«Barbarie ! Chasse à courre !» Comme un seul homme, plus de 450 manifestants ont réclamé ce samedi matin l’abolition de la chasse à courre. C’est dans le village forestier de Saint-Jean-aux-Bois qu’ils se sont rassemblés à l’appel du collectif AVA (Abolissons la vénerie aujourd’hui). L’abbatiale n’a pas accueilli, comme elle le fait depuis près d’un siècle la messe de la Saint-Hubert.
L’équipage de la Futaie des amis a préféré reporter cette célébration après le scandale provoqué par l’abattage d’un cerf dans le jardin d’une maison par leur maître d’équipage, Alain Drach, samedi dernier à Lacroix-Saint-Ouen. «Il était plus intelligent de ne pas se montrer pour des raisons de sécurité», confirme-t-il. Brian et Soizic sont venus de l’Aisne avec leurs jumelles de six ans, Louise et Margaux. « Nous vivons au quotidien les chasses à courre car nous habitons une maison forestière. Il a fallu que nous fassions partir nos chevaux à 45 km de là car ça devenait trop dangereux. Les chasseurs se croient tout permis. Nous avons eu notre grillage tordu, nos filles ont assisté à une mise à mort et ont été traumatisées. Une fois, il a fallu que nous sortions en pyjamas pour leur dire d’aller ailleurs.»
En finir avec cette pratique d’un autre âge»
Ce rassemblement avec distribution de gâteaux et orgue de barbarie se voulait pacifique. «Hors de question de répondre à la violence par la violence, insiste Stéphane Mercier, membre d’AVA. L’objectif est de nous réunir afin de monter un réseau avec un maillage solide pour que nous puissions dénoncer toutes les dérives de la chasse à courre et en finir avec cette pratique d’un autre âge.»
Le collectif anti-chasse est à l’origine d’une vidéo qui tourne en boucle sur Internet. On y voit le cerf sauter de jardin en jardin, le maître d’équipage enjamber la grille d’une propriété entouré par les gendarmes, puis, l’animal, mort, traîné dans le sous-bois par les veneurs.
La société de vénerie a sanctionné Alain Drach en le privant de sa position de maître d’équipage jusqu’en mars et en interdisant la chasse à courre en forêt de Compiègne pendant un mois. Pour elle, il a respecté la législation en vigueur mais a commis quelques «négligences». Faut-il donc réglementer plus durement la chasse à courre ? Dans un sondage lancé sur le site Internet le parisien.fr, vous avez été près de 10 000 à réagir et à aller dans ce sens.