La corrida : une ignominie absolue!
Sauve qui peut !
Dans pas longtemps, au rythme où vont les choses, le monde taurin, que ce soit en France ou en Espagne aura touché le fond, par manque de concertation ou par excès d'individualisme, associés souvent à une absence totale d'esprit d'analyse.
En Espagne, c'est à une véritable cacophonie à laquelle on est en train d'assister, ce qui est normal dans la mesure où ne s'étant jamais préoccupé de défendre la Fieta contre une menace qu'il n'imaginait même pas, le secteur taurin - professionnels et aficionados confondus - n'a jamais anticipé sur la situation actuelle.
Il en résulte un feu d'artifice d'actions individuelles pour la plupart inutiles et une absence totale de concertation qui ne laisse pas augurer d'un plan de reconquête immédiatement applicable. De partout, parviennent des lamentations, mais nulle part n'émerge la moindre solution à ce désordre ambiant qui amplifie l'impact du vote catalan et explique que de nouvelles ILP vont être déposées dans diverses comunidades.
En France, allez savoir pourquoi, une frénésie de manifestation - alors que les aficionados français n'ont jamais manifesté, hormis le jour du lancement de l'Observatoire - semble s'être emparée de divers groupes, qui, sans bien analyser les conséquences de leur action, se sont lancés dans des initiatives peu opportunes.
À Nîmes, un collectif de réflexion appelle à venir porter une fleur sur la statue de Nimeño le jour même où à Arles est prévu un grand rassemblement, jour où à Nîmes les antis se mobilisent également. Pourquoi faire petit quand on peut faire grand ? C'est ce que le collectif de réflexion aurait du se demander avant d'être pris à son propre jeu par les antis qui le défient par voie de presse (et Midi Libre en remet une couche), sachant, ce que nous savons aussi, que ces deux manifestations seront aussi malingres l'une que l'autre en termes d'audience, tandis qu'à Arles nous serons des milliers.
À Dax, l'idée d'un rassemblement semblable a été abandonnée, suite à l'initiative quelque peu irresponsable de quelques facebookers qui ont pris sur eux, alors qu'on le leur avait déconseillé, de convoquer une manifestation devant les arènes, laquelle est bien sûr impossible puisqu'elle tomberait sous le coup de l'arrêté l'interdisant. Les jeunes facebookers ont eu leur heure de gloire grâce à une dépêche de l'AFP... et ? Rien. Deuxième bavure, et quelques brasses (coulées) de plus vers le fond.
Le côté positif de ces initiatives est qu'elles démontrent la prise de conscience de l'aficion - à Nîmes c'était déjà le cas au sein d'autres collectifs, et sur Facebook voir des milliers de jeunes prêts à se battre est un fait important - mais aussi son indiscipline chronique. Personne ne dit bien sûr qu'elle doir marcher au pas - Dieu nous en préserve - mais un peu de concertation avec l'Observatoire - par exemple - qui tente de canaliser toutes les forces vives et met en place des stratégies, vaudrait mieux que se tirer par maladresse une balle dans la jambe. Enfin, tant qu'on en a deux, le mal est réparable... et sera réparé.
Ce qu'il y a de positif aussi, quand on touche le fond, ce qui est un peu le cas, c'est qu'il suffit d'un coup de talon sur le plancher de la piscine pour remonter à la surface. L'appel est donc lancé à tous ceux qui auraient encore de mauvaises idées, pour qu'ils les mettent en pratique au plus vite, qu'on soit ridicules un bon coup tous ensemble et qu'on n'en parle plus, afin que ce volontarisme ô combien sympathique mais tout aussi dangereux ne se mette plus en travers des véritables actions qu'il faut entreprendre et de la véritable image qu'il faut donner, laquelle s'accomode mal de cette impression de pétaudière que "nous" (formule de politesse), sommes en train de donner.

