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coup de coeur

Le Mépris 4K 60ème Anniversaire : un film référence de la Nouvelle Vague (en UHD et Blu-ray)

Publié le par Ricard Bruno

Le Mépris 4K 60ème Anniversaire : un film référence de la Nouvelle Vague (en UHD et Blu-ray)

UHD Le Mepris

Camille aime son mari, Paul, écrivain qui vit à Rome. Le producteur Jérémie Prokosch lui demande de remanier le scénario d'un film que Fritz Lang tourne en Italie. Et, subitement, sans raisons nettes, mais qui peuvent se deviner, Camille s'aperçoit qu'elle n'aime plus son mari, plus exactement qu'elle le méprise.

  • Titre original : Le Mépris
  • Support testé : UHD
  • Genre : drame
  • Année : 1963
  • Réalisation : Jean-Luc Godard
  • Casting : Brigitte Bardot, Michel Piccoli, Jack Palance, Giorgia Moll, Fritz Lang
  • Durée : 1 h 43 mn 43
  • Format vidéo : 16/9
  • Format ciné : 2,35/1 (HDR 10, Dolby Vision)
  • Sous-titrage : français, anglais, allemand
  • Pistes sonores : DTS-HD 2.0 monophonique français, anglais, allemand
  • Bonus : Digipack avec livret intégré et étui avec l’UHD et le Blu-ray du film (nouveau master) - un livret « L’indifférence des dieux » rédigé par Jean-Baptiste Thoret (24 pages)
  • Bonus sur l’UHD : présentation du film par Colin MacCabe (2009, VOST, 5 mn 31) - deux courts métrages de Jacques Rozier : Paparazzi (1964, 22 mn 28, numérisé en 4K et restauré en 2K) et Le Parti des choses : Bardot et Godard (1964, 10 mn 32)
  • Bonus sur le Blu-ray : Il était une fois... Le Mépris d’Antoine de Gaudemar (2009, 52 mn 28) - présentation du film par Colin MacCabe (2009, VOST, 5 mn 31) - deux courts métrages de Jacques Rozier : Paparazzi (1964, 22 mn 28) et Le Parti des choses : Bardot et Godard (1964, 10 mn 32) - bande annonce originale (2 mn 31)
  • Éditeur : StudioCanal

 

Commentaire artistique  

Œuvre phare de la Nouvelle Vague, Le Mépris (1963) était la première production au budget confortable de Jean-Luc Godard coproduit par Carlo Ponti, Georges de Beauregard et Joseph E. Levine. Ce sera l’un de ses plus grand succès commercial, mais malgré ses 1,6 millions d’entrées, sa fréquentation était bien éloignée des scores habituels des blockbusters interprétés par Brigitte Bardot : la nudité imposée de la star (séquence d’ouverture entre autre) ne suffira pas à attirer la foule attendue des spectateurs masculins. En revanche le tournage à Capri dans la Casa Malaparte fut fortement perturbé par l’insistance des paparazzis à la photographier comme le prouvent les court-métrages tournés par Jacques Rozier (cf. bonus). Choisi spécifiquement par Jean-Luc Godard, Fritz Lang, devenu malvoyant et âgé de 73 ans, joue son propre rôle de metteur en scène au côté de Jack Palance qui incarne Jeremy Prokosch, le producteur impulsif. Le tournage à Cinecittà, Rome et Capri ne fait pas dans la quiétude en raison de tensions entre les acteurs ou avec le réalisateur : la scène non écrite des bobines en salle de projection en témoigne. Le scénario de Jean-Luc Godard modifie sensiblement « Il Disprezzo , le douzième roman d’Alberto Moravia paru en 1954, dont il s’inspire (et qu’il désavoue) transformant l’étude psychologique en une œuvre plastique visuellement stylisée (les couleurs primaires vives dominent : rouge, jaune, bleu) exprimant le glissement de la méprise de Camille, croyant que son mari l’utilise auprès de Prokosh, en irrémédiable mépris. Toute la construction du film tourne autour de l’instant fugitif durant lequel Camille se sent trompée et n’en démordra plus. Alberto Moravia, qui considérait son roman comme un de ses meilleurs, constatera la totale infidélité et l’originalité du film de Jean-Luc Godard. Le cinéaste va interpréter l’attitude de Camille (Brigitte Bardot) comme instinctive et l’oppose à celle plus intellectuelle de Paul (Michel Piccoli) toujours raisonnée. Si Alberto Moravia a écrit son roman en allusion à son épouse Elsa Morante, Jean-Luc Godard filme Le Mépris en songeant à Anna Karina. Il répartit l’action en deux parties : une première au studio de tournage à Rome et dans l’appartement de Paul et Camille (plus de 37 minutes de mouvements de caméra), une seconde dans la villa Malaparte. Selon ses habitudes, il multiplie les références cinématographiques et littéraires d’autant que le sujet du film dirigé par Fritz Lang est l’Odyssée qui suscite moult interprétations. La splendide photographie de Raoul Coutard et la musique symphonique de George Delerue (et son thème de Camille) complètent admirablement Le Mépris, un film qui prouvait, à ceux qui en doutaient, l’indéniable talent de son réalisateur. Profitant de la mise en abyme du sujet (il joue lui-même l’assistant de Fritz Lang), Jean-Luc Godard transforme son adaptation en une réflexion sur le cinéma, plus spécialement sur les limitations à la créativité générées par les contraintes budgétaires. L’association improbable du sex-symbol BB et du réalisateur de génie dans Le Mépris a réussi pleinement à concrétiser les expérimentations du cinéaste en un drame captivant. Sa richesse n’a pas fini d’alimenter les études sur les rapports entre le classicisme et la modernité, sur la crise du couple et sur les liens entre le cinéma et les sentiments. La restauration en 4K de toute beauté de ce chef-d’œuvre, que Jean-Luc Godard qualifiait d’odyssée morale et de film « simple et sans mystère », rend cette édition désormais incontournable.     

UHD Le Mepris

Commentaire technique

Restauration (communiqué de presse) : ce film a été restauré et numérisé en 4K entre 2021 et 2023 par Studiocanal au laboratoire Hiventy, avec la participation du CNC. Cette nouvelle version 4K a été l’occasion de revenir à l’étalonnage d’origine du film. Afin de l’optimiser, le négatif 35 mm original et l’interpositif ont été utilisés, ainsi que la copie de référence retravaillée en 2002 par M. Raoul Coutard, le chef-opérateur du film. Cette restauration en DCP 4K et ProRes UHD Dolby Vision a nécessité une cinquantaine d’heures de travaux préparatoires d’essuyage, de vérification, de réparations physiques, avant que les éléments originaux puissent être scannés. Puis 220 heures de palette graphique ont été nécessaires afin d’effacer image par image les altérations et les poussières sur la pellicule. Les précédentes versions numériques montraient un manque de détails dans les hautes et les basses lumières, et des couleurs éloignées des choix du réalisateur. Grâce à des références documentées et maîtrisées et à plus de 40 heures d’étalonnage, nous avons pu redonner au film ses contrastes, ses détails et ses saturations d’origine. Le nouveau master HDR, limité à l’espace colorimétrique cinéma, sera donc le meilleur support, après la projection en salle, pour redécouvrir cette œuvre d’anthologie. Ce projet a été supervisé par l’équipe de StudioCanal, Sophie Boyer et Jean-Pierre Boiget

Image : copie UHD, excellente définition et très beau piqué sur les détails, texture argentique très fine (tournage en 35 mm en Franscope avec caméra Mitchell, Master Format 4K 2023 restauré), image superbement nettoyée pratiquement sans défaut, gestion HDR du contraste avec une belle restitution des détails en basse lumière et des éclairages éclatants des lumières méditerranéennes, étalonnage chatoyant, colorimétrie aux teintes primaires vives (rouge, jaune, bleu) et aux tons saturés

Son : mixage français 2.0 monophonique, dialogues très clairs sans saturation, superbe dynamique qui favorisent les ambiances et la musique romantique inoubliable de Georges Delerue, spectre harmonieux, pas de bruit de fond

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Les photographies rares, et irrésistibles, de Brigitte Bardot exposées à Paris

Publié le par Ricard Bruno

Les photographies rares, et irrésistibles, de Brigitte Bardot exposées à Paris

Jusqu'au 21 juillet prochain, l'exposition Brigitte Bardot : “Doug my Darling…” dévoile les clichés sublimes et méconnus de l'icône éternelle.

Brigitte Bardot n'a pas fini de faire parler d'elle cette année. Alors qu'elle était le sujet d'une nouvelle série diffusée sur France 2 au printemps, révélant la jeune actrice Julia de Nunez, bluffante dans la peau de celle que l'on surnomme BB, l'icône du cinéma français s'invite à présent dans nos sorties culturelles de l'été, le temps d'une exposition de photographies inédite. Le rendez-vous est donné à la galerie GadCollection dans le quartier du Marais, cœur historique de Paris.

Des photographies méconnues de Brigitte Bardot exposées à Paris

Irrésistible auprès de la scène créative comme du grand public malgré les controverses qui ont terni la fin de sa carrière, Brigitte Bardot reste pour beaucoup celle qui, au creux des années 1960, a fait tourner bien des têtes. Son désir de liberté, son rêve de devenir danseuse, sa relation amoureuse avec Roger Vadim… La vedette, visage inoubliable du Mépris de Jean-Luc Godard, fascine jusqu'à devenir un mythe. Son histoire continue de se raconter. Sous l'objectif de Douglas Kirkland, dont les tirages sont à découvrir au fil de l'exposition Brigitte Bardot : “Doug my Darling…”, elle semble cependant plus intime.

Brigitte Bardot au tir à la carabine Viva Maria 1965

Brigitte Bardot

Brigitte Bardot

À travers une sélection de 18 clichés, dont certains jamais montrés, l'actrice française apparaît grand sourire, lisant les journaux sur son lit, jouant aux cartes ou s'accordant un temps de répit à l'arrière d'une voiture. Le photographe, passionné d'images depuis l'enfance, capture sa beauté avec une grâce certaine. Un talent qu'il a développé lors de ses nombreuses et opportunes rencontres avec d'autres étoiles telles que Marilyn Monroe, Elizabeth Taylor, Judy Garland, Romy Schneider ou encore Audrey Hepburn. Pars ailleurs, certaines des photographies se rassemblent dans un beau-livre, Being Bardot : Photographed by Douglas Kirkland and Terry O'Neill, publié aux éditions ACC Art Books et à celles de L'Imprévu en France.

 

Brigitte Bardot

Brigitte Bardot

Brigitte Bardot

Brigitte Bardot

L'exposition Brigitte Bardot : “Doug my Darling …” de Douglas Kirkland est accessible jusqu’au 21 juillet 2023 à la galerie GadCollection au 4 rue du Pont Louis Philippe, 75004, Paris. 

Source de l'article : Cliquez ICI

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"Brigitte Bardot, l'insoumise", un doc en face-à-face avec une icône absolue du 20ème siècle

Publié le par Ricard Bruno

"Brigitte Bardot, l'insoumise", un doc en face-à-face avec une icône absolue du 20ème siècle
Réalisé par Mireille Dumas, ce documentaire est basé sur le dernier entretien filmé donné par "BB" en 2006, dans sa résidence de la Madrague. Brigitte Bardot y revient sur sa vie exceptionnelle avec sa franchise habituelle, et ses confessions prennent aujourd'hui des allures crépusculaires, alors qu'elle s'apprête à fêter ses 89 ans.
La célébrité comme une prison

"Elle a le premier des talents : elle est belle." Ces mots du réalisateur Claude Autant-Lara claquent avec une rare violence, mais ils résument bien ce que Brigitte Bardot a dû endurer pendant sa carrière d'actrice. Ce film le rappelle, elle commence à tourner très jeune au cinéma, malgré les réticences de ses parents, partisans d'une éducation très stricte.

Il faut dire que nous sommes au début des années 1950, mais Brigitte Bardot a déjà soif de liberté : elle échappe au carcan familial et sa plastique attire déjà l'œil des réalisateurs, au premier rang desquels le chaud lapin Roger Vadim, qui deviendra vite le premier de ses quatre maris.

Elle devient une star mondiale grâce à une scène de danse culte dans son premier film Et Dieu… créa la femme (1956), ce qui fait dire à certains commentateurs de l'époque que "Brigitte Bardot fait passer Marilyn Monroe pour un homme" (très élégant).

À partir de là, celle qui est désormais un sex-symbol et une icône perd le contrôle sur sa vie, et elle le raconte très bien à Mireille Dumas cinq décennies plus tard. À l'époque, Brigitte Bardot ne s'appartient plus, elle est une célébrité dont les moindres faits et gestes sont traqués par les paparazzis, et elle subit au quotidien les remarques épouvantables de la presse sur sa vie privée et son travail d'actrice.

Quitter le cinéma avant qu'il ne la quitte

En collectionnant les amants et les maris, elle devient malgré elle un symbole de la révolution sexuelle et de la libération des femmes. Oui mais voilà, comme elle le rappelle à Mireille Dumas, Brigitte Bardot n'a jamais voulu incarner la révolution féministe. Au fond d'elle, on sait qu'elle est une femme plutôt très conservatrice et qu'elle ne veut pas se libérer du patriarcat.

Et elle ne s'en cache pas, revendiquant d'avoir toujours besoin de l'amour d'un partenaire pour s'épanouir dans sa vie. Elle ose confier qu'elle est devenue mère trop jeune et qu'elle n'était pas prête à faire face aux responsabilités, elle qui se qualifie encore de grand enfant incapable de se débrouiller seule.

Pendant qu'elle est harcelée dans sa vie privée – au point de tenter de se suicider pour échapper à la dépression, ce qu'elle évoque très ouvertement dans le film –, Brigitte Bardot est baladée entre quelques rôles très importants (comme Le Mépris de Jean-Luc Godard) et des films qu'elle qualifie elle-même de mauvais.

Elle finira par faire ses adieux au cinéma en 1973 à 39 ans, préférant lâcher la rampe elle-même avant qu'on ne l'appelle plus. Clairvoyante, Bardot a déjà bien compris à l'époque qu'on ne pardonne pas aux actrices de vieillir.

"Brigitte Bardot, l'insoumise", un doc en face-à-face avec une icône absolue du 20ème siècle
À l'avant-garde pour les droits des animaux

Elle refuse de faire appel à la chirurgie esthétique et retrouve un peu de tranquillité, mais la transition est violente. Heureusement, elle trouve vite ce qui deviendra le combat de sa vie, la défense des droits des animaux. Sur ce point, il est incontestable que Brigitte Bardot a été avant-gardiste : lorsqu'elle prend la défense des bébés phoques en 1976, elle est moquée comme jamais et attaquée de tous les côtés, notamment par les chasseurs.

Elle rappelle dans le film toutes les insultes qu'elle continue de recevoir pour cet engagement, mais Brigitte Bardot n'en a que faire : elle vit aujourd'hui avec ses animaux recueillis dans sa résidence de la Madrague, loin du luxe opulent qu'elle dit exécrer. Comme elle le dit dans les dernières minutes du documentaire : "Les animaux s’en foutent que j’ai vieilli, ils m’aiment quand même." Elle a bien raison : ce n'est sûrement pas Claude Autant-Lara qui en dirait autant.

"Brigitte Bardot, l'insoumise", un doc en face-à-face avec une icône absolue du 20ème siècle
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Brigitte Bardot théâtre de l'atelier L'invitation au château en 1953...

Publié le par Ricard Bruno

L'invitation au château en 1953 de Jean Anouilh fût la seule pièce de théâtre que Brigitte Bardot à fait.

Bruno Ricard

 

 

Affiche originale ©collection privée Bruno Ricard

Affiche originale ©collection privée Bruno Ricard

Brigitte Bardot théâtre de l'atelier L'invitation au château en 1953...
Brigitte Bardot théâtre de l'atelier L'invitation au château en 1953...
Brigitte Bardot théâtre de l'atelier L'invitation au château en 1953...
Brigitte Bardot théâtre de l'atelier L'invitation au château en 1953...
Brigitte Bardot théâtre de l'atelier L'invitation au château en 1953...
Brigitte Bardot théâtre de l'atelier L'invitation au château en 1953...
Brigitte Bardot théâtre de l'atelier L'invitation au château en 1953...
Brigitte Bardot théâtre de l'atelier L'invitation au château en 1953...
Brigitte Bardot théâtre de l'atelier L'invitation au château en 1953...
Brigitte Bardot théâtre de l'atelier L'invitation au château en 1953...
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"Brigitte Bardot l'insoumise" diffusé sur Canal + Doc par Mireille Dumas

Publié le par Ricard Bruno

Mireille Dumas pour "Brigitte Bardot l'insoumise"

« Je ne me vois pas en vieille dame », disait Brigitte Bardot dans la flamboyance et l’insouciance de ses 22 ans. Et pourtant, celle qui a été considérée comme la plus belle femme du monde a fêté ses 88 ans. Être et avoir été pourrait symboliser la vie et le défi de celle que l’on surnomme BB, deux initiales devenues mythiques. Scandaleuse pour certains, égérie de la libération des femmes pour d’autres, elle a incarné l’ange et le démon.

De l’image de sex-symbol à l’ambassadrice de la cause animale, ce portrait, grâce aux nombreuses archives, aux extraits de films, et à l’entretien accordé à Mireille Dumas dans son intimité à la Madrague, montre toute la complexité et les paradoxes de Brigitte Bardot : sa rébellion et sa soumission, sa force et sa fragilité, mais aussi sa détermination à passer de la lumière à l’ombre, à se réinventer pour mener un combat avant-gardiste, longtemps moqué et incompris. BB ne refuse aucune question. Elle parle cash de tout, avec beaucoup d’humour. Elle évoque son enfance, l’éducation bourgeoise qu’elle fuit, sa quête éperdue d’amour absolu, sa 

liberté et son incarnation du féminisme, malgré elle. « J’étais décoincée quand les femmes étaient coincées et maintenant qu’elles sont décoincées, je suis coincée » ironise- t-elle, avec le franc parler qu’on lui connait. Bref, BB dans toute sa vérité.

Ce film met aussi en évidence comment la star se retrouve prise au piège de la célébrité et comment cette notoriété oppressante pulvérise sa vie privée. Apparaitre pour exister, disparaitre pour se protéger… Comme elle s’est échappée du carcan familial, du couple, elle quitte le cinéma, qu’elle n’a jamais vraiment aimé, avant qu’il ne la quitte.

Brigitte Bardot ne s’épanche pas sur elle-même, elle accepte la vieillesse avec résignation, sans artifice ni tricherie. Même si cette dernière phrase traduit un certain désarroi : « Les animaux s’en foutent que j’ai vieilli, ils m’aiment quand même.

Le documentaire « Brigitte Bardot, l’insoumise » de Mireille Dumas sera diffusé le lundi 19 juin à 20h55 sur Canal + Doc. Il sera ensuite disponible sur Mycanal.

Source de l'article : Cliquez ICI

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Brigitte Bardot en photos...

Publié le par Ricard Bruno

Brigitte Bardot en photos...
Brigitte Bardot en photos...
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Exposition de portraits de Brigitte Bardot...

Publié le par Ricard Bruno

Brigitte Bardot dancing on the table, 1967. Crédit : Douglas Kirkland

Brigitte Bardot dancing on the table, 1967. Crédit : Douglas Kirkland

Pourquoi faut-il absolument voir cette exposition de portraits de Brigitte Bardot ?

Récemment disparu, Douglas Kirkland était un plus grands photographes de la deuxième moitié du XXème siècle. Ses portraits de Bardot sont devenus iconiques. Ils sont exposés cet été à Paris.

«  Ce que la photographie reproduit à l'infini n'a lieu qu'une fois » avait magnifiquement résumé Roland Barthes. Cet instant fragilisé par son essence éphémère ne se laisse pas capter sans protester. Souvent, il se dérobe, s’échappe, s’enfuit, profitant d’un moment d’inattention de l’artiste pour le désespérer. L’immense talent de Douglas Kirkland était précisément de ne pas le laisser s’évader : de star en star, d’Elizabeth Taylor à Marilyn Monroe, sans oublier Coco Chanel, de tournage mythique en tournage mythique, de 2001 : L’Odyssée de l’Espace à Titanic, il a su trouver où placer son regard, définir le point de vue juste sur son sujet, ni irrespectueux ni intimidé. On imagine - on ne peut qu’imaginer - que c’est précisément cette délicatesse teintée d’audace qui lui a permis d’approcher Brigitte Bardot, pour en faire des portraits restés dans l’histoire. Au naturel, spontanée, aussi libre que joyeuse, l’actrice est autant sublime que protagoniste des images, et jamais considérée comme un modèle sans âme ni corps ni cœur. On comprend mieux son attachement au photographe, dont atteste une touchante lettre « Doug my darling, I miss you so much … » commence-t-elle. On laissera aux visiteurs-euses le plaisir de sa découverte dans cette belle exposition qui fera date. 

Du 8 juin au 21 juillet 2023. Exposition : Brigitte Bardot : 'Doug my Darling...‘

Galerie GADCOLLECTION. 4 rue du Pont Louis-Philippe. 75004 Paris

Du mardi au vendredi : 14h00 - 19h00. Samedi et dimanche : 14h30 - 19h00

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LE MÉPRIS : TOTALEMENT, TENDREMENT, TRAGIQUEMENT

Publié le par Ricard Bruno

LE MÉPRIS : TOTALEMENT, TENDREMENT, TRAGIQUEMENT
LE MÉPRIS : TOTALEMENT, TENDREMENT, TRAGIQUEMENT

« Il y a Brigitte Bardot et Michel Piccoli…Et Jack Palance et Georgia Moll…Et Fritz Lang »….Le générique parlé du Mépris commence sur fond de travelling où l’on voit la caméra de Raoul Coutard qui avance en partant du fond du plan et on se trouve déjà au cinéma puissance mille… Ce générique a été repris en intégralité, paraît-il, par l’émission cinéphilique de Frédéric Mitterrand, Etoiles et toiles, à l’époque où elle concurrençait plus ou moins celle d’Anne Andreu, Michel Boujut et Claude Ventura, Cinéma Cinémas. Ceci explique à quel point Le Mépris est l’un des plus beaux films sur le cinéma et son générique, accompagné par la musique sombre et vénéneuse de Georges Delerue, représente presque à lui seul l’amour du cinéma, avec cette phrase apocryphe d’André Bazin, qui appartient en fait à Michel Mourlet : « le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs« . Il suffit à Godard de rajouter à la suite de cette phrase : « Le Mépris est l’histoire de ce monde », pour que le long métrage prenne d’emblée une dimension symbolique et mythique.

L’écrivain-scénariste Paul Javal mène une vie heureuse avec sa femme Camille. Le célèbre producteur américain Jeremy Prokosch lui propose de travailler à une adaptation de l’Odyssée, réalisée par Fritz Lang à Cinecittà. Le couple se rend alors sur les lieux et rencontre l’équipe du film. Prokosch fait bientôt des avances à Camille sous les yeux de Paul. Cette tentative de séduction va sonner le glas de leur couple…

Godard, en filmant des statues grecques ou romaines sur fond de ciel bleu ou de Méditerranée, donne toute une dimension lyrique et symbolique à son oeuvre, au départ un drame de la jalousie, ou plutôt de la non-jalousie.

Si Le Mépris, adapté d’un roman d’Alberto Moravia, est l’une des plus belles évocations du cinéma, « una invenzione sine avenire« , il ne s’inscrit pourtant pas parmi les hommages trop louangeurs vantant le plaisir collectif du travail en équipe, tel La Nuit Américaine de François Truffaut. Non, Le Mépris n’occulte pas ce qui se trouve souvent au centre du travail cinématographique : la beauté de l’art, le sexe et l’argent. Godard en fait justement le sujet de son film, comment l’art parvient à survivre au milieu de facteurs aussi disruptifs que le sexe et l’argent? Contrairement à des hommages enjoués dans le style de Chantons sous la pluie, le film de Godard se situe plutôt du côté de Prenez garde à la sainte putain de Rainer Werner Fassbinder, où le tournage n’a pas grand’chose d’agréable et le metteur en scène s’avère quasiment despotique. Ce qui s’impose pourtant, c’est la beauté sublime des images du film dans cette version restaurée, permettant au bleu du ciel et de la Méditerranée d’illuminer chaque plan par leur magnificence. Une luminosité qui est pour beaucoup dans le fait que Le Mépris est l’un des plus beaux Godard, aimé et respecté y compris par les détracteurs de JLG.

Ce film de Godard, on le retrouve a minima dans trois autres immenses films. Tout d’abord dans L’Important c’est d’aimer d’Andrzej Zulawski, où le Polonais tourmenté a également fait appel aux services de Georges Delerue pour livrer une musique sombre et tortueuse, illustrant les déboires d’un couple déséquilibré où, d’après le même schéma scénaristique, la femme finit par mépriser le mari. Ensuite dans Casino de Martin Scorsese où l’Italo-américain frénétique réutilise le thème de Camille dans cette histoire de couple désaccordé où l’épouse trompe le mari avec son meilleur ami. Enfin, dans Mulholland Drive où David Lynch a réparti sur deux personnages les personnalités de la brune et de la blonde que Camille Javal incarnait toute seule au moyen d’une perruque. Notons qu’il n’est sans doute pas innocent que les deux films se terminent exactement par le même mot, Silenzio, renvoyant au silence des plateaux de tournage ou à celui définitif de la mort.

Sans forcer du tout la métaphore, Godard, en filmant des statues grecques ou romaines sur fond de ciel bleu ou de Méditerranée, donne toute une dimension lyrique et symbolique à son oeuvre, au départ un drame de la jalousie, ou plutôt de la non-jalousie. Godard met ainsi en parallèle l’histoire de Paul et Camille Javal et celle d’Ulysse et de Pénélope dans L’Odyssée que Paul adapte dans le film existant au sein du Mépris, le producteur Jérémy Prokosch (Jack Palance) prétendant que Pénélope a été fondamentalement infidèle à Ulysse, ce qui pourrait expliquer le temps qu’il a mis pour revenir à Ithaque. Dans le film, Ulysse-Paul pousse quasiment sa femme Pénélope-Camille dans les bras de Prokosch, par intérêt, pour se faire bien voir du producteur et avoir une augmentation de salaire pour son travail de scénariste. Dans Le Mépris, Godard essaie de comprendre comment une personne peut en aimer une autre et en quelques secondes, décider de le mépriser. Cela se joue à quelques secondes près et une poignée de regards boudeurs de Bardot. Quelques simples plans de Méditerranée et de statues grecques suffisent à Godard pour donner à son film une résonance mythique, en étant bien aidé par la sublime musique de Georges Delerue, l’une des plus belles bandes originales de toute l’histoire du cinéma.

Le Mépris, serait-il le plus beau des Godard? Peut-être mais 1) bien que commençant en trombe par ce fameux générique, puis la scène du lit avec Bardot et Piccoli, et le travelling à Cinécitta, il s’étiole légèrement dans sa partie centrale dans la villa, partie un peu trop longue mais fondamentale, avant de reprendre brillamment dans sa dernière demi-heure où Godard tutoie de toute évidence l’éternité. 2) Pierrot le fou, deux ans plus tard, fera au moins aussi bien sinon mieux, jouant la virtuosité du montage fragmenté contre l’amplitude des plans-séquences, et ne souffrant guère de problèmes de rythme. 3) Quoi qu’il en soit, ces deux chefs-d’oeuvre font d’ores et déjà partie des plus beaux films de l’histoire du cinéma, à côté d’autres films de Godard comme Vivre sa vie, A bout de souffle, Une Femme mariée, Sauve qui peut (la vie) ou Nouvelle Vague.

 

Et si on évoque ces statues grecques, on peut souligner que Bardot est justement filmée dans Le Mépris comme une statue grecque, sans une once de pornographie, mais avec au contraire tous les égards dus à sa beauté, avec sobriété et pudeur. Cela rend absolument inopérante et stérile cette maladroite tentative de Cancel culture, en 2019, lorsque, aux Beaux-Arts de Marseille, une projection du Mépris a été interrompue par des étudiantes qui ont débranché le projecteur au motif que Godard se rendait coupable de male gaze. Dans Le Mépris, au contraire, Jean-Luc Godard contemple ses personnages du point de vue de la beauté et de l’éternité. Vouloir arrêter la projection d’un aussi beau film, c’est non seulement un acte de censure mais surtout de censure complètement infondée. On ne censure pas la beauté.

RÉALISATEUR : Jean-Luc Godard 
NATIONALITÉ :  franco-suisse
GENRE : drame
AVEC : Brigitte Bardot, Michel Piccoli, Jack Palance, Giorgia Moll, Fritz Lang 
DURÉE : 1h45 
DISTRIBUTEUR : Carlotta Films 
SORTIE LE Prochainement
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2024...l'année Brigitte Bardot

Publié le par Ricard Bruno

2024...l'année Brigitte Bardot
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