former un couple uni. Un incident apparemment anodin avec un producteur va conduire la jeune femme à mépriser profondément son mari...
Film (99 min – 1963) – Réalisation Jean-Luc Godard – Scénario Jean-Luc Godard, d'après Le Mépris d'Alberto Moravia – Production Compagnia Cinematografica, Champion, Les Films Concordia, Rome Paris Films – Musique Georges Delerue – Photographie Raoul Coutard
Avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli, Jack Palance, Fritz Lang, Giorgia Moll, Jean-Luc Godard...
Le Mépris, diffusé mardi 29 juillet à 21.00 sur France 5, est à (re)voir pendant sept jours sur france.tv
Il est des figures qui traversent le temps, non seulement par leur éclat initial, mais par la lumière qu'elles continuent de projeter sur le monde. Brigitte Bardot est de celles-là. Née sous le signe des projecteurs, elle fut l'incarnation d'une époque, une muse qui brisa les conventions et redéfinit la féminité. Mais au-delà de l'actrice mythique, du symbole sensuel qui fit chavirer les cœurs, c'est une autre forme de "sainteté" qui émane aujourd'hui d'elle : celle d'une protectrice acharnée.
La "Sainte Brigitte Bardot" que nous honorons n'est pas celle des icônes religieuses, mais celle d'une femme dont la compassion a transcendé sa propre légende. Ayant tout connu de la gloire, elle a choisi, avec une audace rare, de tourner le dos aux artifices pour embrasser une cause plus grande que sa propre personne. Sa voix, autrefois utilisée pour des dialogues de cinéma, est devenue le cri des sans-voix : celui des animaux maltraités, chassés, oubliés.
Sa Fondation Brigitte Bardot est devenue un sanctuaire, un rempart contre la cruauté, et son engagement, un exemple lumineux pour des millions de personnes. Elle a mis sa notoriété au service de la justice, non pas pour elle-même, mais pour ceux qui ne peuvent se défendre. C'est dans ce dévouement inébranlable, cette abnégation face aux souffrances, que réside sa véritable "sainteté".
Brigitte Bardot, la "sainte" au grand cœur, est devenue une figure tutélaire pour le règne animal. Son aura, autrefois associée au glamour, est désormais intimement liée à la sauvegarde de la biodiversité et au respect de toute vie. Elle a prouvé que la beauté peut être bien plus qu'une simple apparence ; elle peut être une force motrice pour le bien, un catalyseur de changement. Son héritage ne se mesure plus seulement aux films qu'elle a tournés, mais aux vies qu'elle a sauvées et aux consciences qu'elle a éveillées.
N'est-ce pas là une forme de grâce, un don de soi qui inspire le respect et l'admiration, conférant à Brigitte Bardot une place unique dans le panthéon des figures qui ont marqué notre temps ?