Télé obs Paris n°2342 du 30 09 2009

Bruno Ricard
Brigitte Bardot, tout ou presque sur celle que Dieu créa, photographie, cinéma, fondation, action de protection animale, exposition, combat, etc.

Brigitte Bardot a eu 75 ans il y a quelques jours (voir article). L’occasion de se pencher sur la vie et la carrière de l’icône du cinéma français.
Sex-symbol, aimée, désirée, adulée, critiquée, vilipendée, Brigitte Bardot a durablement marqué son époque et est aujourd’hui un mythe de notre société et de son cinéma.
Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Dominique Choulant a intitulé son livre, publié aux éditions Autres Temps : Brigitte Bardot Le mythe éternel. Avec minutie, avec passion aussi, l’auteur trace la biographie de la star. Il reprend les propres mots de l’actrice, mais aussi des extraits de presse, des critiques de films, des témoignages de proches. Petite mine d’informations, cet ouvrage se lit comme un portrait impressionniste, par petites touches. De l’enfance à aujourd’hui, des débuts presque par hasard au combat actuel pour les animaux, des succès insolents aux polémiques violentes, rien n’est oublié.
Et c’est la femme que l’on découvre derrière la légende du cinéma. Un caractère, que l’on suit des plateaux de cinéma à sa retraite chez elle, en passant par les glaces canadiennes pour protéger
les bébés phoques. Indomptable jusqu’au bout, comme tout mythe qui se respecte…

Est-il nécessaire d'aduler à ce point BB pour apprécier le parcours proposé sur près de 1 000 m2, et auquel font honneur quelque 500 visiteurs quotidiens ? Non. Celle que le général de Gaulle considéra comme "une jeune personne de bon aloi" et Françoise Sagan comme un objet contribua, il est vrai, à changer des moeurs.
Le visiteur suit la stupéfiante métamorphose d'une gamine qui, élevée dans une "bonne famille" de droite, symbolisa l'émancipation féminine, un nouvel érotisme, une révolution sexuelle, "seins au vent, fesses à l'air", avant de rétrograder de la modernité flamboyante aux humeurs réactionnaires.
Titrée "Les années insouciance", l'exposition est gorgée de photographies signées Sam Levin, Richard Avedon, Robert Doisneau, Harcourt... Il y a aussi des couvertures de magazines (Le Jardin des modes, Elle, Paris Match, etc.), des tableaux (Carzou, Aslan, Kiffer, Leonor Fini ou, rarement vue, la toile de Van Dongen). Des objets divers et fétiches sont là : robes, Harley-Davidson, porte-jarretelles de Viva Maria ! (1965, Louis Malle), guitare, partition de La Madrague, de Claude Bolling. Des écrans diffusent des extraits de films, montages de baisers, documentaires, émissions télévisées, clips.
L'exposition impose d'emblée l'image d'une star qui provoque folies, polémiques, censure. La voilà drapée nue dans le drapeau français, puis suscitant l'hystérie lors de son arrivée au Festival de Cannes en 1967, qu'elle avait snobé dix ans plut tôt. Un mur évoque ses apparitions dans La Bride sur le cou (1961, Roger Vadim), où elle est revêtue d'une combinaison chair moulante, et dans Les Novices (1970, Guy Casaril), où elle interprète une religieuse qui se dévêt entièrement sur une plage. Un mur rappelle que, en 1958, à l'Exposition universelle de Bruxelles où il tient pavillon, le Vatican la choisit pour incarner le péché absolu, à cause de son strip-tease (bien inoffensif) dans En effeuillant la marguerite (1956, Marc Allégret).
Deux sérigraphies d'Andy Warhol illustrent la "bardolâtrie". Un panneau rappelle que, en 1967, reçue à l'Elysée, elle arrive en costume pantalon à brandebourgs militaires, chevelure dénouée. Cette énergumène sort de la France de René Coty, ses couples louis-philippards, ses femmes à corset. Brigitte Bardot ? Des tutus et chaussons de danse Repetto, un missel de première communion, des lunettes, un appareil dentaire.
Elle veut faire du cinéma à 18 ans, en dépit des réticences de son père, et avec l'appui du grand-père : "Toutes les actrices ne deviennent pas nécessairement des femmes de mauvaise vie." Voilà Vadim, Et Dieu... créa la femme (1956), la sentence du pygmalion : "Tu seras le fantasme inaccessible de tous les hommes mariés."
De salle en salle, BB change de visage. Elle est pin-up en robe vichy rose et blanc et choucroute. Elle fait de la publicité pour un Solex, une boisson pétillante, une robe, une bière, un pantalon, une auto, un parfum, un savon. Elle chante (Coquillages et crustacés). Bardot c'est une liberté, une voix, un rire, dont l'exposition fait entendre les échos sonores. Un corps, bien sûr, que Godard transforme en blason : "Elle a fait un bon film, Et Dieu créa la femme ; Le Mépris sera son deuxième."
Il y eut une BB attitude, et l'exposition montre comment s'incarne ce culte dans la création populaire. L'ensemble est un bazar très kitsch, qui souligne combien la mode change, et comment se dégrade une notoriété.
Cinquante ans plus tard, face au panneau publicitaire du film de Michel Boisrond Voulez-vous danser avec moi ? (1959), on s'interroge.
Brigitte Bardot. "Les
Années insouciance". Espace
Landowski, 26, avenue André-Morizet, Boulogne-Billancourt. Mo Marcel-Sembat, Boulogne-Jean-Jaurès. Jusqu'au 31 janvier 2010. Du lundi au dimanche, de 11 heures à 19 h 30 (fermeture des caisses à 18h00). 11 €. Rétrospective de films au cinéma Landowski, même adresse.
www.cinemaboulogne.com
Source : http://www.lemonde.fr/cinema/article/2009/10/13/a-boulogne-billancourt-les-metamorphoses-du-mythe-brigitte-bardot-dans-un-bazar-tres-kitsch_1253379_3476.html
Abonnez vous à l'info journal, aidez la fondation Brigitte Bardot :

http://www.fondationbrigittebardot.fr/site/fondation.php?Id=285

50 Jahre BRAVO: Die Story zum Jubiläum!
Geschichte kann so spannend sein: 50 Jahre BRAVO sind 50 Jahre Musikgeschichte. Stars kommen und gehen - und BRAVO ist immer hautnah dabei!
26. August 1956: Die erste Ausgabe von BRAVO liegt als "Magazin für Film und Fernsehen" an den deutschen Kiosken, herausgegeben vom 2005 verstorbenen Chefredakteur Peter Boenisch. Die Jugend hat erstmals ein eigenes Blatt - der Beginn einer bis heute einzigartigen Erfolgsgeschichte! Denn: Nie zuvor war eine Zeitschrift so lange Marktführer und hat die Jugend über Generationen geprägt. Mit dem Leserpreis OTTO, der Foto-Love-Story, den Starschnitten und Dr.-Sommer schreibt BRAVO bis heute Mediengeschichte.
Kein anderes Magazin bedient die Sehnsüchte und Wünsche der jungen Leute in Deutschland so genau und treffsicher wie BRAVO. Los ging es Mitte der Fünfziger, als das Bedürfnis nach Spaß, Lässigkeit und Glamour die autoritären Werte des Nachkriegs-Establishments zu bedrohen schien: 1959 eröffnete der erste Starschnitt den Kampf um die Wand im Kinderzimmer: Brigitte Bardot in Lebensgröße. Im selben Jahr wurde Peter Kraus von BRAVO als hüftwackelndes Pendant zu Elvis entdeckt.
In den Sechzigern gelang der ganz große Coup. In den "Lärmschlägern" der aufkommenden Beat-Ära erkannte BRAVO die großen Pop-Künstler von morgen. 1966 holte BRAVO die Beatles zur Blitztournee nach Deutschland. "Deutschlands größte Zeitschrift für junge Leute sorgt für die Beatsensation des Jahres", so kündigten Plakate die "BRAVO-Beatles-Blitztournee" an. Drei Konzerte in München, Hamburg und Essen hielten ganz Deutschland in Atem. Die Sonderzüge, mit denen die Fans zu den Konzerten reisten, hießen "Rasender John", "Schneller George", "Rollender Ringo" und "Fliegender Paul".
Mit dem "Knigge für Verliebte" hebt BRAVO 1962 erstmals in Deutschland eine Aufklärungsreihe für Jugendliche in eine Zeitschrift.
BRAVO ist 50 Jahre Musikgeschichte, 50 Jahre gelebte Starnähe. Mehr noch: BRAVO macht Stars, weil BRAVO immer die besten Kontakte
hat - national wie international!
Source : http://www.bravo.de/online/render.php?render=19728
Voici un exotique cocktail. Prenez un grand écrivain, aristocrate, autrichien et exilé - ses admirateurs n'hésitent pas à comparer Gregor von Rezzori à Musil ou à Zweig -, ajoutez un cinéaste français, issu de la grande bourgeoisie et de la nouvelle vague, Louis Malle, qui, depuis « Les Amants », « Vie privée », « Le Feu follet », aimerait passer de la musique de chambre à la symphonie, complétez par deux actrices dont l'une est un « mythe » (que c'est agaçant ! Qu'est-ce que cela veut dire exactement ?) et l'autre une excellente comédienne. Et puis le Mexique revu par des décorateurs que n'effraient pas les stéréotypes, un scénario infirme (signé Louis Malle et Jean-Claude Carrière), un énorme budget, évidemment américain : vous obtenez « Viva Maria ! », film médiocre. En revanche, vous aurez un livre infiniment savoureux, « Les Morts à leur place ». Où donc les éditions Le Serpent à plumes ont-elles déniché ce manuscrit ? Sans doute dans la luxueuse propriété de Toscane que Beatrice Monti della Corte Rezzori, veuve et « baronessa », met, deux mois par an, à la disposition de jeunes écrivains, pour qu'ils y fassent oeuvre et, à l'occasion, lui servent de chauffeur.
Distance complice
Le sous-titre, « Les Morts à leur place », parle de « journal de tournage ». Le livre est cela, et beaucoup mieux que cela. Nous sommes en 1965 et Gregor von Rezzori n'a pas la réputation littéraire qu'il mérite. Il ne l'a toujours pas si l'on considère que « Neiges d'antan » ou « OEdipe à Stalingrad » sont des chefs-d'oeuvre. Qui n'a pas rencontré Rezzori ne saura jamais tout à fait ce qu'est la classe, la courtoisie, l'élégance absolues. L'élégance peut avoir besoin d'argent. L'écrivain a déjà tourné avec Louis Malle dans « Vie privée ». Il garde un souvenir lumineux du séjour à Spoleto, il aime le petit groupe d'amis qu'il s'y est fait. Il accepte donc le rôle du vieux magicien dans « Viva Maria ! ». Les scènes où, avant de lui rendre ses cheveux blancs, on tente le bleu, le rouge, l'orange, sont hilarantes : Rezzori observe les péripéties d'un tournage agité et chaotique avec une distance souriante mais complice. Il s'amuse, il s'ennuie, il joue le jeu.
On ne peut imaginer aujourd'hui le tapage médiatique qui entoura, en France, aux États-Unis, cette réalisation. Le vacarme reposait pour beaucoup sur une rivalité supposée entre les deux têtes d'affiche, deux stars, dont aucune n'en était à ses débuts. Quand, dans la somptueuse villa louée par Louis Malle à Cuernavaca (Luis Buñuel est là, désespérément sourd), Rezzori fait la connaissance de Jeanne Moreau, vêtue d'une robe jaune de Pierre Cardin, son mentor de l'époque, il remarque, sans complaisance ni goujaterie, de beaux cheveux sur un « visage prématurément vieilli ». Quand se tient, à Mexico, la première conférence de presse, « on ne voit que Brigitte Bardot ». Mais le lendemain, les journaux mexicains évoquent « le charme défraîchi du sex-symbol français ». Et Brigitte pleure.
Rumeur de conflit ?
Rezzori a-t-il, comme le prétend Pierre Billard dans sa biographie de Louis Malle, par les articles qu'il vendait à la presse américaine, accrédité une rumeur de conflit entre deux monstres sacrés, déjà un peu (1965 !) sur le retour ? Qu'importe ? Il est d'une irréprochable pertinence quand il note que la question n'est pas de savoir si Bardot est bonne ou mauvaise comédienne : « Avant toute chose, elle est. Elle n'est pas seulement elle-même, elle l'est si fortement qu'elle en devient la démonstration d'un être et d'une forme d'être. » Jeanne Moreau fait figure de « grande actrice ». Mais « davantage par des moyens d'actrice - ce qui, sur le plan personnel et, partant, pour le film, représente une limitation ». Parfois le chroniqueur prophétise : « Les gens qui sont d'avis que Brigitte Bardot a depuis longtemps son apogée derrière elle ne manquent pas, tandis que Jeanne Moreau, grâce à ses dons inusables pour camper la nature humaine, pourrait gravir les sommets jusqu'à un âge avancé. »
Les aléas, les incohérences, les ridicules, les combats claniques d'une pareille aventure, Rezzori les décrit en ethnologue, en sémiologue subtil. Les plus fortes pages demeurant celles où les paysages mexicains le ramènent à sa Bucovine natale, où l'espace et le temps d'un tournage lui inspirent de superbes méditations sur l'espace et le temps d'une vie.
A lire « Les Morts à leur place », de Gregor von Rezzori, traduit de l'allemand par Jacques Lajarrige éd. Le Serpent à plumes, 295 p., 19 euros.
Source : http://www.sudouest.com/accueil/loisirs-culture/livres/article/733586/mil/5204418.html