Dès ce mercredi, le plus prestigieux rendez-vous du cinéma mondial est en fête. Retour sur quelques-uns de ses plus beaux souvenirs.
Et Bardot créa le Festival Que serait devenu le Festival de Cannes sans Brigitte Bardot ? Peut-être un événement majeur pour l’élite du cinéma, comme la Mostra et la Berlinale, mais sans le frémissement sensuel qu’on attend des apparitions de stars sur la Croisette. Ce petit truc en plus qui en a fait la première attraction culturelle au monde. Dès 1952, Bardot se prête au jeu des apprenties vedettes en bikini sur la plage, mais c’est en 1956, avec « Et Dieu créa… la femme », qu’elle enfièvre le Festival.
Des couples éternels… ou pas Chaque année en mai, Hollywood envoie ses plus beaux bijoux au Festival, hors ou en compétition. Du glam éternel et un témoignage de la vie amoureuse des stars… souvent compliquée. De 2005 à 2011, de Jennifer Aniston à Angelina Jolie, Brad Pitt a Cannes à ses pieds.
La joie de Roberto Benigni 1998. Roberto Benigni reçoit le grand prix pour « La vie est belle » et étreint chaleureusement le président du jury, Martin Scorsese, avant de se prosterner à ses pieds, pour le remercier.
Une histoire belge Depuis la Caméra d’or obtenue par Jaco Van Dormael en 1991 pour « Toto le héros » et le passage remarqué de « C’est arrivé près de chez vous » l’année suivante, le Festival de Cannes est le témoin privilégié de l’essor du cinéma belge francophone. En 1996, Daniel Auteuil partage le prix d’interprétation avec Pascal Duquenne pour « Le huitième jour », de Jaco Van Dormael. A quand la prochaine Palme d’or ?
EN IMAGES - Depuis sa première édition en 1946, la Croisette voit les plus grandes légendes du cinéma défiler sur son tapis rouge. Certains acteurs et actrices lui doivent même leur ascension dans le monde du septième art.
● 1953: Brigitte Bardot
Et Cannes créa B.B. Quelques foulées sur la plage en bikini, et Brigitte Bardot devient la starlette préférée des photographes, en 1953. Trois ans plus tard, elle figure à l'affiche du film de Roger Vadim, Et Dieu créa la femme, et devient le symbole de l'émancipation féminine.
Elle remonte les célèbres marches dix ans plus tard, 1967, escortée par une meute de policiers. Son arrivée provoque l'émeute d'une horde de photographes et de fans.
À seulement 14 ans, Jean-Pierre Léaud est l'enfant chéri de Cannes, grâce au film de François Truffaut, Les Quatre cents coups qui remporte le prix de la mise en scène.
Lors du 69e Festival de Cannes, il reçoit la palme d'or d'honneur dans La Mort de Louis XIV, d'Albert Serra, présenté hors compétition.
Claudia Cardinale dans la scène de la valse dans «Le Guépard». Crédits photo : Giovan Battista Poletto/ Reporters Associati / MP / RDA
●1964: Catherine Deneuve
Catherine Deneuve est la révélation du drame musical Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, récompensé par la palme d'or. Depuis, Mademoiselle Deneuve est devenue Cannes: six décennies de présence ininterrompues et une palme d'or d'honneur, un prix d'interprétation spécial, une vice-présidence de jury.
Catherine Deneuve dans «Les parapluies de Cherbourg» en 1964. Crédits photo : Rue des Archives/Rue des Archives/Cine-Tamaris
● 1976: Robert de Niro
Robert de Niro, lui, entre dans la lumière avec Taxi Driver, un film de Martin Scorcese. Bien que hué lors de la projection, le film, qui lance aussi la carrière de Jodie Foster, remporte finalement la palme d'or lors de la cérémonie de clôture.
Jodie Foster (13 ans seulement!) et Robert de Niro à Cannes pour leurs rôles dans «Taxi driver». Crédits photo : AFP/AFP
● 1985: Juliette Binoche
En 1985, l'actrice monte les marches pour Rendez-vous, d'André Téchiné. Nue sur l'affiche de ce film primé pour sa mise en scène, elle devient l'une des comédiennes les plus sollicitées.
Désigné meilleur acteur pour son rôle dans Barton Fink, John Turturro remportera l'année suivante, cette fois en tant que réalisateur, la caméra d'or pour Mac.
Barton Fink de Joel Coen avec «John Turturro» en 1991. Crédits photo : Rue des Archives/Rue des Archives/BCA
● 1992: Sharon Stone
La grande révélation de Cannes, c'est elle. Cette année-là, Sharon Stone présente le film Basic Instinct de Paul Verhoeven, aux côtés de Michael Douglas. L'actrice devient la star du cinéma et enchaîne les nominations : Casino de Martin Scorcese, qui lui vaut un Golden Globe et une nomination aux Oscars mais aussi Total Recall, Sliver et Mort ou vif.
Émilie Dequenne n'a que dix-sept ans lorsqu'elle remporte le prix d'interprétation féminine pour son rôle dans Rosetta. Un film des frères Dardenne récompensé par la palme d'or.
Émilie Dequenne remporte le prix d'interprétation féminine pour son rôle de «Rosetta». Crédits photo : CHRISTOPHE SIMON/AFP
● 2000: Monica Belluci
C'est grâce au film Suspicion de Stephen Hopkins que Monica Bellucci foule pour la première fois le tapis rouge, en 2000. Cette année, elle est maîtresse de cérémonie pour la seconde fois. En 2006, elle faisait déjà partie du jury, sous la présidence de Wong Kar-wai.
Monica Bellucci pose sur le tapis rouge avec les acteurs Gene Hackman (à gauche), Morgan Freeman (derrière) et le réalisateur Stephen Hopkins (à droite). Crédits photo : John Schults/REUTERS
● 2013: Adèle Exarchopoulos
Fait exceptionnel durant le Festival de Cannes, Adèle Exarchopoulos partage en 2013 et à seulement 19 ans, la palme d'or avec sa partenaire à l'écran Léa Seydoux et son réalisateur Abdellatif Kechiche pour La vie d'Adèle. Depuis, l'actrice joue aux côtés des plus grands. À vingt-trois ans, elle a déjà treize ans de carrière derrière elle, avec vingt films et six prix d'interprétation.
Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos embrassent le réalisateur, Abdellatif Kechiche, après avoir reçu la palme d'or pour La vie d'Adèle. Crédits photo : Yves Herman/X00380
● 2017: Marine Vacth
Récompensée en 2013 dans Jeune et Jolie de François Ozon, Marine Vacth est très attendue cette année dans son dernier film, L'amant double, pour la 70e édition du Festival. Sera-t-elle la révélation de cette année?
Marine Vacth arrive sur la Croisette pour la projection du film Jeune et jolie (2013) . Crédits photo : Todd Williamson/Invision
Brigitte Bardot aux côtés de Jean-Paul Belmondo au 37ème gala de l'union des artistes...
Martine Cartegini (compagne du grand réalisateur Georges Lautner) a fait tous les essayages du costume de Brigitte Bardot, costume porté par Brigitte Bardot lors du 37ème gala de l'union des artistes.
Georges Lautner et Martine Cartegini au musée Paul Belmondo pour le 5 ans du musée...
Martine Cartegini avec Indi sur les genoux le 28 04 2017 invité chez Bruno Ricard...
La troisième édition de la VeggieWorld Paris se tenait le week-end dernier, au 104. A cette occasion, les visiteurs ont pu rencontrer plus de 140 exposants, un record. La chanteuse Jeanne Mas, très engagée contre la cruauté animale, était présente. Elle explique pourquoi au micro de Non Stop People.
Le week-end dernier se déroulait la troisième édition parisienne de la VeggieWorld, au 104. Et le succès attendu ne s’est pas démenti, avec un public nombreux pour découvrir le travail des 140 exposants présents, un record. « Pour la première fois, le salon affichait complet dès le mois de février, soit 2 mois avant l’ouverture des portes. Cela montre que nous passons encore une nouvelle étape et que le salon est un rendez-vous attendu de tous les professionnels du mode de vie végane. C’est très positif pour la suite », a expliqué Swantje Tomalak, directrice de VeggieWorld France.
JEANNE MAS, CHANTEUSE ENGAGÉE
Parmi les personnes présentes à ce rendez-vous, on pouvait retrouver Jeanne Mas, qui a décidé de s’engager avec la Fondation Brigitte Bardot contre la cruauté animale. « Les animaux me tiennent à coeur. En fait, je m'associe à tous ceux qui luttent contre la cruauté animale, qui est aujourd'hui totalement injustifiée. La cruauté animale a toujours été injustifiée, mais aujourd'hui, je trouve qu'elle a dépassé des normes qui sont inacceptables », a déclaré la chanteuse au micro de Non Stop People.
Les prochaines dates VeggieWorld : Düsseldorf, 9-10 septembre 2017 Zurich, 30 septembre – 1er octobre 2017 Munich, 7-8 octobre 2017 Paris, 14-15 octobre 2017 Bruxelles, 21-22 octobre 2017 Marseille, 2-3 décembre 2017 Lyon, 27-28 janvier 2018
C'est l'un des scénaristes français les plus célèbres. De Paris à Hollywood, il a rencontré le gratin du cinéma et de la pop. Souvenirs
Dans sa belle maison de Pigalle, l’intarissable scénariste Jean-Claude Carrière –de Pierre Étaix à Andrzej Wajda et de Milos Forman à Luis Buñuel, son alter ego – nous reçoit. Mais de quoi allons-nous donc lui parler ? De la Femis, la fameuse école de cinéma qu’il dirigea dix ans durant ? De Peter Brook, dont il fut inséparable ? Non, mais des six romans d’épouvante reprenant à leur compte la créature imaginée par Mary Shelley, qu’il écrivit entre 1957 et 1959. Ces Frankenstein qui reparaissent aujourd’hui*. Au grand étonnement de l’auteur.
Jean-Claude Carrière. C’était de la littérature alimentaire, évidemment, mais, quand même, j’avais un peu de dignité. Je m’étais dit qu’il fallait qu’il y ait au moins une bonne scène par livre. J’écrivais ça en dix jours, tout en passant ma licence. J’en ai fait un, puis deux et finalement six. Et tout ça sous pseudo : Benoît Becker. Vous savez, on était au moins trois à écrire sous ce pseudonyme. Je pense que le B. B. de Benoît Becker a un rapport avec Brigitte Bardot – c’était la même époque –, des initiales qui portent chance.
VSD. Bardot que vous avez croisée quelques années plus tard. Pour Viva Maria, oui. Un jour, la productrice Micheline Rozan nous invite à boire un verre chez elle. Jeanne Moreau était là – elle habitait juste au--dessus –, le compositeur Georges Delerue aussi et, tout à coup, on sonne à la porte : Jeanne va ouvrir, Brigitte entre – ça n’était pas prévu – avec une rose pour Jeanne. Les deux filles nous font asseoir, Delerue se met au piano, et elles nous chantent les chansons que je leur avais écrites et qu’elles avaient apprises sans nous le dire. Un moment merveilleux pour tout amateur de cinéma.
Luis Buñuel oblige, vous avez souvent séjourné au Mexique. C’est de là-bas, en 1968, que vous avez rejoint New York pour la première fois. L’année 1968 a été une année folle. Au début, je suis en effet au Mexique avec Buñuel où on finit La Voie lactée, une histoire d’anges et de mystère, quand Milos Forman m’envoie un message me demandant de m’arrêter à New York pour qu’on travaille sur un projet de film, une adaptation de la comédie musicale Hair. Sur place, on s’est retrouvés plongés dans une tribu inconnue et beaucoup plus jeune que nous – nous avions déjà 37 ou 38 ans. …
On raconte que vous y avez bien connu Janis Joplin. Janis est arrivée à New York fin 1968, après avoir traversé toute l’Amérique. Et là, elle s’est installée dans le Village. Avec Milos et un autre cinéaste tchèque, Ivan Passer, nous avions nous aussi pris une -petite maison dans le Village et j’ai vu chanter Janis je ne sais combien de fois au Fillmore East. Il y avait des -moments merveilleux dans ses concerts où elle abandonnait l’orchestre et se mettait à vocaliser d’une manière tout à fait suprenante. Janis a été l’une des grandes émotions scéniques de ma vie. On est devenus copains, elle venait souvent dîner à la maison… avec sa gourde d’alcool et puis elle est morte, l’année suivante (en 1970, en réalité, NDLR).
À l’époque vous travaillez intensément avec Buñuel. Pour Le Journal d’une femme de chambre, il avait cherché un scénariste français connaissant bien la province française, ce qui était mon cas. Serge Silberman, le producteur, m’a envoyé à Cannes pour déjeuner avec Buñuel. Sa première question a été : « Est-ce que vous buvez du vin ? ». Non seulement je bois du vin mais mes parents en produisaient à la ferme de Colombières-sur-Orb, deux choses qui ont joué en ma faveur : huit jours après, j’apprenais qu’il m’avait choisi. L’autre chose qui nous a rapprochés c’est que j’avais écrit le texte d’un documentaire sur la vie sexuelle des animaux. Ça, ça l’intéressait beaucoup. Car personne ne le sait, mais Buñuel était entomologiste de formation, il pouvait désigner n’importe quel insecte par son nom latin. Et puis je crois qu’on partageait un même goût pour le burlesque : j’avais fait Le Soupirant de Pierre Étaix, lui avait travaillé comme gagman avec Chaplin sur Le Dictateur. De toute façon, Buñuel était un blagueur impénitent. C’était une blague par jour. Parfois assez sérieuse.
Vous parliez espagnol ou français? Nous parlions espagnol dans la vie et français pour le cinéma parce que les films étaient tournés en français. Mais c’est grâce à lui que j’ai appris l’espagnol. Mon espagnol est un espagnol de taverne, mais courant. Je suis quasiment bilingue. Il m’est arrivé de lui servir d’interprète, lorsque nous étions aux États-Unis. Comme en 1972. Le Charme discret de la bourgoisie était invité au Festival de Los Angeles et nous nous y rendons. Là, George Cukor, que je connaissais d’avant m’appelle : « Mais il paraît que Buñuel is in town ? J’aimerais beaucoup l’inviter à déjeuner, avec vous et quelques amis. » On se retrouve donc chez Cukor qui a une maison absolument splendide dans Bel Air. Quelques minutes plus tard, par la fenêtre du premier étage, on voit arriver un homme porté par un énorme « esclave » noir : c’était John Ford. Après lui, Hitchcok est arrivé, puis William Wyler, Billy Wilder, Robert Wise, George Stevens, Robert Mulligan… l’Olympe, quoi ! Je vois encore Hitchcok expliquant à Buñuel le découpage de son Tristana. C’était très, très beau.
Brigitte Bardot lors de ses débuts, Picasso retouchant des photos de mode, Jean Babilée dansant... Robert Doisneau fut le témoin privilégié de l'actualité mondaine d'après-guerre. 70 tirages originaux sont à retrouver à l’Espace Richaud jusqu’au 28 mai 2017.
PIERRICK DAUL - Doisneau, les années Vogue
En 1949, Michel de Brunhoff, qui dirige le magazine Vogue, passe un contrat d’exclusivité avec Robert Doisneau. De 1949 à 1952, il couvrira l’actualité mondaine, fera quelques photos de mode et réalisera des reportages pour raconter la vie en France, accompagné d’Edmonde Charles-Roux, sa rédactrice attitrée. Leur complicité est grande mais la vie de "photographe mondain" ne convient pas à Robert Doisneau qui reprend sa liberté à l’échéance du contrat.
La somptuosité des bals mondains de l’après-guerre, les prises de vues de mode où Brigitte Bardot fait ses débuts de jeune mannequin, Picasso retouchant les photos de mode, les répétitions dans la rotonde de l’opéra de Paris ou Jean Babilée dansant dans la cour de l’hôtel Lambert permettent d’appréhender une partie moins connue de cette œuvre photographique.
Doisneau qui écrivait "Pendant deux ans j’étais comme le fils du jardinier invité à partager les jeux des enfants du château, à condition d’apporter sur le beau monde un regard neuf et une vivacité de dénicheur", Edmonde Charles-Roux répondait qu’elle l’avait vu souvent comme un enfant dans une vitrine de Noël.
En regardant ses images on découvrira qu’ils n’avaient tort ni l’un ni l’autre. Annette Doisneau et Francine Deroudille, filles du photographe et commissaires de l’exposition, ont sélectionné ces photos méconnues de leur père, qui a laissé derrière lui 450 000 négatifs dans son atelier de Montrouge. Jusqu'à sa mort, en 1994, Robert Doisneau a inlassablement photographié les quartiers populaires de Paris, sa proche banlieue et ses habitants. En plus de 70 tirages originaux, on découvre à Versailles une autre facette de son travail, autour des bals et mondanités, de la vie artistique et de la mode
Retrouvez toutes les informations sur l’exposition sur le site de la ville de Versailles