Les habitants des côtes norvégiennes pratiquent la chasse à la baleine depuis des siècles, mais les opérations commerciales ciblant le petit rorqual ont seulement commencé au début du 20e siècle. Au cours des derniers siècles, cette chasse (alimentée par la forte demande en viande et en graisse de baleine –transformée en huile de cuisson et en bougies, entre autres) a poussé de multiples espèces de baleine vers l’extinction. Les progrès technologiques comme les réfrigérateurs ont empiré les choses pour les baleines, puisque les navires étaient en mesure d’en chasser davantage et plus loin des côtes. Dans les années 1960, la Commission Baleinière Internationale (CBI) a tenté de réguler cette chasse commerciale avec un succès limité, jusqu'à ce qu'elle adopte en 1982 un moratoire avec une mise en place progressive sur une période de quatre ans.
La Norvège a toutefois contesté ce moratoire de 1982 et elle n'est « plus légalement soumise au quota zéro », comme le ministre conseiller à l'ambassade de Norvège à Washington, Jon-Åge Øyslebø, l’a annoncé à ThinkProgress. Selon lui, le stock de petits rorquals est « abondant » en Atlantique nord-est, et les quotas se basent sur des modèles développés par la Commission Baleinière Internationale.
La Commission n'a pas souhaité répondre à ces commentaires par voie de presse, mais l'agence appelle la Norvège à interrompre toutes les activités de chasse à la baleine sous sa juridiction. La Norvège s'est elle-même fixé un quota de pêche de 880 baleines pour cette saison, un chiffre à la baisse par rapport au quota de 1,286 fixé l’an dernier. Ce chiffre reste bien plus élevé que les 330 baleines capturées par le Japon pour la “recherche”, ce qui démontre la faiblesse des agences internationales qui ont peu de recours face aux gouvernements qui ne se soumettent pas aux traités.
Selon des chiffres recueillis par l'EIA et l'AWI à partir de rapports nationaux provisoires, la Norvège aurait tué plus de baleines en 2 ans que l'Islande et le Japon réunis, avec au moins 1,396 baleines tuées contre un total de 1,018 pour le Japon et l'Islande. De plus, les écologistes affirment que la Norvège a augmenté son exportation des produits contenant de la baleine, en envoyant 172 tonnes métriques de viande et de graisse de baleine vers le Japon depuis 2014.
En Norvège comme au Japon, des rapports montrent que la demande en viande de baleine est sur le déclin. Svein Ove Haugland, le directeur adjoint de la coopérative de vente de produits de la pêche en Norvège (NFSO), a expliqué au journal The Guardian : « Il y a actuellement un goulet d'étranglement au niveau du marché et de la distribution. Il faut rétablir la demande en viande de baleine, soumise à la forte concurrence de la viande (provenant d’animaux terrestres) et du poisson. »
Les écologistes estiment que les contraintes du marché ainsi que la croissance des activités liées au whale-watching* devraient pouvoir dissuader la Norvège de chasser les baleines. Lonsdale estime que la chasse à la baleine n'est pas une activité nécessaire, et qu'avec le changement climatique en cours ainsi que la pollution, la chasse est une menace supplémentaire qui pèse des espèces qui commencent à se rétablir après des siècles d'abus. « Nous devons nous montrer responsables, » conclut-elle.