action protection animale
En Thaïlande, de rares images du cruel dressage des "éléphants à touristes"
Stressés, enfermés, maltraités une vidéo illustrant la violence du dressage des éléphanteaux destinés à être employés dans la lucrative industrie du tourisme en Thaïlande a été diffusée par des écologistes, qui exhortent à l'arrêt immédiat de ces pratiques.
Un éléphant n'obéit pas naturellement, il se soumet. Pour le dresser à des fins touristiques, le mahout (dompteur) utilise la technique du "phajaan" qui consiste à "briser son esprit".
Séparé de sa mère, soumis à un stress important, il est enfermé dans un étroit enclos, maintenu par des chaînes et des cordes, d'après ces images filmées en caméra cachée l'année dernière en Thaïlande et publiées mercredi par le groupe britannique de défense des animaux World Animal Protection (WAP).
La vidéo montre le mahout piquer le jeune pachyderme avec une tige surmontée d'une pointe aiguisée en métal pour lui faire comprendre les commandes de base, ce qui provoque parfois des saignements.
"Le but est d'obtenir une domination complète grâce à des récompenses et des punitions. Il faut lui faire comprendre que désobéir est douloureux", explique Jan Schmidt-Burbach de la WAP qui déplore les nombreux "dommages physiques et psychologiques" infligés à l'animal.
Transporter des touristes sur leur dos, se baigner avec eux, exécuter des tours comme dans un cirque : quelque 3.000 éléphants sont habituellement employés dans l'industrie du tourisme en Thaïlande. Mais les pachydermes sont au chômage depuis le verrouillage du pays pour cause de pandémie.
Plus d'un millier d'entre eux, menacés par la faim, ont fui les camps désertés pour regagner leur village natal, une vague migratoire d'une ampleur sans précédent sur une aussi courte période.
Les écologistes se prennent à espérer que cette crise soit mise à profit pour entamer une large réflexion sur la place de l'éléphant domestique dans le pays. "Il faut absolument promouvoir davantage un tourisme fondé uniquement sur l'observation", relève Jan Schmidt-Burbach.
Le nombre d'éléphants en captivité a bondi de 30% en 30 ans et le secteur manque cruellement de régulation. Une fois domestiqué, l'animal est considéré comme du simple bétail d'après la loi thaïlandaise, à l'inverse des éléphants sauvages, protégés.
bloquéDeux-Sèvres. Dénoncé par l’association L214, l’éleveur de lapins de Nueil-les-Aubiers condamné
Des lapins plongés dans l’obscurité, un système de ventilation non conforme… : c’est après une vidéo diffusée par l’association L214 qu’un éleveur de Nueil-les-Aubiers a été jugé.
Clairement montré du doigt en août 2019 dans une vidéo diffusée par l’association L214, Yannick, éleveur de bovins et de lapins à Nueil-les-Aubiers, n’a pas échappé à un renvoi, mercredi 24 juin, devant le tribunal de police. Agé de 51 ans, ce professionnel ne s’est pas présenté à la barre, laissant à son avocat le soin d’expliquer qu’il est d’abord et avant tout un homme de bonne volonté
, exerçant dans le giron d’une coopérative, faisant ce qu’on lui demande de faire
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ROQUEFORT SOUFFRANCE D'ORIGINE GARANTIE !
LA FACE CACHÉE DU ROQUEFORT
Le roquefort est produit à partir du lait de brebis. Pour produire ce lait, les brebis doivent donner naissance à un ou deux petits chaque année. Ainsi, plus de 500 000 agneaux naissent chaque année pour la production du roquefort. En surnombre, les trois quarts d’entre eux sont envoyés dans des élevages intensifs où ils seront engraissés pour la viande. Comme c’est le cas dans cet élevage d’Aveyron, la SARL Grimal, une des plus grosses exploitations de France. Les agneaux sont entassés dans des enclos sans accès à l’extérieur. Certains agonisent lentement dans l’élevage et meurent avant d’atteindre 4 mois, âge auquel ils sont envoyés à l’abattoir.
Une partie de ces agneaux est tuée à l’abattoir d’Arcadie Sud-Ouest, près de Rodez. Certains reçoivent des chocs électriques censés les insensibiliser et provoquer une crise cardiaque. Ici, le procédé n’est pas maîtrisé par les employés, si bien que des animaux reçoivent le choc sans être étourdis. D’autres sont égorgés à vif. Les agneaux se voient mourir les uns les autres. Beaucoup sont suspendus encore conscients sur la chaîne d’abattage.
Ces graves infractions avaient déjà été constatées dans un rapport vétérinaire en 2016. Quatre ans plus tard, rien n’a changé. Exigeons la fermeture de cet abattoir.
Un rapport vétérinaire de 2016 accablant
En 2016 déjà, les pratiques de mise à mort des animaux à l’abattoir d’Arcadie Sud-Ouest étaient désastreuses.
Une inspection vétérinaire détaillée avait attesté plusieurs « non-conformités majeures ». On peut notamment lire dans le rapport que les animaux voient
mourir ceux qui les précèdent en raison d’une « absence de rideau de masquage au poste de mise à mort », et qu’ils sont « systématiquement hissés conscients ». L’abattoir se voit attribuer la pire évaluation : « non-conformité majeure » pour la mise à mort des animaux !
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AÏD 2020 : VERS UN REMPLACEMENT DU SACRIFICE PAR UN DON AUX VICTIMES DE LA COVID-19 ?
Paris, le 24 juin 2020
Monsieur Didier Guillaume
Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
Monsieur Christophe Castaner
Ministre de l’Intérieur en charge des cultes
Monsieur Mohammed Moussaoui
Président du Conseil Français du Culte Musulman
Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président,
Avec 1300 salariés infectés par le coronavirus, l’abattoir de Rheda-Wiedenbrück est le plus grand foyer en Allemagne depuis le début de la crise sanitaire. En France aussi les abattoirs sont de véritables « clusters » du virus, mais rien n’est fait pour arrêter cette folie qui, en plus de faire des millions de victimes animales quotidiennes, tue désormais des employés !
Le 31 juillet prochain, les sacrifices de l’Aïd el-Kebir multiplieront les abattages sans étourdissement préalable et les rassemblements dans les abattoirs (pérennes et temporaires) mais aussi sur des sites clandestins où la règle est… de n’en respecter aucune.
Messieurs, à vous trois vous avez le pouvoir de suspendre les sacrifices de l’Aïd el-Kebir. Si le sort des animaux vous indiffère, agissez au moins dans l’intérêt des personnes que vous exposez à des risques réels comme nous le montre aujourd’hui encore l’exemple allemand.
En Arabie Saoudite, le Prince Khaled Bin Alwaleed et des représentants du culte musulman souhaitent appeler les Saoudiens à remplacer le sacrifice du mouton par un don au profit des plus démunis ou victimes de la pandémie.
Je vous demande, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président du Conseil Français du Culte Musulman, de relayer ce même appel en France, de décréter une trêve pour épargner à la fois les animaux et employés d’abattoirs… Ce monde « d’après » ne doit pas être un monde d’archaïsme et de barbarie !
Vous avez le pouvoir d’agir, le pouvoir d’éviter de nouveaux « clusters » et de nouvelles victimes. Ne soyez pas coupables d’inaction, ce pouvoir est une responsabilité, agissez !
Brigitte Bardot
Présidente
Transport d’animaux vivants : une commission va mener l’enquête
Les membres de cette commission enquêteront sur leur abreuvement, leur alimentation et leur litière, et sur la température et le système de ventilation pendant le transport.
Le Parlement européen vient de voter la création d’une commission d’enquête chargée de plancher sur l’application des règles européennes relatives au bien-être des animaux lors de leur transport. Une commission attendue de pied ferme par bon nombre d’associations de protection animale.
Le 19 juin, les eurodéputés ont voté, par 605 voix pour, 53 contre et 31 abstentions, la création d’une commission d'enquête sur les conditions de transport des animaux vivants. Composée de 30 membres, dont les noms seront dévoilés dans les prochaines semaines, cette commission aura un an pour passer au peigne fin l'application des règles européennes en matière de bien-être animal lors des transports à l'intérieur et à l'extérieur de l’Union européenne (UE).
Transport routier, aérien, ferroviaire, maritime, tous les modes de transport entreront dans le périmètre de l’étude, au même titre que les opérations connexes. "Les futurs membres de la commission vont examiner comment les États membres assurent le respect des règles de l'UE sur la manipulation des animaux transportés, sur les longs trajets, sur la prévention des retards et sur le transport des animaux inaptes et ceux qui n'ont pas encore été sevrés", précise le communiqué de presse. En parallèle, ils enquêteront sur leur abreuvement, leur alimentation et leur litière, et sur la température et le système de ventilation pendant le transport.
Si le groupe des Verts/ALE plaidait de longue date pour une telle commission d'enquête, en France, cinq associations pour la protection animale, à savoir CIWF, Welfarm, la Fondation Brigitte Bardot, la LFDA et L214, ont adressé le 8 juin une lettre au ministre de l’Agriculture pour dénoncer "des infractions toujours nombreuses et les contrôles et pénalités quasi inexistants vis-à-vis de la réglementation européenne concernant le transport d’animaux sur de longues distances" et appeler "à prononcer dès aujourd’hui l’interdiction, par voie d’arrêté ministériel, de toutes les exportations d’animaux vivants à destination des pays hors Union européenne".
En Indonésie, à la rencontre des dragons de Komodo et de leurs « jumeaux » humains
Le dragon de Komodo, animal de légende tout droit sorti de la préhistoire, j'ai eu la chance d'en côtoyer de vraiment très près au parc de Thoiry lors de stage animalier, quand on approche un tel animal cela vous marque à vie.
Bruno Ricard
Rinca, Flores, Komodo… A 500 kilomètres de Bali, des îles abritent une créature des plus féroces : le varan (ou dragon) de Komodo. Sa cohabitation avec les touristes se fait tant bien que mal. Mais, pour les Indonésiens, il est une figure aussi légendaire que gémellaire.
A bord d’une barque à moteur, Sidik, jeune marchand de noix de coco, a quitté à l’aube son village de Komodo, sur l’île du même nom, et bravé les courants contraires du détroit de Lintah où les eaux de la mer de Flores entrent en collision avec celles de l’océan Indien. Il ne cache pas sa colère : « Si le gouvernement nous déplace de force sur une autre terre, tous les dragons de Komodo déserteront l’île et nous rejoindront à la nage, même s’ils n’aiment pas vraiment nager, parce que nous sommes frères et sœurs jumeaux, et que rien ne peut nous séparer ! » Une heure plus tard, le voilà qui installe son stand de boissons et de souvenirs sur une plage déserte de l’île de Padar. Déjà, les premiers hors-bord accostent, débarquant des dizaines de touristes venus du monde entier et partis du petit port de Labuan Bajo, à la pointe occidentale de Flores, pour une croisière à la rencontre des plus grands et féroces varans de notre planète, les célèbres «dragons» de Komodo. L’île aride de Padar est leur première escale dans le parc national de Komodo, créé en 1980 pour préserver cette espèce unique au monde et son habitat.
Les dragons de Komodo ont disparu de l’île de Padar
Les visiteurs n’entendent pas la colère du vendeur de noix de coco. Ils se lancent sur le sentier de randonnée qui grimpe le long d’une crête rocheuse, éblouis par la beauté archaïque de cette mosaïque d’îlots de terre rouge, cuits par un soleil impitoyable, encerclés d’anses aux eaux émeraude que froissent parfois les nageoires des raies manta aux allures de drones sous-marins. Voilà le royaume fantastique des quelque 3 000 dragons de Komodo qui peuplent encore la savane et la forêt de cinq îles ( Rinca, Komodo, Gili Motang, Kode et Flores ) de ce minuscule archipel qui en compte vingt-neuf. A Padar, ils ont totalement disparu. Ce n’est qu’en 2008 que les médias indonésiens s’en sont émus. Mais les responsables du parc affirment que, depuis 2000, plus aucune empreinte de patte ni trace d’excrément n’a été trouvée. Contrairement à d’autres espèces classées vulnérables par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les varans de Komodo ne sont pas tués pour leur chair, bien trop coriace, ni pour leur peau incrustée de plaques osseuses qui constituent une véritable cotte de mailles. Leur disparition de l’île de Padar est attribuée aux braconniers qui ont brûlé les forêts pour chasser les cerfs, nourriture principale de ces grands reptiles à la technique de chasse très particulière.
Le mythe l’affirme : sans dragon, l’homme disparaît
L’origine de ces lézards géants demeure obscure. En 1912, c’est un Hollandais, Pieter Ouwens, directeur du musée zoologique de Buitenzorg (actuelle Bogor), qui les a baptisés Varanus komodoensis, du nom de l’île de Komodo sur laquelle ils avaient été documentés deux ans plus tôt par un administrateur des Indes néerlandaises. Mais les premières études scientifiques sérieuses ne datent que des années 1970, lorsque le biologiste américain Walter Auffenberg séjourna plusieurs mois sur l’île de Komodo. Une première théorie avança que l’ancêtre du Varanus komodoensis était un petit varan devenu géant à cause du caractère insulaire, donc isolé, de son habitat. Une spécificité géographique qui aurait favorisé la croissance de ces reptiles géants qu’aucun prédateur ne menaçait.
Mais en 2009, cette théorie s’est écroulée après la découverte, en Australie, de fossiles d’un lézard encore plus grand, Megalania prisca, vieux de 300 000 à 4 millions d’années, qui serait l’ancêtre géant des dragons de Komodo. Lors de la baisse du niveau des mers au cours de la dernière période glaciaire, Megalania aurait migré vers l’ouest par voie terrestre, l’Australie et l’Indonésie étant alors reliées. Une violente montée des eaux, il y a environ 20 000 ans, en aurait piégé sur ces petites îles de la Sonde. Mais ces hypothèses scientifiques n’expliquent pas pourquoi les varans ont survécu jusqu’à nos jours dans leur nouvel habitat, alors que leurs aïeux ont disparu d’Australie il y a environ 40 000 ans. Les villageois de Komodo, qui appellent ces varans géants ora, répondent à ce mystère par un mythe : celui de la princesse Dragon, qui aurait accouché de jumeaux : un humain et une ora. Nés d’une même matrice, l’homme et la bête veillent depuis à leur bien-être réciproque, convaincus que l’extinction de l'un entraînerait inéluctablement celle de l'autre. Et réciproquement.
Or, en août 2019, le gouverneur de la province des Petites Iles orientales de la Sonde, Viktor Laiskodat, a déclenché la colère des 400 familles de l’île (environ 2 000 habitants) en décrétant qu’elles étaient des « populations sauvages », des squatters qui devaient être déplacés, et que le parc national serait fermé pendant un an pour permettre la « revitalisation de son écosystème » et faire en sorte que les dragons ne connaissent pas le même sort que sur l’île de Padar. La réaction des villageois ne s’est pas fait attendre : en septembre, une délégation est allée manifester devant le ministère du Tourisme à Jakarta, la capitale indonésienne, que 2 000 kilomètres et quatre détroits séparent de l’île de Komodo. Les protestataires réclamaient du gouvernement qu’il reconnaisse leurs droits de propriété et de pêche sur leurs terres et dans leurs eaux ancestrales, et accepte la loi coutumière comme base légale de participation à la gestion du parc national, dont la communauté locale est exclue depuis sa création en 1980.
Paradoxalement, la reconnaissance de l’archipel de Komodo comme patrimoine mondial de l’humanité et «réserve pour l’homme et la biosphère» par l’Unesco, en 1986, fut une consécration qui a davantage marginalisé les habitants. La dictature militaire de l’époque les avait regroupés sur un seul site, à trois kilomètres de l’entrée du parc, loin du point d’entrée des touristes. En 2020, ils vivent encore dans des cabanes sur pilotis souvent délabrées avec un accès limité à l’électricité, à l’eau douce, à l’éducation et aux soins. Le gouvernement indonésien a finalement renoncé à fermer le parc, mais dans les rues de Labuan Bajo, la rumeur court qu’il en coûtera bientôt près de 1 000 dollars aux touristes pour avoir le privilège de débarquer sur Komodo…
Le dragon de Komodo, une icône de la diplomatie indonésienne
Les varans géants ne seraient-ils pas si menacés ? « En 2018, on en comptait 2 897 et, en 2019, 3 025, souligne Ande Tefi, le directeur adjoint du bureau du parc national. Leur nombre reste stable, même s’il varie d’une année sur l’autre. En revanche, les touristes, eux, sont en forte augmentation depuis que le parc a été inscrit, en 2012, sur la liste des « sept nouvelles merveilles de la nature du monde » ( un classement établi par une association suisse ). En 2019, le parc a enregistré 122 703 visiteurs, dont 25 % d’Indonésiens. Mais ils ne perturbent pas les reptiles car seuls 5 % de la superficie du parc leur est ouverte. » Quant aux autres revendications des villageois, elles sont restées lettre morte.
Le lézard endémique, lui, a droit à tous les honneurs. Dans les années 1970, il était déjà devenu une icône de la diplomatie indonésienne lorsque deux dragons avaient été offerts aux Etats-Unis en échange d’un couple d’oies américaines. En 1975, les services de renseignement indonésiens ont choisi le nom de code Komodo pour préparer l’invasion sanglante du Timor oriental. En 2012, deux dragons adultes ont été échangés avec la Chine contre un couple de pandas. Aujourd’hui, le dragon de Komodo est devenu le produit d’appel d’une nouvelle destination touristique, qualifiée de super premium par le gouvernement, pour désengorger Bali. En janvier 2020, le président indonésien Joko Widodo, en visite à Labuan Bajo, a annoncé que cette bourgade balnéaire, principale porte d’entrée du parc national de Komodo, accueillerait en 2023 le sommet du G20, dont l’Indonésie est un des pays membres.
Les varans de Flores, victimes collatérales de la chasse aux cerfs
Si le gros lézard semble se porter relativement bien à l’intérieur du parc national, sa situation reste incertaine en dehors. Sur Flores, l’organisation indonésienne Komodo Survival Program cartographie depuis 2012 la présence des varans. Les 330 caméras de surveillance infrarouge qu’elle a placées sur 1 400 kilomètres le long du littoral ouest et nord ont capturé en trois ans de nombreuses images de dragons sur quatre sites. « Nous estimons qu’il en reste environ 500 dans ces zones, indique Achmad Ariefiandy, directeur de projets au sein du Komodo Survival Program. Nous ne possédons pas de chiffres antérieurs pour savoir si leur population a diminué ou non, mais au vu de l'état de leur habitat, sur lequel les humains empiètent de plus en plus avec leurs cultures, il est clair que les varans de Flores sont menacés. »
Avec ses collègues botanistes et anthropologues, en coopération avec le département national et régional de Conservation des ressources naturelles et des écosystèmes et le soutien financier de l’association européenne des Zoos et des Aquariums, Achmad Ariefiandy n’accomplit pas seulement un travail de surveillance et de comptage des populations de varans. Il s’emploie aussi à former les communautés locales à la préservation des reptiles géants, en leur proposant des alternatives économiques. « Avant notre intervention sur le terrain, en effet, les villageois ignoraient que les dragons étaient une espèce protégée, explique-t-il. Ici, ils ne les appelaient pas dragon de Komodo mais rugu ou mbau. Ils les considéraient comme des prédateurs pour le bétail et les tuaient. Les varans attaquent principalement pendant la phase d’accouplement, de juin à septembre, lorsqu’ils recherchent activement un partenaire ou des sites de ponte. Pendant cette période, l’association encourage donc les éleveurs à garder les chèvres dans un enclos plutôt que de les laisser paître librement dans la savane où elles peuvent être une proie facile. Pour compenser leurs efforts, le Komodo Survival Program développe avec eux des projets de production d'engrais et de biogaz à partir du fumier ce qui permet de générer des revenus alternatifs.
Sur Flores, les varans sont aussi des victimes collatérales de la chasse aux cerfs. Dans le nord de l’île, la petite péninsule de Toro Padang l’a longtemps pratiquée selon les règles du droit coutumier. Cette chasse rituelle, appelée larik, ne durait que trois jours, une fois par an. Mais avec l’érosion de la coutume, la chasse a dégénéré, la population de cerfs s’est retrouvée au bord de l’extinction, ce qui poussa les reptiles affamés à s’attaquer au bétail dans les villages.
L’association d’Achmad Ariefiandy a travaillé de longs mois avec les chefs locaux pour revitaliser le larik, son protocole, ses danses et ses tabous. D’un commun accord, la chasse a été réduite à deux jours, une fois tous les deux ans, pour laisser le temps à la population de cerfs de se renouveler. « A Toro Padang, nous n’avons pas de mythe sur les mbau, raconte Ibrahim, le chef du droit coutumier de la tribu baar, une des plus anciennes communautés locales. Mais nous avons le récit du long voyage en quête d’immortalité qui a conduit les Sept Ancêtres de notre tribu jusqu'ici. » Pour entendre cette histoire en forme de parabole, il faut marcher au côté de Faidal, le fils d’Ibrahim, à travers la savane, la mangrove, les déserts de sel, les forêts de pins, aux abords des petites grottes où les dragons de Komodo pondent leurs œufs, et jusqu’aux plages immaculées de Toro Padang où des chevaux s’abreuvent à une source d’eau douce qui jaillit, dit la légende, lorsque les Sept Ancêtres brisèrent leur jarre par mégarde. Chaque rocher, chaque arbre marque une étape de la longue errance des héros mythiques de la tribu, qui ont traversé plusieurs océans, hantés par le chagrin de devoir un jour mourir. « Les Sept Ancêtres, conclut Ibrahim, comprirent au terme de leur voyage qu'il n’y avait pas d’immortalité, qu'il n’y avait que la vie, si précieuse. »
Contrairement aux rangers du parc national de Komodo, armés de fourches en bois pour éloigner les varans, Faidal chemine les mains vides. « Ici, à Flores, dit-il, les mbau n’ont jamais attaqué personne. Ce sont des animaux très craintifs. Dans le parc national, c’est parce qu’on leur jetait des cerfs en pâture qu’ils ont pris l’habitude de s’approcher des humains, sans plus les craindre. Mais cette pratique est aujourd’hui interdite. Chez nous, pour les apercevoir, il faut être patient, discret, camper une ou deux nuits sur la plage, là où ils viennent réchauffer leur sang froid au soleil matinal. Les caméras de l’association en ont capté vingt-sept. Mais il y en a certainement plus. » En 2019, trois bébés varans ont été saisis dans le port de Surabaya, sur l’île de Java, à 1 500 kilomètres de là. Ils avaient été volés à Toro Padang et allaient être expédiés en Chine, peut-être pour y être réduits en poudre médicinale. Ils ont été reconduits sur cette terre ancestrale qu’ils partagent, selon la tradition de Komodo, avec leurs « jumeaux », les hommes, pour le meilleur et pour le pire.
Pandémie.Rafiki, un des gorilles les plus célèbres d’Ouganda, tué par des braconniers
Quatre hommes ont été arrêtés après la mort de Rafiki, un gorille à dos argenté, une espèce menacée. En vidant les parcs nationaux de leurs visiteurs, l’épidémie de Covid-19 a laissé le champ libre aux braconniers.
L’alerte a été donnée le 1er juin, lorsque le groupe de gorilles à dos argenté du parc de Bwindi, au sud-ouest de l’Ouganda, a été aperçu sans son chef. Rafiki, un mâle dont l’âge était estimé à 25 ans et dont l’espèce est menacée, menait habituellement toujours ce groupe de 17 singes. Vingt-quatre heures plus tard, il était retrouvé mort. Les premières constations ont révélé que “Rafiki a été tué par un objet tranchant qui a atteint ses organes internes”, explique le journal ougandais The Independent.
Quatre hommes ont été arrêtés, ont indiqué les autorités vendredi 12 juin. L’un d’eux “a reconnu avoir blessé mortellement le gorille”, mais a plaidé la légitime défense, expliquant que “le groupe de gorilles les avait chargés alors qu’ils chassaient des cochons sauvages”, poursuit The Independent.
L’affaire est devenue un des gros titres de la presse nationale car Rafiki était une petite star dans le pays. Cet habitant de la Forêt impénétrable de Bwindi, comme on appelle cette zone frontalière avec le parc de Virunga de la République démocratique du Congo, était une des figures de la faune du pays. Il était l’héritier du groupe Nkuringo, le premier habitué au contact avec les humains, et notamment avec les touristes.
C’est d’ailleurs la disparition de ces visiteurs ces dernières semaines qui semble avoir mené à la mort du grand singe. Avec la pandémie de Covid-19, les parcs nationaux sont désertés, laissant le champ libre aux braconniers.
“Le confinement dû au Covid-19 a créé une augmentation des cas de braconnage”, écrit The Independent, indiquant que les ONG de préservation de la faune plaident pour “un renforcement des mesures de protection des animaux en danger”. Les quatre suspects risquent la prison à vie.









