Samedi 8 octobre à Rodilhan, à quelques kilomètres de Nîmes, était organisée une manifestation pacifiste pour protester contre la corrida. Les afficionados ont une fois de plus
fait la preuve de leur goût pour le sang en faisant preuve d’une violence inouïe envers les militants.
95 militants venus de toute la France et même de Belgique et issus de différentes associations, dont Respectons qui était représentée par Patrick et Manu,
s’étaient donné rendez-vous dans les arènes de Rodilhan, près de Nîmes, où devait se dérouler une corrida. Alors que certains se tenaient dans les gradins avec des banderoles, d’autres s’étaient
enchaînés, en cercle, au centre de l’arène. Les afficionados s’en sont donné à cœur joie et la manifestation, pacifiste, a donné lieu à un déchaînement de violence jamais vue auparavant. Coups de
poing, de pied, cheveux tirés, jets d’eau puissants envoyés à même le visage, vêtements arrachés… Les violences ont été telles que 20 militants ont du être conduits aux urgences.
Des plaintes seront bien entendu déposées, en espérant que la justice fasse son travail et ne laisse pas ce scandale impuni.
Une vidéo a été réalisée. Les images sont plus que parlantes, nous vous invitons donc à les visionner et à les diffuser le plus largement possible à vos contacts afin que chacun puisse prendre
toute la mesure de la violence généré par ce « loisir » barbare :
Voici également le texte rédigé par Christophe Marie de la Fondation Brigitte Bardot, présent au moment des événements :
Le 8 octobre 2011, nous étions près de cent militants venus d’un peu partout, y compris de Belgique, pour former une résistance citoyenne à la torture animale.
Ce jour là, 6 veaux devaient être torturés à mort dans les arènes de Rodilhan (à quelques kilomètres de Nîmes) lors de la finale des « graines de toréros »… Ces jeunes tortionnaires
allaient se livrer à une becerrada, corrida pratiquée sur de jeunes animaux qui, ne comprenant rien de ce qui leur arrive et sous la douleur des banderilles qui déchirent leur chair, hurlent et
appellent leur mère.
Donc, ce 8 octobre nous étions une centaine prête à affronter la violence dans l’espoir de mettre à mal cette boucherie immonde au cours de laquelle tout le sadisme, la perversité et la cruauté
des hommes est déployée contre des jeunes animaux qui n’ont absolument aucun moyen de s’opposer.
Deux groupes étaient formés, l’un dans les gradins pour déployer des banderoles et faire diversion, l’autre devant sauter sur la piste pour s’enchaîner et tenter d’empêcher le spectacle de mort.
Très vite, tout s’est enchainé, les banderoles, le saut dans l’arène (plus de deux mètres mais avec l’adrénaline personne n’a reculé devant l’obstacle), l’opposition, la résistance !
Le mot d’ordre : ne pas répondre aux provocations ni aux coups… Alors la haine des barbares s’est montrée avec toute sa férocité, sa violence à l’encontre des animaux bien sûr mais aussi des
militants sans aucune défense et qui ont été roués de coups.
Pendant que nos camarades aux banderoles se faisaient molester dans les gradins, sur la piste, enchaînés, impuissants, nous recevions tour-à-tour des coups de poings, de pieds, des gifles, des
crachats… Face à moi une jeune fille s’est retrouvée violentée avec deux sadiques venus lui déchirer ses vêtements, arracher son soutien-gorge, l’asperger d’eau comme nous tous, militante qui
sous les coups, les gestes obscènes, est restée d’une dignité exemplaire.
La pagaille générale a permis également aux aficionados de voler ou casser des portables, des caméras mais aussi de molester le cameraman de France 3 qui a très vite été éjecté hors des arènes.
Nous sommes restés soudés pendant 20 minutes au cœur des arènes, 20 minutes d’une folie qu’aucune image ne pourra retranscrire car la haine, la véritable haine, nous arrivait comme une vague du
public en même temps que les coups. Face à moi, dans les gradins, plusieurs spectateurs tenaient leur poing devant, pouce baissé, pour signifier aux autres que le sacrifice pouvait commencer.
Car le plus monstrueux peut-être est qu’il n’y avait aucune empathie, je n’ai entendu personne pour dénoncer ce qui était en train de se passer dans cette arène, non, que des encouragements et
des appels au meurtre. Le vrai visage de ces gens étaient visibles alors, ceux là-même qui prétendent qu’il vaut mieux défendre les hommes que les animaux sont prêts à torturer et, si besoin, à
tuer des êtres humains dès lors que ces derniers ne peuvent se défendre.
Après 20 minutes quelques chaines ont été coupées, alors la violence a redoublé d’intensité, nous avons été trainés en groupe, certains écrasés sous d’autres, tirés par les bras, les jambes, par
les cheveux comme je l’ai été, nos chaînes nous coupant la respiration. Mis à l’écart les coups sont arrivés de partout à la fois et les gendarmes ont assuré le strict minimum, enfin, il serait
plus juste de dire qu’ils n’ont rien assuré du tout car ils n’étaient visiblement pas là pour nous protéger mais pour laisser faire.
A la sortie le spectacle était apocalyptique, nous ressemblions tous à des zombies, blancs de poussière, boitant, comparant nos blessures mais pas peu fiers d’avoir pu troubler ce spectacle de
pure barbarie.
Certains des militants ont fini aux urgences, tous ont été violentés d’une manière ou d’une autre, mais cet acte de résistance doit aujourd’hui servir à montrer ce que nous n’avons plus le droit
d’accepter car malgré notre action, malgré les coups et le reste, 6 veaux ont été torturés à mort à Rodilhan sous les applaudissements et la joie d’une foule enivrée de violence, pas seulement de
violence…
Les jeux du cirque ce n’est plus tolérable en 2011, ce n’est plus acceptable ou alors cela signifie que l’homme est toujours un barbare… Le 8 octobre 2011, dans les arènes de Rodilhan, il n’était
pas permis d’en douter.
Christophe Marie
Très beau témoignage de Delphine Simon
Un témoignage
Quand on est arrivés près des arènes, par petits groupes de deux, on est passés près du camion où vous attendiez, sans le savoir, votre massacre prochain…
Alors je vous ai envoyé une pensée, « on va faire en sorte d’empêcher le massacre »…
Et puis on est rentrés, comme hors du temps, dans cette arène, malaise, je regardais les gens autour de moi et je me demandais, comment peuvent-i...l venir là comme s’ils venaient au
théâtre ? Ils riaient, se disaient bonjour, attendaient… Nous nous savions… qu’ils allaient être surpris… Alors ça nous donnait la force…
15h50, le coup de sifflet, on déploie les banderoles ; il leur a fallu moins de trois minutes pour intervenir, une dizaine de fous furieux qui nous ont sauté dessus, certains sont montés
directement, d’autres tiraient d’en bas, donnaient des coups de balais, ils arrachaient, tiraient hurlaient… Ce n’étaient pas des êtres humains que nous avions en face de nous…. C’étaient
des psychopathes…
Une fois les banderoles arrachées, ils se sont apaisés un peu, mais ils n’avaient pas encore vu qui se passait en bas… Nos amis de combat s’étaient enchaînés sur le sable de l’arène ; plus
de 50 personnes criaient « Abolition ! Abolition ! » en levant le point…
J’ai essayé d’aller récupérer une banderole, mais un type m’a poussée dans l’escalier en me donnant un coup de pied et en me disant que ça suffisait ; son regard en disait long sur ce qu’il
me ferait si j’essayais de remonter dans les gradins avec ma banderole…
Ca ne servait à rien, j’ai lâché ma banderole, je suis descendue, et j’ai sauté au milieu pour rejoindre mes amis… mes amis de combat..
Pas de chaîne alors je me suis mise au milieu du cercle pour crier avec eux « Abolition ! Abolition ! La torture n’est pas notre culture ! »
De là où j’étais, je pouvais voir les visages déformés par la haine de ces gens qui tapaient sur les miens, qui arrachaient leurs vêtements, qui arrosaient avec le puissant jet d’eau de
pacifiques militants enchaînés, sans défense…
Comment comprendre ces êtres dans les gradins qui éructaient leur violence et réclamaient notre mise à mort en baissant le pouce vers la terre ?
Comment se sentir de la même espèce que ces gens-là ? Comment les considérer comme des humains ? Humains ???
Mais qu’importe, nous ne pensions qu’à vous qui attendiez, sans le savoir, votre dernière heure, dans ce camion derrière les arènes…. Pour vous… Il fallait tenir… Si on tenait suffisamment
longtemps, ils annuleraient…
Ils ont hurlé, frappé, ils ont tiré, ils ont déchiré, ils ont donné des coups de poings, des coups de pieds, ils ont réussi à nous trainer hors de l’arène, un par un, parce que pour eux, ce
qui comptait, ce n’était pas ce que nous faisions, ou pourquoi nous le faisions, mais que le « spectacle » puisse commencer….
Après qu’ils aient fini leur sale boulot, le premier, les portes se sont fermées finalement…
La fin d’un espoir, la fin de notre espoir de vous sauver hélas…
Après avoir repris mes esprits, ne sachant plus trop quoi faire, je me suis dirigée vers le camion, j’ai posé ma main sur la tôle, j’ai fermé les yeux, et je vous ai envoyé une pensée… pour
vous demander pardon d’avoir échoué, mais nous étions là, nous l’espèce humaine, l’espèce « humaine » ;
On sera là chaque fois… On ne lâchera pas tant qu’en France et dans le monde, on pourra torturer des animaux juste pour le plaisir…
Alors je ne sais pas si vous nous avez entendus, si vous avez senti notre présence, je sais juste que ce matin, quand je me suis levée, comme beaucoup d’entre nous présents hier, oui
j’avais mal, au bras, au dos, à la tête, mais ce qui faisait le plus mal, c’est de devoir se réveiller dans un monde un peu moins beau… sans vous.
Alors j’ai cherché vos noms sur internet… sur les site taurins.. ; je voulais vous dédier notre action, mais ils ne sont même pas cités, vos noms…. Juste « 6 toritos de Dos Hermanas , «
propriété » de Patrick Laugier ; c’est tout ce que nous saurons de vous, ça et que vous êtes morts sous les coups des apprentis tortionnaires…
Avant que nous repartions, nous avons attendu les derniers.. Ceux d’entre nous qui étaient restés pour filmer la suite, ou prendre des photos… Une pensée pour notre ami qui nous a rejoint
et qui n'a pu retenir ses larmes… parce qu’il a dû assister à la suite… Merci à lui… Merci à tous ceux qui étaient présents ce 8 octobre pour dénoncer la barbarie… et à tous ceux qui
n’étaient pas présents mais qui luttent chaque jour pour qu'on arrête le massacre…
A vous les six veaux sans nom, votre calvaire est terminé, quand la corrida sera abolie, on vous enverra une pensée… A vous qui êtes tombés sous les coups des apprentis tortionnaires…
Et pour l’heure, au nom de l’espèce Humaine… Pardon…
Voici le communiqué ci-dessous que nous venons d’envoyer aux médias. Merci de le diffuser au maximum par tous les moyens à votre disposition et aussi aux
politiques qui cautionnent la violence et la haine de la lie de la société : les aficionados. Des centaines de photos ont été prises par des militants, des films également. Tous les
agresseurs vont être identifiés. Les plaintes commencent à être déposées dès aujourd’hui. Nous espérions 80 militants pour une action de ce type et nous étions 95. Une vague d’indignation
active est en route et elle va s’amplifier. En 2012, les taureaux voteront !
En fin de page, les liens pour les reportages de France 3.
A bientôt pour la suite !
Bien à vous
Pour le CRAC Europe et ses partenaires
Jean-Pierre Garrigues
www.anticorrida.com
COMMUNIQUÉ DU CRAC EUROPE
POUR LA PROTECTION
DE L’ENFANCE
9 octobre 2011
Du pain et des jeux ! Écoles de torture, écoles de la violence !
Samedi 8 octobre à 15 h 50, les associations CRAC Europe pour la protection de l’enfance (France), Droits des animaux (France) et Animaux en Péril (Belgique) ont investi les arènes de
Rodilhan, petit village à quelques kilomètres de Nîmes. Elles étaient soutenues par Farm Sanctuary (Belgique), Respectons, le CLAM, la Fondation Brigitte Bardot, la BAC Marseille, le groupe
de Lutèce et Minotaure Films. L’agglomération nîmoise organisait la finale de « Graines de toreros ». Spectacle gratuit, payé par les contribuables, bien entendu. Spectacle au cours
duquel six veaux devaient être torturés à mort, hurlant de douleur sous les coups d’épée d’apprentis tortionnaires. Notre objectif : empêcher la tenue de ce spectacle ignoble par une action
pacifique d’occupation de l’arène.
À 15 h 50 donc, 30 militants ont déployé dans les gradins une quinzaine de banderoles pendant que 65 autres pacifistes allaient s’enchaîner sur le sable. C’est alors que le monde de la
tauromachie a montré une fois de plus son vrai visage : celui de la haine, de la violence ; celui de la barbarie. Les 65 militants ont été tout simplement roués de coups : coups de
pied et coups de poing à la tête et dans le dos. Bras, pieds et jambes tordus. Certains militants ont été traînés par les cheveux. Des spectateurs sont descendus dans l’arène pour participer à la
curée. D’autres debout, le bras tendu, poing serré et pouce vers le bas, demandaient notre mise à mort. Cette sauvagerie, cette pluie de coups a duré près d’une demi-heure pour celles et ceux qui
ont résisté le plus longtemps. Aucun militant n’a répliqué, aucun militant n’a insulté. Les consignes étaient claires et ont été respectées à la lettre.
Ivres de haine et aussi d’alcool pour bon nombre d’entre eux, des spectateurs se sont attaqués à un caméraman de France 3 (info diffusée sur France 3 Sud samedi 8 octobre, au journal du
soir). Vingt militants portent plainte dès aujourd’hui et font constater leurs blessures. Une militante a le pied fracturé, de nombreuses contusions, elle est en état de choc et vient d’obtenir
une ITT de plus de huit jours.
Nous n’en resterons pas là, d’autres actions viendront, plus fortes, plus nombreuses, toujours pacifiques. Faudra-t-il que des militants soient gravement blessés ou y laisse leur vie pour
qu’enfin les politiques prennent leurs responsabilités ? Manuel Valls, grand défenseur de la corrida, en ce jour de primaire socialiste, se met clairement du côté de la populace
violente et haineuse. Du côté des tortionnaires, des sadiques et des assassins en puissance. Quand on est capable de torturer des animaux pour le plaisir, on est capable de s’attaquer à des
militants pacifistes qui ne se défendent pas non plus. Le monde de la corrida est le monde de la lâcheté et de la violence !
Saluons enfin le « courage » du ministre de l’Inculture, Frédéric Mitterrand, pour avoir élevé au rang de patrimoine culturel de la France ce spectacle abject !
Pour l’ensemble des courageux militants
Jean-Pierre Garrigues
Vice-président du CRAC Europe
Vidéo sur le site de France 3: http://languedoc-roussillon.france3.fr/info/mano-a-mano-muscle-dans-les-arenes-de-rodilhan-70729541.html?onglet=videos&id-video=000323241_CAPP_ManomanomuscldanslesarnesdeRodilhan_081020111818_Au
L'action a fait l'ouverture du journal de France 3 région hier soir...
http://www.pluzz.fr/jt-19-20-languedoc-roussillon-2011-10-08-19h00.html
Ils disent que leur journaliste a été pris à partie par les aficionados et que 20 plaintes pour coups et blessures vont être déposées.
http://www.objectifgard.com/article-tensions-entre-anti-et-pro-corridas-lors-de-la-finale-de-graines-de-torero-ce-samedi-08-octobre-201-86170903.html