Pour éviter un afflux trop important dans les refuges, les responsables en appellent à l’entraide
Le refuge de la Mare-Auzou de Saint-Aubin-le-Guichard n'ouvrira pas au public, c'est donc en ligne (dans un premier temps) qu'il faudra chercher son bonheur.
« Nous ne voulons pas risquer qu’unanimalsoit adopté pour permettre au maître d’aller se promener ! » LaFondation Brigitte-Bardotest plus vigilante encore en cette période de crise.
L’association qui recueille les animaux maltraités ou abandonnés dans sonrefuge de la Mare-AuzouàSaint-Aubin-le-Guichard(près deBernay, dans l’Eure) ne compte pas assouplir son protocole d’adoption, mis en place pour s’assurer que les animaux adoptés continuent une vie dans des conditions optimales.
Pas de portes ouvertes
« Il est hors de question que nos petits protégés, qui ont connu l’abandon ou la maltraitance, y soient de nouveau confrontés », argumente Bruno Jacquelin, responsable communication. « Habituellement, nous diligentons une enquête à l’aide d’un formulaire. Il y a même une visite après adoption. Nous étudions la possibilité d’adapter ce dispositif. »
L’accent est mis sur le bien-être animal, pas question donc d’accélérer les procédures pour désengorger les refuges déjà saturés.
Malgré la pression, la fondation n’organise pas de portes ouvertes ni à la Mare-Auzou ni ailleurs. « Rester ouvert au public nécessiterait du personnel en plus pour l’accueillir, nous ne le souhaitons pas pour notre cas », indique-t-elle.
C’est donc en ligne qu’il faudra chercher son bonheur. Justement, le sitefondationbrigittebardot.frmet à disposition un pavéadoption qui propose toutes les catégories. Mâles, femelles, âges… Au compteur : 302 chiens et 391 chats qui attendent un foyer. Toutes les photos sont disponibles, reste à prendre rendez-vous, pour les candidats qui ont craqué pour un compagnon à quatre pattes.
"Les préparations et distributions des repas des animaux sont faites par alternance en fonction de la zone géographique où ils se situent. Les équipes ne se croisent pas, leurs outils de travail et de sécurité (talkies-walkies) sont désinfectés chaque jour et remis individuellement par un responsable Covid nommé dans chaque refuge. Les horaires des équipes de nettoyage ont été aussi modifiés afin d’éviter tout croisement. Les repas des animaux (avec beaucoup de régimes spécifiques pour nos petits protégés) sont préparés dans la cuisine par des salariés qui se relaient. "
Appel à l’entraide
Y a-t-il une hausse des abandons ? Pour l’heure, difficile de quantifier. « Nous avons déjà dû prendre en charge des animaux de personnes malades, hospitalisées ou malheureusement décédées et aussi ceux de personnes incarcérées », relate Bruno Jacquelin.
Pour éviter un afflux trop important, les responsables en appellent à l’entraide « entre famille, voisins, amis et collègues pour trouver des solutions de garde, provisoires ou pérennes. »
La fondation redoute surtout les abandons liés à une crainte de contamination. « Nous ne cessons de diffuser le message : les animaux ne peuvent pas contaminer les humains. »
La Fondation Brigitte Bardot constate depuis quelques jours une multiplication des annonces d’éleveurs de chèvres proposant de vendre ou donner des chevreaux mâle. Tous les moyens sont bons pour se débarrasser de ces animaux nouveau-nés, devenus inutiles en période de confinement ! Focus sur la cruauté de l'industrie laitière...
À PEINE NÉS, LES CHEVREAUX MÂLES SONT RETIRÉS À LEUR MÈRE
Si, dans l’industrie laitière, les petits mâles (veaux, chevreaux) sont retirés de leur mère aussitôt après leur naissance et très vite condamnés à mort (le lait qui leur est naturellement destiné étant commercialisé), la restriction des transports dans le cadre des mesures Covid-19 rend la situation des éleveurs de chèvres critique puisque ces derniers ne savent que faire des chevreaux.
En effet, si en France la consommation de viande de veau couvre en partie la production (malheureux veaux abattus après une courte vie de détresse), il en est tout autrement pour les chevreaux qui ne trouvent pas preneur sur le marché français et sont donc dirigés vers l’export, dans les conditions scandaleuses que nous dénonçons par ailleurs.
C’est pourquoi la Fondation Brigitte Bardot constate, depuis quelques jours, une multiplication des annonces d’éleveurs de chèvres– qui produisent lait et fromages – proposant de vendre ou donner les nouveau-nés. Sites d’annonces en ligne, messages sur les réseaux sociaux, appels aux particuliers, aux boucheries, aux grandes et moyennes surfaces… Tous les moyens sont bons pour se débarrasser de ces chevreaux devenus trop embarrassants !
L’INDUSTRIE DU LAIT EST PARTICULIÈREMENT CRUELLE
Sachant que pour qu’une femelle produise du lait elle doit d’abord donner un petit, des millions de chèvres se retrouvent ainsi enfermées dans des bâtimentsoù elles sont inséminéesà la chaîne.
La chèvre donne naissance à son premier chevreau vers l’âge d’un an. Ses petits lui sont rapidement confisqués, souvent quelques heures seulement, après leur naissance afin que la chèvre entre en lactation pendant 9 mois pour produire du lait destiné non plus à son petit, mais aux besoins artificiels de l’homme.
Les chevreaux mâles devenus alors inutiles sont destinés à la production de viande. Ils sont le plus souvent vendus dans des ateliers d’engraissement, puis envoyés à l’abattoir pour être abattus à l’âge de 6 à 8 semaines, transportés encore jusqu’à récemment dans des conditions non conformes à la réglementation : entassés dans des caisses à dindes ou à lapins environ deux fois moins hautes que la taille des chevreaux debout, empêchant ces derniers de se relever, en violation du droit européen sur la protection des animaux.
La chèvre continuera d’avoir des petits et de produire du lait. Après quelques années d’exploitation intensive, elle finira par être « réformée » car moins productive puis transportée, à son tour, dans des conditions particulièrement cruelles à l’abattoir à l’âge de 4 ans en moyenne.
LE COVID-19 MET EN PÉRIL LE COMMERCE DES CHEVREAUX
La majorité des chevreaux mâles sont habituellement vendus pour engraissement au printemps. Le volume de chevreaux abattus pour la période de Pâques représente un tiers des ventes de l’année.
Depuis les mesures de confinement liées au Covid-19, les consommateurs délaissent certains produits. En outre, 70 % de la production est exportée vers des pays comme l’Italie ou le Portugal, dont les frontières sont désormais fermées, réduisant à néant les commandes.
Certains abattoirs, contraints de congeler les animaux invendus, appliquent des prix à la hausse, d’autres ne veulent tout simplement plus acheter les chevreaux qui arrivent par centaines…
LES CHEVREAUX, DES BOUCHES À NOURRIR DEVENUES INUTILES
Les chevreaux, considérés comme des « rebuts » de l’industrie laitière représentent désormais un coût inutile pour les éleveurs. Garder les chevreaux plus longtemps signifie des dépenses en poudre de lait et/ou un gaspillage du lait, désormais destiné à la production de fromage d’où la nécessité de s’en débarrasser au plus vite.
Avec environ un million de têtes, le cheptel caprin français se tient à la quatrième place en Europe après la Grèce, l’Espagne et la Roumanie. Environ 700 000 chevreaux sont abattus chaque année en France dans des conditions cruelles… C’est le prix réel du fromage de chèvre !
En Allemagne, tous les zoos et parcs animaliers sont fermés depuis le 18 mars pour cause de crise du Covid-19. Parce que son zoo n'a aucun revenu depuis un mois, Verena Kaspari, directrice du zoo de Neumünster, a menacé d'abattre certains de ses animaux pour en nourrir d'autres. Une déclaration choquante qui a été fortement dénoncée...
UNE DÉCLARATION INDIGNE D'UN GESTIONNAIRE DE ZOO
« Dans le pire des cas, je devrai euthanasier les animaux avant de les affamer » a ajouté la directrice du zoo de Neumünster, situé au Nord de Hambourg, à sa déclaration. Celle-ci a été largement relayée dans les média, et autant choqué l’opinion publique que Volker Homes, directeur général de l’Association of Zoological Gardens (VdZ).
Volker Homes a d’ailleurs déploré que la menace de tuer des animaux pour réclamer des aides financières ait été uniquement émise pour créer une polémique dans les média. Cependant, il constate qu’un besoin urgent d’aide aux zoos est incontestable. Après l’hiver, période de faible fréquentation, Pâques est en général propice à un afflux de visiteurs. Le confinement a donc, comme pour de nombreux secteurs économiques, un impact très négativement les revenus des zoos et parcs animaliers des pays confinés.
DES AIDES D'URGENCE DÉJÀ MISES EN PLACE
L’association des parcs zoologiques à laquelle appartient le zoo de Neumünster a entrepris les démarches nécessaires pour que ses membres puissent bénéficier des aides d’urgence mises en place par les pouvoirs publics. Le ministre allemand de l’Environnement du Schleswig-Holstein confirme qu’aucun abattage d’urgence ne devrait avoir lieu : les différentes aides financières du gouvernement fédéral et des Länder étant disponibles.
Le gouvernement allemand vient d’ailleurs d’annoncer que les zoos pourraient probablement rouvrir aux visiteurs sous peu, sous certaines conditions, notamment pour générer à nouveau des revenus.
LE BIEN-ÊTRE DES ANIMAUX DOIT ÊTRE UNE PRIORITÉ
Pour la Fondation Brigitte Bardot, il est inenvisageable que des animaux captifs, exploités pour générer de l’argent, soient sacrifiés en temps de crise. Chaque gestionnaire de zoo se doit de travailler avec un planning sur le long-terme, qui intègre également des périodes plus difficiles.
Même en période de crise, il est de la seule responsabilité des zoos de prendre correctement soin des animaux. Si un zoo n’est plus en mesure d’assumer cette responsabilité, les autorités locales doivent intervenir et assurer le bien-être des animaux. La mise à mort d’animaux sains n’est absolument pas une option !
Nous tenons aussi à noter que, même si les zoos allemands n’en parlent pas, certaines espèces excédentaires qu’ils possèdent (comme les porcs, les bovins ou les chèvres) sont tuées pour nourrir les carnivores du zoo. Ceci est légal et se produit également dans d’autres pays.
Brigitte Bardot voue sa vie aux animaux si mal traités par les humains, que dire sur cet engagement hors normes envers les plus faibles, rien sauf un "énorme" coup de chapeau à cette femme d'exception, elle crée sa fondation éponyme, sauve par milliers des animaux sur toute la planète, ses équipes font un travail de dingue, les salariés ne rechignent pas à la tache dès lors qu'il faut secourir les plus faibles ils sont totalement investis, les bénévoles se dévouent corps et âme...
Simplement pour dire que je suis très fier de faire partie de ce bras armé de la protection animale.
Bruno Ricard
En haut, le refuge de Bazoches. Brigitte Bardot a créé sa fondation en 1986. Aujourd’hui, son association est appelée sur tous les fronts, dans des dizaines de paysFondation Brigitte Bardot
L’association créée il y a trente-quatre ans par Brigitte Bardot s’est démultipliée en trois centres qui hébergent au total quelque 6 000 animaux traumatisés, des félins, des bovins, des exotiques... Malgré les alertes, les horreurs persistent. Dans toute la France, les employés s’épuisent à tenter de sauver ces pauvres bêtes. Il y a maintenant de « nouveaux animaux de compagnie » et d’autres sadismes. A se demander qui sont les sauvages...
«Nous avons un superbe matou à vous donner. » Un chat ! Un de plus. Comme si les trois refuges de la Fondation Brigitte Bardot (FBB) en manquaient. Le généreux donateur dit vouloir s’en séparer parce que... Pourquoi au fait ? Ah oui : le fâcheux « fait ses griffes sur le canapé » ! Respirer un bon coup, réfréner son envie de hurler dans le combiné ses quatre vérités à l’irresponsable qui se débarrasse, pardon fait un don, de son animal.
A peine raccroché, le téléphone vrille à nouveau. Et pour des causes qui donnent envie de se mettre en quatre. Une dame, voisine d’un monsieur âgé qui vient d’être transporté dans un hôpital parisien, informe qu’une minette de 6 ans est restée orpheline. Elle la nourrit bien sûr, mais ce n’est pas l’idéal. Puis c’est un jeune homme, qui ne sait que faire du chien de ses parents décédés la semaine passée dans un accident de la circulation. Ensuite, c’est une trentenaire cancéreuse qui aimerait savoir si l’on peut recueillir son siamois de 9 ans pendant son hospitalisation, et après... dans le pire des cas. Enfin, c’est le responsable d’un centre d’hébergement qui appelle pour un SDF, trop bronchiteux pour rester dehors, mais qui ne peut y être admis avec ses chiens... Tout ce petit monde à quatre pattes, choyé jusqu’alors, va se retrouver avec d’autres orphelins, dépaysé forcément, mais nourri, protégé, dans un environnement respectueux.
D’aucuns diront même luxueux. Prenons Bazoches-sur-Guyonne, dans les Yvelines, le refuge le plus proche de Paris. Dans ce qui fut la propriété de Brigitte Bardot – un coup de cœur acquis en 1960, cédé à la fondation en 2006 –, le moindre recoin a des airs de paradis. Chatteries chauffées et spacieuses, allées et pelouses de promenade pour se dégourdir les pattes, plans d’eau, infirmerie, arbres à chats, distractions pour les chiens, personnel aux petits soins. Le 5 octobre dernier, amis des animaux, journalistes, célébrités – Arielle Dombasle, Aymeric Caron, Raphaël Mezrahi, Dave, Yann Arthus-Bertrand, ou encore Max Guazzini qui vient d’offrir sa centaine de disques d’or au profit de la fondation – étaient invités à découvrir ces nouvelles installations. Tous étaient chargés de faire savoir que le refuge est désormais ouvert chaque samedi au public Un dispositif voulu par Ghyslaine Calmels-Bock, directrice générale de la fondation, pour faciliter l’adoption. Ce n’est pas parce qu’ils sont bien traités que les 200 félins et autres animaux de Bazoches n’ont pas besoin d’une famille. Il y a des chats qui attendent, on le sent bien, une maison rien qu’à eux. Parce qu’un chat préférera toujours partager votre quotidien d’humain, « dédaignant à votre profit la compagnie des siens », selon les mots de Théophile Gautier.
La directrice délaisse deux secondes le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education, Gabriel Attal, pour venir nous glisser deux mots : « Dites-le bien qu’on a besoin de caresseurs ! » On va le dire, promis. Oyez, oyez bonnes gens, si le cœur vous en dit et si vos pas vous conduisent vers Bazoches-sur-Guyonne, ou vers la Mare Auzou, le premier refuge de la fondation près de Bernay dans l’Eure – refuge qualifié de « quatre étoiles » par la Cour des comptes – ou vers le petit dernier, Montpon-Ménestérol, en Dordogne, sachez qu’il y a de la tendresse à distribuer et à recevoir. Les employés de la fondation ne l’oublient pas ; il faut les voir, tee-shirts et pantalons bleus siglés, entre deux remplissages d’écuelles de croquettes, brosser l’un, gratter le cou de l’autre, mais ils ne sont pas Shiva. Les humains s’enthousiasment pour un nouveau jouet et le jettent une fois lassés.
Les bénévoles sont plus que bienvenus. Hormis la centaine de salariés, la FBB a toujours compté sur ces 600 anonymes qui sont ses yeux et ses oreilles. C’est eux, dans un premier temps, qui vont vérifier chez l’habitant telle ou telle maltraitance signalée et la font remonter au siège, rue Vineuse à Paris (XVIe). Un labrador laissé grelottant des jours et des nuits entières sur un balcon, un cheval dont on ne voit plus que les os, quatre chats qui miaulent à la mort, enfermés dans un appartement qui lui vaut d’être appelée sans cesse en recours. Pour tout et parfois pour l’impensable. Il y a des jours pires que d’autres. Il n’y a pas que les animaux traumatisés qui ont du mal à regarder les humains dans les yeux, il y a aussi les animaliers de la FBB, à force de réparer l’innommable. Comment oublier par exemple, la semaine dernière, ce cas de zoophilie dénoncé et filmé par le voisinage ?
A Chartres, récemment, on a recueilli 250 chats enfermés dans un pavillon !
Plus que les appels individuels au standard, c’est généralement la police et la justice qui demandent l’aide de la fondation. Un avis d’expulsion, des chats à prendre en charge ? Hop, les voitures de la FBB partent. « Il n’y a pas longtemps encore, on est arrivés avec une dizaine de cages chez un particulier, se souvient Isabelle, l’une des coursières itinérantes. Une odeur épouvantable nous a cueillis dès l’entrée. A l’intérieur du studio, des montagnes de déchets du sol au plafond, et une trentaine de chats qui survivaient à côté de congénères morts. Il a fallu chercher de nouvelles cages, épucer chaque félin avant de les accueillir à Bazoches... » Le locataire atteint du syndrome de Diogène était un récidiviste. Il y a les dérangés du bulbe, mais aussi les cœurs d’artichaut. « On a pitié d’un chat ou d’un chien errant, on l’emmène chez soi, on le nourrit, nous confirme Ghyslaine Calmels-Bock. On en recueille un autre, un autre encore. Ce petit monde se reproduit allègrement et voilà comment des gens qui les aiment ou croient les aimer perdent peu à peu pied. A Chartres, récemment, on a recueilli 250 chats enfermés dans un pavillon ! »
Irresponsabilité humaine. La loi limite la possession de chiens à 9 par habitation mais ne dit rien pour les chats. Et s’il n’y avait que les toutous et les minous. Mais les « jouets » qu’on dédaigne, il y en a plein les refuges. « Je sais, vous n’allez pas être content, souffle un trentenaire au téléphone, mais on m’a offert deux cochons nains, Roméo et Juliette, pour mon enterrement de vie de célibataire. Je ne sais pas quoi en faire. » Tiens donc. Même scénario avec les Nac, si improprement appelés « nouveaux animaux de compagnie » alors qu’ils n’ont rien à faire dans un appartement. « On recueillait deux ou trois furets il y a trois ans, maintenant on en a des dizaines », atteste Emmanuelle, la responsable du refuge de la Mare Auzou. Oui, un furet, ça peut mordre et émettre des odeurs pas toujours fleuries. Il fallait y penser avant. Cette phrase, on ne l’a jamais entendue prononcer à la FBB. Pas le temps de récriminer ou de soupirer. Trop à faire. Sur tellement de fronts. En déposant les statuts de sa fondation, en 1986, Brigitte Bardot aurait-elle pu imaginer, elle qui pensait surtout alerter les responsables politiques de la planète, qu’un jour elle en viendrait à recueillir des quantités d’animaux, dont plus de 2 000 moutons, près de 1 000 bovins, plus de 900 équidés, pas loin de 600 chèvres et près de 220 cochons ? Une arche de Noé qu’il faut bien dispatcher un peu partout, les trois refuges n’y suffisant pas. Ce qui signifie recourir à des pensions privées – une vingtaine dûment choisies et rémunérées par la FBB.
Lorsqu’un éleveur se suicide ou sombre en dépression, les autorités sont bien contentes de trouver la fondation pour s’occuper des vaches
Quand, chaque année, le jour de l’Aïd el-Kébir, ses salariés, en présence de forces de police conséquentes, déboulent dans les abattoirs clandestins, ce n’est pas pour sauver deux moutons : des centaines échappent au massacre. Même chose pour le cheptel bovin. Lorsqu’un éleveur se suicide ou sombre en dépression, les autorités sont bien contentes de trouver la fondation pour s’occuper des vaches. « Au début, note Romy Turpin, responsable juridique, nous allions au secours des chiens et chats, et puis, un jour, les services véto nous ont appelés parce qu’ils venaient de saisir plus de 2 000 vaches affamées, et nous avons accepté d’en prendre 200... Nous avons dû nous adapter. Même chose pour les poulets et les lapins quand on nous a signalé qu’on les livrait vivants pour nourrir des pitbulls... » La suite : des enclos spécifiques, des pourparlers avec des pensions, des formations régulières pour savoir comment appréhender un cheval maltraité ou transporter des daims blessés. « Nous sommes toujours en mouvement. » Résultat, les vétérinaires viennent, intéressés, voir les vaches de la fondation. « Comme nous ne recourons jamais à l’euthanasie, sauf en cas de souffrance intolérable, poursuit Romy, chez nous un bovin peut vivre vingt ans et plus, alors ils découvrent les pathologies des vaches vieillissantes ! Même chose pour les cochons. » Chacune, chacun a un nom. De Patte Folle à Pelochon, de Willy le Borgne à Mitsy : chat, chien, poule, bouc, poney... tous jouent leur partition au royaume des rescapés. Heureux, malgré tout. Il y a tellement pire.
Nous ne valons guère mieux que ceux qui confinent des ours dans des cages à l’autre bout de l’Europe
Depuis son bureau ou dans les couloirs de l’Assemblée nationale ou des ministères, Christophe Marie, porte-parole de la fondation, plaide le sort de congénères moins chanceux. Les poussins broyés : « Je pense qu’on va y arriver » ; les oies au foie hépatique : « Là, ça va être plus dur, de vieilles résistances » ; les animaux sauvages exploités dans les cirques : « Nous avons prévu des sanctuaires pour les accueillir, dans le Limousin et au Portugal, où se trouvent déjà des éléphants » ; les élevages d’animaux pour leur fourrure : « La France n’en a plus que cinq au lieu du double il y a une décennie. Mais les Pays-Bas, pour qui c’est une vraie activité économique, viennent de s’engager à fermer leurs 150 élevages en dix ans » ; le scandale des animaleries de quartier qui favorisent l’achat impulsif d’animaux mal sevrés, sources de problèmes plus tard, et donc d’abandon : « D’autres pays européens les ont interdites. Il serait temps que la France prenne des dispositions courageuses. Même chose à l’égard des réseaux sociaux, parce que maintenant la mode, c’est de filmer un animal qu’on jette contre un mur ou qu’on traîne derrière une voiture ! » On pourrait parler aussi de nos élevages de lapins dans des conditions indignes, preuve que nous ne valons guère mieux que ceux qui confinent des ours dans des cages à l’autre bout de l’Europe...
Dans les bureaux de la fondation, alors qu’Oscar, l’un des 26 matous privilégiés qui partagent la vie des salariés, ronronne sur la photocopieuse, les bipèdes, eux, travaillent. Les uns chiffrent le coût des pensions de chaque vache, cheval ou cochon pour savoir combien on peut en accueillir jusqu’à leur mort, les autres s’occupent de gérer les legs de donateurs décédés – plus de 100 par an –, allant jusqu’à organiser leurs obsèques tant la solitude n’est pas qu’une expérience animale. Des contentieux de maltraitance sont passés au crible : 160 actions en justice par an. Les dossiers de sauvetages d’animaux sont suivis jour après jour, des éléphants de Thaïlande aux chiens de Chine. Présente dans soixante-dix pays, la fondation finance aussi la stérilisation des chats et des chiens. Et chez nous ? La FBB aide les maître nécessiteux qui ne peuvent pas payer l’opération. Une goutte d’eau. Elle souhaiterait que le gouvernement et les services vétérinaires procèdent à de vastes campagnes de stérilisation des chats errants.
Education, responsabilisation, lois plus contraignantes : encore beaucoup à espérer, beaucoup à défendre, rien qu’au niveau européen, et le Brexit avec l’absence des députés britanniques, plus évolués sur ces questions, ne va rien arranger. De quoi avoir un petit coup de mou, non ? « Non, modère Christophe Marie, parce qu’on constate des avancées, des prises de conscience. Les dernières dénonciations d’abus dans les abattages y ont sans doute contribué. Il faut croire que les mentalités sont prêtes. Les vidéos chocs diffusées autrefois par Brigitte Bardot datent de trente ou quarante ans... Brigitte, elle, vous répondrait peut-être l’inverse, écœurée par toutes ces cruautés, impatiente que les choses progressent... Mais cette fureur, cette façon de s’insurger lui ont toujours servi de moteur. » Un sacré moteur. Trente ans qu’il vrombit. Notre « Pétroleuse » préférée peut être fière du chemin parcouru.
Il est incontestable que la fondation Brigitte Bardot fait bouger les lignes, il faut que le pouvoir politique réponde aux doléances totalement justifiées du directeur du pôle protection animale de la fondation, il ne peut en être autrement. Bruno Ricard
Face aux innombrables témoignages d’actes de cruauté sur les animaux reçus par la FBB, Christophe Marie, Porte-Parole de la Fondation, demande au ministre de l'Agriculture de sortir de son immobilisme, dans une lettre ouverte publiée ce 15 avril 2020.
ETTRE OUVERTE DE CHRISTOPHE MARIE À DIDIER GUILLAUME (15/04/2020)
Paris, le 15 avril 2020
Monsieur Didier Guillaume Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
78 rue de Varenne
75700 Paris
Monsieur le Ministre,
Tout d’abord, nous tenons à vous remercier d’avoir entendu notre appel afin d’autoriser les personnes qui s’occupent, bénévolement, des chats errants à poursuivre leur action d’intérêt général. Par ailleurs, la reprise (dès demain) des adoptions est une bonne nouvelle, notre Fondation n’aura aucune difficulté à suivre le protocole strict imposé, proche de celui que nous avons déjà mis en place spontanément il y a plusieurs années.
Outre les abandons/adoptions, nous souhaitons vous alerter d’une situation peut-être plus préoccupante encore :l’explosion des témoignages d’actes de cruauté sur animaux !
Le confinement semble multiplier les violences à l’égard des personnes sensibles, mais aussi envers les animaux victimes de mauvais traitements et, semble-t-il, d’actes zoophiles. Mais face aux témoignages reçus, il nous est impossible de diligenter des enquêtes auprès de nos bénévoles, non autorisés à se déplacer, et nous rencontrons les plus grandes difficultés à mobiliser les forces de l’ordre, équipes municipales ou services vétérinaires.
Pourtant les témoignages sont alarmants, y comprissuspicions d’abattages clandestins. Nous ne comprenons donc pas cet immobilisme et sollicitons de votre part une intervention auprès des différentes préfectures et DDPP afin de les mobiliser et nous permettre de venir en aide à ces animaux en souffrance.
En 2019, nous avons effectué 3332 enquêtes dont 2358 relatives à des actes de cruauté. Ces actions (en plus des procédures juridiques) nous ont permis de prendre en charge, l’an passé, 952 animaux au sein de nos structures. Il est paradoxal de constater qu’au moment où il y a un pic de plaintes, les services de l’Etat n’ont jamais été aussi peu mobilisés.
Monsieur le Ministre, nous sommes conscients des difficultés rencontrées sur le terrain pour organiser les actions prioritaires, mais celle-ci en est une. C’est pourquoinous lançons cet appel à l’aide, nous ne voulons pas être simplement informés des actes de cruauté perpétrés sur les animaux mais être en mesure d’agir, comme nous l’avons toujours fait, pour venir en aide à toutes ces victimes silencieuses.
Nous comptons sur votre prompte réaction et vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, nos salutations distinguées.
Christophe Marie Directeur Pôle Protection Animale
Vous êtes engagés plus ou moins directement depuis le début de cette crise sanitaire sans précédent pour assurer une continuité dans la prise en charge de nos animaux de compagnie. C'est grâce à ce travail collaboratif que certaines avancées ont vu le jour:
📍L'adoption des animaux en refuge de nouveau possible
Cette crise du COVID-19 a entraîné un arrêt des adoptions et mis en péril le modèle économique des refuges, pour lesquels l'adoption est un moyen essentiel de récolte de fonds.
Après un travail conjoint mené avec les principales associations de protection animale et des collègues députés, le Président de la République Emmanuel Macron, le Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et le Ministre de l’Agriculture ont décidé d’agir pour faciliter l'adoption.
Tous les refuges qui mettront en place un dispositif dématérialisé d’adoption pourront à nouveau accueillir des adoptants.J’invite donc la SPA à partager son dispositif d’adoption par internet avec les très nombreux petits refuges qui font l’immense majorité des adoptions en France.
Une dérogation pour nourrir les animaux errants
Maintenant qu’il est possible d’adopter en refuge, j’espère qu’il sera possible de cocher la case « mission d’intérêt général » sur l’attestation de déplacement dérogatoire pour nourrir les animaux. J’ai rédigé uncourrier à l’attention du Ministre de l'Agriculture Didier Guillaume pour obtenir ce changement:
Mission gouvernementale
Toutes les auditions prévues dans le cadre de la mission gouvernementale qui m'a été confiée par le Premier Ministre auprès du Ministre de l'Agriculture se poursuivent à un rythme normal, par téléphone et visio-conférence. Je rendrai, comme prévu, mon rapport et mes recommandations le 23 juin.
Ce rapport contiendra notammentdes solutions concrètes et efficaces pour limiter le nombre d'abandons d'animaux de compagnie en France.
BRAVO et MERCI à tous ceux qui sont mobilisés chaque jour pour limiter l'impact de cette crise sur le bien-être animal. Merci aux nombreuses associations et députés avec qui je travaille conjointement et avec qui nous avons pu obtenir ces résultats.
Je reste à votre disposition pour échanger, faire remonter vos besoins, et vous apporter les informations nécessaires dans le cadre de cette crise sanitaire.
Si l'on connait tous l'iconique BB, on se souvient moins de sa soeur, Mijanou Bardot, qui a pourtant elle aussi enflammé les plateaux de cinéma dans les années 1960. On vous en dit plus sur cette ancienne comédienne reconvertie.
Depuis le début du confinement, les contacts avec autrui sont très limités. Et pour ceux qui n'ont ni Internet ni téléphone, c'est un réel parcours du combattant ! Brigitte Bardot, qui vit depuis un mois en complète autarcie dans l'une de ses maisons de Saint-Tropez,s'est livrée sur le sujet dimanche 12 avril 2020 dans leJournal du Dimanche."Je ne comprends pas pourquoi La Poste s’est mise quasiment à l’arrêt,a-t-elle déclaré. "Je ne reçois plus que quatre lettres, trois fois par semaine." Un coup dur pour l'actrice qui n'a pas d'autre moyen pour communiquer avec son fils vivant en Norvège, ni avec sa soeur, expatriée à Los Angeles.
Très viteMarie-Jeanne Bardotmet fin à sa carrière d'actrice
Très jeune,Marie-Jeanne Bardot, dite Mijanou, a, comme sa grande soeur, été attirée par le cinéma.En 1938, alors qu'elle était âgée de 18 ans à peine, elle fait ses débuts dans le film de Ralph Habib,Club des femmes.Elle y campe le rôle de Micheline, au côté d'un Jean-Louis Trintignant qui joue déjà les grands séducteurs. Mijanou enchaîne ensuite les rôles, travaillant avec de grandes figures de la Nouvelle Vague.Le rôle le plus marquant de sa carrière restera celui de Carole, dans le film d'Eric Rohmer,La collectionneuse.Un tournage que la jeune femme n'est pas près d'oublier ! En effet,c'est là qu'elle y a rencontré son mari, le comédien Patrick Bauchau.Ensemble, ils ont eu une fille, Camille.
Longtemps abonné aux seconds rôles, Patrick Bauchau s'est fait connaître du grand public grâce à la série américaineLe Caméléon, diffusée surM6dans la fin des années 1990. En 1970, Mijanou Bardot tourne son dernier film etmet fin à sa carrière d'actrice."J'ai toujours été timide face aux caméras etj'ai décidé assez vite d'arrêter le cinéma car je me sentais mal sur les plateaux : j'avais l'impression de n'avoir rien fait de mes journées", a-t-elle déclaré en 2009 à nos confrères deSoir Magazine.Depuis,Mijanou s'est reconvertie dans la création de meuble, et a monté sa propre entreprise spécialisée dans les lits mezzanines:Espace Loggia.Elle continue également de lutter pour une cause qui lui tient particulièrement à coeur et qu'elle partage avec sa soeur : la défense des animaux.
Le gouvernement a répondu à l’appel de la SPA et de nombreuses personnalités qui demandaient depuis plusieurs jours la reprise des adoptions d’animaux.
À partir de jeudi 16 avril, les personnes souhaitant adoptés un animal dans un refuge seront autorisées à le faire malgré le confinement. Photo d’illustration
À partir de jeudi 16 avril, «une tolérance sera accordée» dans les déplacements malgré le confinement pour les personnes souhaitant adopter un animal en refuge, commel'avait demandé la SPA, a annoncé ce samedi le ministère de l'Intérieur.
Nos animaux de compagnie ne doivent pas être des « victimes collatérales » du #COVID19 : alerté par la SPA sur les risques de saturation de ses locaux, le Gouvernement accorde à partir de jeudi une tolérance concernant les déplacements pour l’adoption d’animaux en refuge.
Lundi dernier, la Société Protectrice des Animaux, qui a fermé ses portes au public à cause de l'épidémie, avait réclamé au gouvernement une dérogation pour que les gens puissent venir adopter les pensionnaires de ses 62 refuges, bientôt saturés. «Afin de remédier à cette situation, sur proposition de la cellule interministérielle de crise, il a été décidé qu'une tolérance sera accordée concernant les déplacements pour l'adoption d'animaux en refuge», annonce dans un communiqué le ministère de l'Intérieur.
L’animal devra être choisi en amont sur le site de la SPA
Des «règles strictes» devront toutefois être respectées, selon Beauvau :l'animal devra être choisi en amont sur le site internet de la SPA, un rendez-vous précis sera fixé et le refuge de la SPA concerné émettra une attestation dématérialisée comportant l'horaire du rendez-vous. En se rendant au rendez-vous, le candidat à l'adoption devra se déplacer seul et être muni, en plus de l'attestation délivrée par la SPA, d'uneattestation de déplacement dérogatoirepour «motif familial impérieux».
«Pleinement engagé pour la cause du bien-être animal, le Gouvernement a entendu l'appel de la SPA et nous avons eu à cœur, immédiatement, de trouver une solution responsable», a déclaré Christophe Castaner. «Elle va permettre le respect des règles sanitaires et de sauver la vie de nombreux animaux», selon le ministre de l'Intérieur.
Après trois semaines de confinement, «on compte 5000 animaux dans nos refuges pour une capacité de 6800. Il nous reste 1800 places ce qui correspond à 15 jours d'activité», alertait lundi Jacques-Charles Fombonne, le président de la SPA. «Nous allons avoir des milliers d’animaux qui seront recueillis par la fourrière, que nous ne pourrons pas héberger et quiseront euthanasiés», avait encore averti Jacques-Charles Fombonne.
Mercredi, Manuela Lopez, Brigitte Bardot, Laurence Boccolini, Valérie Damidot, Michel Drucker et bien d’autres personnalités avaientsigné une lettre ouvertequi demandait au président de la République la reprise des adoptions d’animaux au plus vite.
Dans des interviews pour Europe 1 et Le Figaro, Brigitte Bardot a donné sa vision de la tragique pandémie de Covid-19 qui frappe le monde. Découvrez-les !
Le 5 avril 2020 , dans l’émission « Planète Sauvage » d’Europe 1, Brigitte Bardot a accordé une interview à Wendy Bouchard.
Elle a réagi sur l’abandon de chiens et de chatspar certains propriétaires, l’appel à lasolidarité pour garder les animauxdomestiques des personnes malades ou hospitalisées, la difficile situation deschats errantset la nécessaireempathiedont doit faire preuve l’humanité envers lesanimaux…
« Il faut rappeler aussi que tous les animaux qui sont dans des élevages concentrationnaires vivent la même chose que nous actuellement. Alors il faut voir aussi à ne plus supporter de faire à ce point souffrir les animaux. »
Pour Le Figaro, dans la chronique en ligne « La France d’après » publiée le 7 avril 2020, Brigitte Bardot a répondu aux questions de Paul Carcenac.
Elle s’est exprimée sur la pandémie, le confinement, la Chine et les changements qui devront s’imposer face à cette tragédie, en particulier dans lerespect de la vie animale.
« La connerie reste l'un des plus gros fléaux de l’être humain. Il y a des abandons d’animaux domestiques à cause du coronavirus. Leurs maîtres pensent que ces derniers transmettent la maladie. Pourtant, ça a été démenti par tous les vétérinaires, les médecins, les professeurs... »