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fondation brigitte bardot

Où en est l'élevage d'animaux à fourrure en France ?

Publié le par Ricard Bruno

Alors que 86% des Français souhaitent la fermeture des élevages d'animaux à fourrure selon un sondage Ifop, Sciences et Avenir fait le point sur cette pratique dans l'Hexagone.

La souche Orylag a été créée par l'Inra dans les années 70.

La souche Orylag a été créée par l'Inra dans les années 70.

Un sondage Ifop pour la Fondation 30 Millions d'amis indiquait en février 2018 que 86% des Français réclament la fermeture des élevages d'animaux à fourrure. "Près de 285.000 personnes ont déjà signé la pétition de la Fondation réclamant la fermeture des fermes à fourrure en Europe", rappelait 30 Millions d'amis. Interrogé par Sciences et Avenir, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, en charge de ces élevages, s'est montré particulièrement évasif...

Le ministère refuse de fournir les chiffres actuels

Ainsi, personne n'a été en mesure de répondre aux questions de Sciences et Avenir. Seul document nous ayant été délivré par la rue de Varenne : un tableau indiquant le "nombre d'exploitations avec élevage d'animaux à fourrure (visons, castors...)" en... 2010. Il y a donc 8 ans, la France comptait 285 élevages dont le plus grand nombre se situait dans les Midi-Pyrénées (36), en Bretagne (26) et en Aquitaine (25). Selon Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot - dont la campagne contre la fourrure s'affiche depuis le 23 janvier 2018 sur les cars et des murs parisiens - une quinzaine d'élevages, uniquement dédiés à la fourrure, subsisteraient encore en France. Malgré ses requêtes auprès du gouvernement, l'association n'a pas non plus réussi à obtenir les chiffres réels. Cependant, "le nombre d'élevages est à la baisse et ne concerne que la production de visons bien qu'on ne parle pas ici des élevages de lapins ; ils concernent les filières viande et fourrure", explique le porte-parole de l'association.

C'est d'ailleurs des élevages de lapins que l'association L214 a épinglé en décembre 2017, et plus particulièrement, des lapins Orylag, une souche créée par l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) dans les années 70 et dont le pelage est particulièrement doux. l214.com/communications/20171219-lapins-orylag-dior-fendi-dolce-gabbana">Dans un communiqué, L214 indiquait que ces animaux sont en "cage collective au début de leur vie, puis isolés dans des cages individuelles pendant plus de deux mois pour éviter tout accroc à leur fourrure" et qu'"ils ne voient jamais la lumière du jour". "Ce mode d'élevage est à l'origine de restrictions comportementales sévères, de blessures et de comportements stéréotypiques", poursuivait l'association. "L'Orylag n'est pas un lapin de garenne, ni un animal de compagnie (...). Il a des caractéristiques qui lui sont propres. On ne peut pas en effet le mettre dehors ou en extérieur. A partir d'un certain âge, il faut le mettre en cage individuelle sinon ils se battent, il a un caractère agressif", avait réagi Jean Boutteaud, le président de la coopérative Orylag à Surgères (Charente-Maritime).

Selon la Fondation Brigitte Bardot, les visons élevés pour leur fourrure vivent à peu près dans les mêmes conditions que les lapins Orylag. "Ils sont élevés dans des conditions qui ne répondent nullement aux besoins biologiques de cette espèce semi-aquatique. Les visons sont enfermés dans des cages grillagées dépourvues de tout enrichissement, sans accès à l’eau", s'insurge Christophe Marie qui a réussi à photographier un élevage situé à Emagny, dans le Doubs.

 

Où en est l'élevage d'animaux à fourrure en France ?
"La fourrure s’est démocratisée avec l’apparition des cols et capuches en fourrure"

Qui sont les clients ? Pour les lapins Orylag, on retrouve des marques de luxe (Dior, Fendi, Dolce & Gabbana). Mais le marché des vêtements avec de la fourrure a muté selon l'association. "Ce n’est plus réservé qu’à une catégorie 'privilégiée' avec des manteaux inabordables (même si ce marché existe toujours). La fourrure s’est démocratisée avec l’apparition des cols et capuches en fourrure et autres accessoires et vise une clientèle plus jeune". Par exemple, dans 

un article publié le 14 novembre 2016, Peta dénonçait l'utilisation de la fourrure par la marque de vêtement Canada Goose. Celle-ci propose des tenues spécialement confectionnées pour les "endroits les plus froids de la planète, là où la peau du visage peut geler instantanémentcomme l'indique la marque sur son site. Cependant, les produits Canada Goose sont désormais devenus un accessoire de mode notamment en France.

Selon la Peta, "les coyotes, (dont la fourrure sert à la confection de la capuche de la célèbre parka, produit phare de la marque) qui sont attrapés grâces à des pièges barbares, perdent leur sang, sont choqués, déshydratés, subissent des engelures, la gangrène et sont attaqués par des prédateurs". Des accusations démenties par la marque qui affirme être adepte du "piégeage sans cruauté". Elle défend également son choix en arguant que le coyote est utilisé "en raison de son abondance" et qu'en outre celui-ci est "considéré comme un animal nuisible dans de nombreuses régions d'Amérique du Nord parce qu'il s'attaque au bétail, à des espèces-proies en voie de disparition, aux animaux de compagnie et parfois même aux humains". 

Vers une interdiction des élevages d'animaux à fourrure ? Le gouvernement répond "non"

En octobre 2017, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation avait été interrogé par le député Joël Giraud (LREM) au sujet de l'élevage d'animaux à fourrure en France. "L'enfermement de ces animaux peut mener au cannibalisme, à l'obésité, à l'automutilation, à des comportements stéréotypiques ou encore à une prostration totale, signe de détresse. Pourtant il semblerait que des élevages reçoivent un accord favorable pour tripler leur capacité d'élevage", s'étonnait l'élu. Celui-ci demandait alors la fermeture de ces établissements : "Cette avancée éthique serait un symbole fort en faveur du bien-être animal et donnerait à la France un statut de pionnier en la matière".

Quelques jours plus tard, le ministère indiquait qu'"il n'est pas envisagé d'interdire les élevages d'animaux destinés à la production de fourrure" ajoutant que "les services du ministère chargé de l'agriculture sont particulièrement vigilants quant au respect des règles de protection animale dans ces élevages". Précisons à cet effet que la condition animale est portée comme une grand cause de 2018 par Nicolas Hulot, numéro 3 du gouvernement. Une tâche qui s'avère kafkaïenne car le ministère de la Transition écologique et solidaire, dont il a la charge, a fait valoir auprès de Sciences et Avenir que la question des élevages d'animaux à fourrure "n'était pas de son ressort".

Source de l'article : Cliquez ICI

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Quand Nicolas Hulot parle de démission à Brigitte Bardot

Publié le par Ricard Bruno

Quand Nicolas Hulot parle de démission à Brigitte Bardot

Le ministre aurait promis à Bardot de démissionner l'été prochain si leurs causes n'avançaient pas. Un entretien rapporté par la star dans son livre.

Entre les deux, le torchon brûle, même s'ils sont toujours restés en contact... Ravie et confiante de voir Hulot nommé ministre de la Transition écologique au printemps dernier, la pasionaria des animaux a vite déchanté, c'est peu de le dire. Dans son dernier livre, Larmes de combat (Plon), elle raconte sans filtre les discussions qu'elle a eues ces derniers mois avec l'ancien compagnon de route des défenseurs de la cause animale, devenu, selon elle, un pantin au sein du gouvernement Macron.

Je ne sais pas ce que je peux faire

« Nos premiers échanges refroidirent toutes mes attentes, écrit-elle. En juin 2017, le maire du Luc se battait pour empêcher l'installation d'un cirque avec animaux sauvages sur son sol, j'appelai donc Nicolas Hulot pour qu'il fasse respecter la loi, il me répondit cette phrase lourde de sens : Je suis ministre, mais je ne sais pas ce que je peux faire. »

Pendant l'été, la crise est à son comble : le nouveau ministre autorise l'abattage de 40 loups en France sur 12 mois, Brigitte Bardot se déchaîne, traitant Hulot de « vendu et de lâche » dans Var-Matin, déplorant notamment son manque de parole : « Je suis écœurée de voir comment il retourne sa veste. » À l'affaire des loups venait s'ajouter la reprise de la chasse au sanglier, alors que le Var venait d'être dévasté par de gros incendies. La Fondation Bardot avait demandé un moratoire, elle n'avait pas été écoutée, d'où le ras-le-bol de la star.

Coup de fil à La Madrague

Une colère qui n'est pas passée inaperçue, si l'on en croit l'anecdote rapportée par l'actrice dans son livre confession. « Et puis, un soir d'août, il m'appela à La Madrague. J'étais prise de court, il était penaud, il se confondit en excuses : Je ne veux pas que vous soyez fâchée contre moi. Et il m'expliqua pourquoi il avait été contraint de signer cette autorisation, sinon, il aurait démissionné. Je l'encourageai donc à prendre une telle décision qui symboliserait la lutte contre l'inertie et le scandale politique. Nicolas Hulot me signifia qu'il voulait rester au gouvernement pour défendre au mieux la cause que nous partagions depuis toujours, pour faire changer les mentalités. Avant de raccrocher, il me promit : Si dans un an, je n'ai rien changé et je n'arrive à rien, à ce moment-là, je partirai. » Ce qui porte l'échéance à l'été 2018...

Bardot peu convaincue

Partira, partira pas ? Depuis ses débuts, le ministre a été critiqué par les militants pour sa tiédeur sur plusieurs dossiers – le nucléaire ou l'accord Ceta de libre-échange avec le Canada par exemple – même s'il vient d'obtenir gain de cause sur l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Dans ses récents vœux à la presse, Nicolas Hulot a lui-même avoué certaines frustrations et colères personnelles sur des dossiers, tout en affirmant qu'il fallait se montrer patient : « Je ne peux pas, à chaque fois que quelque chose me semble ne pas aller assez vite, dire Je m'en vais, je ne pense pas que ce soit une attitude responsable. » Une approche conciliante qui n'a pas séduit, semble-t-il, Brigitte Bardot. « Bien que sincère, ce coup de fil ne me convint pas, car je pense que le combat animal est sans concession, sans demi-mesure », écrit-elle dans son livre testament. Elle espère toujours des actes concrets, à savoir des lois fermes contre l'hippophagie, l'élevage pour la fourrure, ou encore l'abattage rituel des animaux sans étourdissement... Nicolas Hulot n'est pas l'abri de nouvelles attaques incendiaires dans les mois qui viennent.

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Monstres sacrés, sacrés monstres...

Publié le par Ricard Bruno

Alain Delon et Brigitte Bardot à Mexico en 1965...

Alain Delon et Brigitte Bardot à Mexico en 1965...

Au patrimoine du cinéma français, ils sont les deux derniers monuments, ceux auxquels le public pardonne facilement les écarts de langage ou les avis radicaux à l’emporte-pièce. 

De fait, entre Alain Delon et Brigitte Bardot, un lien s’est créé et solidifié au fil des ans, car ils ont incarné la même beauté, et portent aujourd’hui sur le monde un regard critique et amer, autant qu’ils envisagent de le quitter sans regrets. 

«Alain, c'est un animal sauvage et solitaire », vient de déclarer BB à l’occasion de la publication de son «livre testamentaire», Larmes de combat (Plon), «on se comprend au moindre mot. Il est en homme ce que je suis en femme. On est les deux derniers monuments historiques du XXe siècle encore vivants! Et c'est vrai que nous incarnons le cinéma qui a fait rêver des générations. Mais c'est fini. Il n'y a pas de nouveau Delon parmi les nouveaux acteurs français. Barbus, chauves, mal fringués… On se demande où sont passés les gènes de la beauté!»… 

Sans doute l’héroïne mythique de «Et Dieu créa la femme» a-t-elle manqué sur les écrans l’apparition de Louis Garrel, Pierre Niney, Gaspard Ulliel, ou Raphaël Personnaz pour ne citer qu’eux. 

Retirée dans sa maison de Saint-Tropez, celle qui est passée du statut d’icône à celui de madone des animaux regarde avec horreur ce monde barbare et violent qui les maltraite. 

De fait, elle ne s’en cache pas ; elle juge tout à l’aune de son combat pour les animaux, ce qui est plus qu’honorable. Elle a fait sien le mot de Germaine de Staël : «plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien». 

Brigitte Bardot, 83 ans, assume d’être devenue misanthrope. «J'ai choisi de m'installer définitivement à La Madrague (à Saint-Tropez) et d'y finir probablement mes jours», assure-t-elle. «Ma mort donnera sens à ma vie. Ma mort sacrera mon combat», insiste-t-elle, fidèle à ce qui est devenu sa dernière raison de vivre. 

«D'autant plus que je reposerai non loin de là», a-t-elle prévu. «Un endroit précis a été accepté par les autorités, loin des regards, mais près des tombes de mon petit cimetière animal. Je préfère reposer là plutôt que dans le cimetière de Saint-Tropez, où une foule de connards risquerait d'abîmer la tombe de mes parents et de mes grands-parents. Je veux qu'on leur foute la paix», confie-t-elle au Monde

Un détachement que partage Alain Delon, 82 ans, depuis la disparition de ses chers disparus – Romy Schneider, Jean-Claude Brialy, Mireille Darc. «Je n'ai absolument pas peur de la mort» explique-t-il dans une interview accordée à Valérie Trierweiler. 

«La mort est la seule chose au monde dont nous soyons sûrs. C'est une question de temps. Combien d'années me reste-t-il à vivre ? Je peux aller jusqu'à 90-92 ans. Ce n'est pas moi qui décide, c'est l'Autre, là-haut». 

Dans une ambiance quelque peu crépusculaire, il pose dans sa maison de Douchy, un domaine de 55 hectares situé dans le Loiret, où il vit reclus comme un vieux loup solitaire, et veut se faire inhumer près des 50 tombes de ses chiens, les seuls restés fidèles... 

Et la star d’avouer que sa plus grande crainte est de mourir avant son chien Loubo, un berger malinois qui vient égayer sa solitude depuis maintenant trois ans. «C'est mon chien de fin de vie, un berger belge que j'aime comme un enfant, confie-t-il. S'il devait mourir avant moi, ce que j'espère, je n'en prendrais pas d'autres. Des confidences qui n’ont pas laissé indifférent son fils aîné, Anthony Delon. 

«Je pense que la vie lui a repris ce qu’elle lui a donné. La vie lui a tout donné, la beauté, le succès. Mais quand la vie te donne tout, il faut que tu capitalises. Quand on te donne quelque chose, il faut le rendre. Aujourd’hui, il est seul, il est malheureux,… Mais bon, son malheur, il le creuse lui-même, il s’y est résigné». 

Comment être, après avoir été ? Brigitte Bardot comme Alain Delon ont sans doute médité le poème d’Alfred de Vigny, la mort du loup : «Comment on doit quitter la vie et tous ses maux, C'est vous qui le savez, sublimes animaux ! A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse, Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse».

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Brigitte Bardot se livre dans “ Larmes de combat”...

Publié le par Ricard Bruno

"Ce texte testamentaire portera à jamais ma conviction, mon abattement et mes espérances" et constitue "mon legs", assure BB, âgée de 83 ans. Image d'illustration.

"Ce texte testamentaire portera à jamais ma conviction, mon abattement et mes espérances" et constitue "mon legs", assure BB, âgée de 83 ans. Image d'illustration.

Un livre de Brigitte Bardot, c'est un événement. Le dernier " Un cri dans le silence" remonte à 2003, et il avait fait polémique. Cette fois, Brigitte Bardot, 83 ans, explique que "Larmes de Combat", paru chez Plon ce jeudi, co-écrit avec Anne-Cécile Huprelle à la Garrigue à St-Tropez,  sera son dernier ouvrage, une sorte de livre testament de 250 pages dans lequel elle revient sur sa vie, le cinéma, son cancer du sein, mais aussi et surtout la cause qu'elle défend depuis qu'elle a arrêté le cinéma en 1973 : les animaux.

Brigitte Bardot mondialement connue a arrêté le cinéma en 1973.

Brigitte Bardot mondialement connue a arrêté le cinéma en 1973.

La cause animale, une révélation avec Roger Vadim


La star, qui a crevé l'écran en 1956 à 22 ans dans le film "Et Dieu créa la femme", dit avoir toujours été sensible à la cause animale. "Enfant, je savais, je pressentais être un animal."

Son premier mari, Roger Vadim, lui a ouvert les yeux sur les conditions de mise à mort dans les abattoirs, relate-t-elle. Son changement radical de vie en 1973 lui a ensuite permis de se consacrer entièrement à son "combat pionnier" et souvent mal compris. "Ma première partie de vie fut comme le brouillon de mon existence", quand la deuxième a apporté "les réponses aux questions que je me posais jusque-là".
 

Ses déceptions

Brigitte Bardot se livre dans “ Larmes de combat”...

Brigitte Bardot revient sur sa lutte pour les bébés phoques, la création de sa fondation et s'en prend pêle-mêle à la 
corrida, la chasse, les zoos, l'élevage industriel, la fourrure ou encore la consommation de viande de cheval dont elle espère voir l'abolition "avant sa mort".
Elle fustige aussi Nicolas Sarkozy et Nicolas Hulot, deux "grandes déceptions" politiques sur la protection des chevaux et l'abattage des loups.

La maternité

Son avant-dernier livre avait été polémique après ses propos sur sa grossesse et son ressenti sur la maternité, Brigitte Bardot explique cette fois que ses relations avec son fils Nicolas sont normalisées.

L'immigration

Condamnée  à cinq reprises pour incitation à la haine raciale, Brigitte Bardot explique qu'elle ne pense pas nourrir de haine raciale, mais qu'elles'oppose simplement à l'égorgement à vif pratiqués lors des abattages rituels.

La mort

Brigitte Bardot en 2017...

Brigitte Bardot en 2017...

Brigitte Bardot souhaite être enterrée à la Madrague à St-Tropez, non loin de ses animaux qui constituent "sa famille proche". Elle dit avoir  "peur de la mort" et trouver refuge dans son "rapport personnel avec la Sainte Vierge".
Elle espère laisser le souvenir d'une femme qui aura levé le tabou de "l'humanité animale, de l'animalité humaine" et plaide pour "un avenir commun" à tous les êtres vivants. "Mon passage sur Terre n'aura donc pas été vain. Et mon âme sera enfin en paix."

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Interview d'Henry-Jean Servat pour le livre de Brigitte Bardot Larmes de combat

Publié le par Ricard Bruno

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Canada : Brigitte Bardot raconte son combat pour les animaux !

Publié le par Ricard Bruno

Canada : Brigitte Bardot raconte son combat pour les animaux !

Dans son nouveau livre Larmes de combat, l'icône du cinéma français Brigitte Bardot, 83 ans, raconte son combat pour les animaux, qui l'ont «sauvée» du vertige des feux de la rampe, et plaide pour «un avenir commun» à tous les êtres vivants.

 

 

 

 

 

«Ce texte testamentaire portera à jamais ma conviction, mon abattement et mes espérances» et constitue «mon legs», assure «BB», dans ces confessions à paraître jeudi chez l'éditeur Plon.

«Je n'écrirai plus jamais d'autres livres», avait-elle assuré auparavant.

Dans cet ouvrage de près de 250 pages, Brigitte Bardot évoque son enfance, ses années sur les plateaux de tournage, la célébrité, ses amours, sa rupture brutale avec le cinéma en 1973, son cancer du sein.

Mais surtout, le «mythe vivant», comme elle se qualifie, revient longuement sur «le sens de (son) combat» pour ses amis à plumes et à poils et «l'animal que je suis».

«Je ne fais pas partie de l'espèce humaine. Je ne veux pas en faire partie. Je me sens différente, presque anormale», explique l'ancienne actrice.

La star, qui a crevé l'écran en 1956 à 22 ans dans le film Et Dieu créa la femme, dit avoir toujours été sensible à la cause animale. «Enfant, je savais, je pressentais être un animal».

Son premier mari, Roger Vadim, lui a ouvert les yeux sur les conditions de mise à mort dans les abattoirs, relate-t-elle.

Son changement radical de vie en 1973 lui a ensuite permis de se consacrer entièrement à son «combat pionnier» et souvent mal compris. «Ma première partie de vie fut comme le brouillon de mon existence», quand la deuxième a apporté «les réponses aux questions que je me posais jusque-là».

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Laurence Parisot: "Si je peux aider Brigitte Bardot, je le ferai volontiers"

Publié le par Ricard Bruno

Laurence Parisot, ex-président du MEDEF était l’invitée de Maïtena Biraben ce mercredi 24 janvier. Elle réagit aux propos de Brigitte Bardot dans une interview donnée au journal Le Monde, publiée il y a quelques jours.

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Sauvetage d’urgence d’une centaine de chevaux en Vendée !

Publié le par Ricard Bruno

Une centaine de chevaux détenus par un éleveur à Challans, en Vendée, sont actuellement secourus ce lundi 22 janvier 2018 par la Fondation 30 Millions d’Amis, la Fondation Brigitte Bardot et la SPA.

A la suite d’un signalement, la Fondation 30 Millions d’Amis intervient en présence de la gendarmerie, de la DDPP du 85, de l'IFCE, de la Fondation Brigitte Bardot et de la SPA, pour la prise en charge d'une centaine de chevaux au sein d’un élevage à Challans, en Vendée (22/01/2018).

Ces équidés y vivent dans des conditions pitoyables : ils pataugent au milieu de leurs excréments sur un terrain exigu. Ils n’ont pas non plus d’abri pour se protéger des intempéries.

Affamés et assoiffés, certains sont blessés et la plupart ne dispose pas des soins les plus élémentaires. Pire encore, plusieurs cadavres ont été retrouvés sur place d’où l’extrême urgence de cette intervention.

Une situation qui dure…

« Les mauvais traitements infligés à ces animaux sont connus depuis des années… Encore une fois, je m’étonne que les autorités mettent si longtemps avant d’intervenir ! Aujourd’hui, l’essentiel est de retirer tous ses chevaux à cet éleveur pour l’empêcher de recommencer et tenter de les mettre hors de danger », explique Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis.

Malheureusement, dans des cas comme celui-ci, la Fondation 30 Millions d’Amis ne peut intervenir que sur demande des services de l’État, qui autorise la prise en charge des animaux.

Les chevaux confiés à la Fondation 30 Millions d’Amis seront placés dans des pensions partenaires. Ils y seront soignés et réalimentés progressivement.

Merci à tous les donateurs de la Fondation sans qui tous ces sauvetages seraient impossibles ! Ne l'oubliez pas, c'est grâce à votre générosité que nous pouvons également venir en aide aux animaux détenus dans des conditions déplorables. Pour continuer nos actions, nous comptons sur vous : faites un don.

Les chevaux seront transférés vers des pensions partenaires de la Fondation.

Les chevaux seront transférés vers des pensions partenaires de la Fondation.

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Brigitte Bardot: "Je veux vaincre l’indifférence vis-à-vis des animaux"...

Publié le par Ricard Bruno

« Vivre avec les bêtes s’apparente à une sorte de maternage. J’ai une aptitude à renifler leurs souffrances. » Brigitte Bardot en 2016, avec l’un de ses neuf chiens.  Collection particulière Brigitte Bardot

« Vivre avec les bêtes s’apparente à une sorte de maternage. J’ai une aptitude à renifler leurs souffrances. » Brigitte Bardot en 2016, avec l’un de ses neuf chiens. Collection particulière Brigitte Bardot

Brigitte Bardot qui a renoncé à sa carrière pour lutter contre la maltraitance publie aujourd’hui « Larmes  de combat », ses Mémoires  de militante  pour  les animaux

Comment ne pas avoir le cœur battant lorsqu’on s’apprête à rencontrer « la petite fiancée de Paris Match », dont les photos tapissent les murs de notre journal ? En décembre dernier, le très sérieux « New York Times » recensait ainsi les trois plus grands personnages français : le général de Gaulle, Johnny Hallyday et elle, Brigitte Bardot. Si j’ai raté l’école pour voir l’homme du 18 Juin visiter, en 1962, le stand Simca au Salon de l’auto, rencontré Johnny à Quiberon puis à l’Elysée sous la présidence de Jacques Chirac, il me restait à approcher BB. Enfant, j’avais eu le fugace privilège de la croiser un samedi chez Marquinot, son coiffeur, qui était aussi celui de ma mère. A son entrée dans ce salon parisien, tout le monde s’arrêtait de bavarder pour admirer son incroyable beauté, sa démarche altière, son port de tête majestueux. Souvenir inoubliable que j’ai osé lui raconter en pénétrant sur la pointe des pieds dans sa ferme, La Garrigue, nichée à quelques battements d’ailes de mouette de Saint-Tropez. Elle s’est alors mise à rire, je l’ai sentie presque apprivoisée.

C’est ainsi, dans ce lieu magique où les animaux sont les maîtres et où le temps semble figé, que notre entretien a commencé sous la surveillance de Gitane, la jument grise, apparue sur le pas de la porte… Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de « confesser », une après-midi entière, cette femme libre, souriante, sans fard, au regard malicieux. Tellement spontanée qu’elle ne paraît pas savoir combien elle reste séduisante. Un moment de grâce. Ce reportage dans son univers émouvant confirme qu’il faut rencontrer les gens dans leur vie privée pour mieux les cerner. Chez elle, les chiens n’aboient pas, les chats ne miaulent pas, les oies ne gloussent pas, l’âne ne brait pas, comme s’ils partageaient avec Brigitte un langage secret, complice. Mais elle m’a parlé celui de la franchise, livrant sans se cacher les contours de sa personnalité. A la fin de notre rencontre, le cœur serré de la voir s’éloigner, sereine, entourée de son quarteron de setters dans une vieille Renault blanche aménagée pour eux, je me suis dit que cette grande dame est aujourd’hui plus Brigitte que Bardot.

Je veux vaincre l’indifférence des gouvernements et des peuples vis-à-vis des animaux

Paris Match. Vous êtes toujours un mythe et un phénomène social…
Brigitte Bardot. Pas du tout du tout du tout ! Je vis très simplement avec mes animaux et pour ma fondation. Loin de ce qu’on avait baptisé la “bardolâtrie”, quand les gens me poursuivaient pour des autographes. Je veux vaincre l’indifférence des gouvernements et des peuples vis-à-vis des animaux. C’est mon amour pour eux et ce combat qui, jour après jour, me donnent à mon âge cette force. Par ailleurs, je ne parle que si j’ai quelque chose à dire. On emploie trop de mots pour rien ou pour balancer des conneries. Avec les animaux, on se regarde, on communique avec les yeux. C’est le langage corporel.

Comment vivez-vous, à présent, à Saint-Tropez ?
Je me réveille à La Madrague vers 9 heures, m’occupe de mes neuf chiens et six chats, puis de moi. Après, j’appelle la fondation pour un tour d’horizon. Bernard, mon compagnon et mari, me sert d’intermédiaire avec les fax et les e-mails. Je n’ai ni ordinateur ni tablette. Pas même de portable, cet instrument qui sert aussi à faire d’horribles selfies – on ne peut aller nulle part sans que quelqu’un se colle à vous ! La journée commence donc avec le courrier. Je reçois quelque 60 à 70 lettres par jour. Je réponds moi-même à celles qui sont importantes ou me touchent. A 13 heures, je vais à La Garrigue, ma ferme, retrouver mes autres animaux, une cinquantaine, parmi lesquels Candy le poney et Bonhomme l’âne, vivant en liberté en compagnie de sept cochons, huit chèvres, autant de moutons, deux boucs, une tortue, des oies, des canards, des poules et dix-sept chiens et chats. Là, je me consacre à la fondation. En trois décennies, elle a pris beaucoup d’importance. Vers 18 heures, fatiguée, je regagne La Madrague. Il faut reconnaître que je n’ai jamais eu autant de travail que maintenant, à 83 ans ! Je dîne avec Bernard, passe quelques coups de fil et me couche. Je ne vais jamais à Saint-Tropez. Non seulement pour ne pas risquer de provoquer d’émeute ou me mettre en danger, mais parce que ça n’a plus rien du petit port de pêche que j’ai connu. C’est devenu une vitrine du luxe, un lieu sans âme.

Comment avez-vous rencontré votre mari ?
En allant prendre un verre chez Me Bouguereau, l’avocat qui s’occupait de ma fondation. Un jour, une amie, plutôt comme il faut, veut m’entraîner alors que, revenant de La Garrigue, je porte un pantalon dégueulasse. Je lui réponds : “S’il faut se mettre chic, oublie.” Elle insiste : “C’est rigolo, ton avocat est charmant. Ecoute, Brigitte, on y va.” Bon, nous y sommes allées. Bernard était là, je ne l’avais pas remarqué. Au moment de partir, il m’a rattrapée par la main et m’a lancé : “Et moi, on ne m’embrasse pas ?” Voilà comment tout a commencé. Et cela fait un quart de siècle que ça dure ! Un homme charmant, joyeux, agréable de contact, sage et en même temps très comme tout le monde. Autre qualité, il accepte que trois ou quatre animaux dorment sur notre lit, certes très grand – de toute façon, s’il refusait, il ne serait pas mon compagnon. Protecteur, autoritaire, impatient… Quelquefois, il y a des pugilats. Ce n’est pas un romantique regardant le clair de lune à mes côtés mais quelqu’un de très intelligent, c’est important. Il passe la majeure partie de son temps le nez dans son ordinateur.

Je n’apprécie ni les ramollos ni les lâches. [Rires.] Mais les gens affirmés, qui n’ont pas peur de s’exprimer

Que partagez-vous ?
L’amour des animaux, ses conseils avisés pour ma fondation. Il est assez tacticien et a le sens de la communication, ce qui n’est guère mon cas. Il m’apporte beaucoup… Mais ne me demandez pas ce qu’il faisait auparavant ! Des affaires en Afrique, je crois. Des trucs avec des films, notamment…

Vous auriez dû épouser un vétérinaire !
[Rires.] Sans doute, mais c’est trop tard !

Vous avez déclaré un jour : “Je n’aime pas ce qui est mou.”
En effet, je n’apprécie ni les ramollos ni les lâches. [Rires.] Mais les gens affirmés, qui n’ont pas peur de s’exprimer. On est dans une période où dès que l’on dit ce que l’on pense, on se retrouve à la 17e chambre correctionnelle de Paris. Ce qui m’est quand même arrivé cinq fois car je reste droite dans mes bottes, sans changer d’avis comme de pantalon.

Dans sa chambre, à Saint-Tropez en 1980.

Dans sa chambre, à Saint-Tropez en 1980.

Revenons aux hommes que vous avez aimés…
Ah non ! Quand c’est fini, c’est vraiment fini. C’est comme le cinéma. Des souvenirs pénibles. Partout où je passais, j’étais traquée. J’ai encore du mal à comprendre ce qui m’est arrivé, une sorte d’enchaînement incontrôlable m’ayant rendue très méfiante à l’égard de la race humaine. Je n’ai quasiment pas gardé de relations dans ce milieu, d’autant qu’à mon âge il me reste peu d’amis de ces années-là. Mes seules attaches : un peu Delon, Belmondo, Mylène Demongeot, Robert Hossein. On se téléphone une ou deux fois par an, un lien surtout dû aux animaux, sujet qui nous rapproche.

Que pensez-vous de ces actrices dénonçant le harcèlement sexuel ?
Concernant les actrices, et pas les femmes en général, c’est, dans la grande majorité des cas, hypocrite, ridicule, sans intérêt. Cela prend la place de thèmes importants qui pourraient être discutés. Moi, je n’ai jamais été victime d’un harcèlement sexuel. Et je trouvais charmant qu’on me dise que j’étais belle ou que j’avais un joli petit cul. Ce genre de compliment est agréable. Or il y a beaucoup d’actrices qui font les allumeuses avec les producteurs afin de décrocher un rôle. Ensuite, pour qu’on parle d’elles, elles viennent raconter qu’elles ont été harcelées… En réalité, plutôt que de leur profiter, cela leur nuit.

Quel est votre souvenir le plus marquant sur un plateau ?
C’était en 1960 avec Clouzot, un metteur en scène très exigeant, qui ne laissait rien passer. Dans “La vérité”,  j’interprétais à ma façon le personnage qu’il m’avait confié et, dans la scène du procès, pendant le long monologue où j’assurais ma propre défense, cela m’est apparu si vrai et si authentique que, contrairement à ses habitudes, il n’a pas voulu faire d’autre prise, il n’en avait pas besoin.

Malgré un passé mouvementé, vous semblez structurée.
Question d’éducation ! J’ai été élevée très sévèrement, avec de grands principes bourgeois. Et cela, on ne s’en défait jamais. Heureusement, parce qu’ils ont été une base, un socle. Même si, après, j’ai tout envoyé bouler avec bonheur, j’ai gardé l’aisance que donne ce genre d’éducation. Ainsi, je suis capable de me tenir de façon impeccable à table et ailleurs, je peux m’adapter partout. Certes, mes parents, qui m’avaient inscrite à l’institut de La Tour, école catholique, juste à côté de chez nous, dans le XVIe, ne rêvaient pas du tout que j’épouse Vadim ! Pour eux, une vraie catastrophe. Ils ont essayé de me guider vers la bourgeoisie rassurante, avant de comprendre que c’était impossible. Je n’étais pas faite pour le milieu de mon père, un industriel fort distingué à la tête des usines Bardot d’Air Liquide. Papa, qui avait une belle allure, fréquentait les cercles élégants de son temps.

J’ai quand même sauvé mon premier animal à 8 ans, une souris grise que mon père voulait assommer à coups de balai

Etait-il admiratif de sa fille ?
Cela lui faisait plaisir que l’on sache qu’il était le père de Brigitte Bardot, une star.

Parlez-moi de votre fils.
J’avais 25 ans quand Nicolas est né. Mal dans ma peau, fatiguée par les films, usée par une presse qui me pourchassait et, en dehors de “Jours de France” et Paris Match, était avec moi impitoyable. Dès lors que je n’arrivais même pas à maîtriser mon propre équilibre, j’en prenais plein la gueule. Ce n’était sûrement pas le moment d’avoir un enfant ! Je me suicidais toutes les trois minutes, je ne faisais que des conneries. Mais on ne choisit pas. Le timing était mauvais et tout le monde en a souffert. Cette situation s’est apaisée il y a quelques années. Nicolas, qui vit en Norvège, vient me voir tous les ans. J’ai aussi deux petites-filles et deux arrière-petits-enfants.

 

A la Fondation Brigitte Bardot, en 2004

A la Fondation Brigitte Bardot, en 2004

Et votre mère ?
Ma mère a été fière de moi lorsque j’ai commencé à m’occuper des animaux et que je suis allée sur la banquise combattre le massacre des phoques. Là, elle a trouvé cela extrêmement courageux.

Enfant, aviez-vous des animaux ?
Non, parce que pendant la guerre c’était impossible dans un appartement, où de toute façon on n’avait rien à bouffer. J’ai quand même sauvé mon premier animal à 8 ans, une souris grise que mon père voulait assommer à coups de balai dans la cave. Je l’ai récupérée, mise sous mon pull-over, gardée un moment sur moi. Et quand j’ai vu qu’elle allait mieux, je l’ai relâchée dans un jardin.

Si vous deviez raconter BB en trois phrases à de jeunes étudiants ?
[Léger silence, elle médite.] Je leur résumerais : Bardot, ouverte à une grande compassion, courageuse, faisant passer la douleur des autres avant la sienne. Rien d’autre. Parce qu’au fond, BB, ils s’en tamponnent. Mais j’essaierais de leur communiquer l’amour des animaux, de leur expliquer qu’il faut empêcher qu’ils souffrent, là est l’essentiel. Et je leur confierais que je m’occuperai de ma fondation jusqu’à mon dernier souffle.

Avez-vous peur de la mort ?
La maladie, la souffrance, la mort, c’est grave et pas trop rigolo, n’est-ce pas ? Comment prétendre le contraire ? Mais puisque c’est inéluctable, il faut essayer de l’apprivoiser. Quand j’ai eu un cancer du sein, ça a été très difficile. J’étais toute seule et j’avais décidé de faire uniquement de la radiothérapie, et pas cette épouvantable chimio, pour ne pas perdre mes cheveux. Elle détruit le mal mais aussi le bien et on en sort anéanti. Je vois des gens qui, après cette épreuve, sont des loques. Jamais je ne voudrais passer par là. Cette maladie m’a obligée à me retrouver face à moi-même. Et maintenant, si j’aime bien parfois la solitude, je ne peux néanmoins vivre seule.

Surmonter ce cancer a été votre plus belle victoire ?
Je n’ai pas paniqué, pensant que je vaincrais, que je n’allais pas mourir. C’est resté secret jusqu’au jour où le mal a été derrière moi. Cela fait une bonne trentaine d’années, maintenant. Mais ma plus belle victoire est celle que je n’ai pas encore obtenue pour les animaux.

Vous ne voulez plus sortir dîner ?
Pour m’attabler et bouffer du caviar extrait du ventre de ces pauvres esturgeons à des prix phénoménaux ? Quelle honte ! Les grands restaurants m’écœurent ; ils ne font quasiment que des plats à base de viande, c’est-à-dire d’animaux qui ont souffert. Je ne vais jamais au restaurant et suis végétarienne. L’été, je mange des sardines à l’huile.

Pour lancer ma Fondation, je me suis installée pendant deux mois sur le marché de Saint-Tropez pour vendre mes souvenirs, des bracelets, des colliers rapportés du Brésil, du Mexique, des photos que je dédicaçais, mes jupons, mes chapeaux… 

Au fond, vous êtes toujours “Babette s’en va-t-en guerre” !
Concernant les animaux, bien sûr. Pour les rituels, on devrait étourdir l’animal avant la saignée, abolir l’hippophagie, c’est-à-dire arrêter de manger ces bêtes magnifiques qu’on continue à tuer dans des abattoirs avec une cruauté qui me fait vomir. Je ne sais pas pourquoi on ne m’accorde pas cette abolition, comme celle de la chasse à courre. C’est aussi scandaleux que les corridas. Il faut interdire également les zoos misérables, avec des cages de 3 mètres sur 3 où les animaux qui ne peuvent bouger dorment dans leurs excréments, et les fauves derrière des barreaux dans les cirques. Les grandes réserves, ça n’a rien à voir, c’est formidable. Thoiry, par exemple, où un jour j’ai fait des photos, Beauval où est né Mini Yuan Zi, le panda, et d’autres… On doit par ailleurs interdire de faire voyager des animaux dans les soutes, où ils sont plongés dans le noir avec juste une loupiote bleue. Une horreur, entre le bruit assourdissant des moteurs, les sensations de trous d’air et le reste… Je ne suis pas sûre que les courses de traîneaux avec des chiens, même s’ils aiment bien courir, soient bonnes pour leur cœur… D’autre part, les pouvoirs publics devraient inciter les maisons de retraite à accueillir les petits chiens et chats de ceux qui viennent y finir leurs jours, car c’est souvent leur dernier lien social, et en général ils n’ont pas un berger allemand…

Votre fondation, c’est votre vie.
Nous avons fêté en 2016 nos 30 ans. J’ai commencé très modestement en 1986 à La Madrague, avec un avocat tropézien et une amie. La chambre d’invités me servait de bureau. J’avais besoin, pour obtenir le statut de fondation, d’un capital de 3 millions de francs. Or j’étais incapable de réunir une telle somme : peu attachée à l’argent, j’avais dilapidé la majorité de mes gains de star et je n’avais plus aucun autre revenu. Je me suis installée pendant deux mois sur le marché de Saint-Tropez pour vendre mes souvenirs, des bracelets, des colliers rapportés du Brésil, du Mexique, des photos que je dédicaçais, mes jupons, mes chapeaux… Dans la foulée, j’ai mis aux enchères, à Paris, tout ce que je possédais de valeur : les bijoux précieux que m’avaient offerts mon mari Gunter Sachs, ma robe du mariage avec Vadim, de l’argenterie, des meubles et même ma guitare. Au moment de cette vente, en voyant mes objets et une partie de mon âme, d’une certaine manière, me quitter, j’ai prononcé cette phrase restée célèbre : “J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes, maintenant je donne ma sagesse et mon expérience aux animaux.” C’est comme cela qu’a pu naître ma fondation. Je lui ai tout cédé : ma petite maison de campagne de Bazoches, La Madrague dont je n’ai gardé que l’usufruit et qui reste à ma charge personnelle. Enfin les droits d’auteur de mon livre, qui sort le 25 janvier, seront tous reversés à ma fondation.

En août 1967, BB et son fils Nicolas font la couverture de Paris Match.

En août 1967, BB et son fils Nicolas font la couverture de Paris Match.

Etes-vous superstitieuse ?
Pour certaines choses. J’ai notamment peur du chiffre 13. Je devais récemment me rendre à Paris un 13, j’y ai renoncé. De toute façon, en dehors de la capitale, je ne veux plus voyager.

Croyez-vous à l’astrologie ?
La vraie, sûrement. On est en train de traverser une période extrêmement négative, me semble-t-il. Cela signifie que des planètes dégagent de mauvaises ondes. Balance ascendant Sagittaire, je pense que les gens du même signe ont des dénominateurs communs, mais avec des différences d’ascendants qui donnent des personnalités aux caractères contrastés. Comment imaginer que tous ceux d’un même signe puissent se ressembler ?

S’agissant d’Emmanuel Macron, j’ose être optimiste car il a remis entre les mains de Nicolas Hulot certains dossiers sur lesquels j’espère son soutien

Vous avez eu huit présidents de la République à vos pieds…
Ah, vous croyez ? Peut-être, mais je m’en foutais. Ce qui m’intéressait, c’est qu’ils m’aident dans mes combats. Sauf de Gaulle. Lui, c’était différent. De Gaulle, je l’adorais. A l’Elysée, je n’ai pas dit : “Bonsoir Monsieur le Président de la République” mais “Général”. Il m’a répondu en souriant avec gentillesse : “Madame, c’est le cas de le dire.” J’étais habillée en militaire avec une veste à brandebourgs… Ensuite j’ai rencontré Georges Pompidou, avec qui je dînais assez souvent chez Marie-Hélène et Guy de Rothschild. Il était chaleureux, affable, rigolo, pas du tout imbu de sa personne. Je sais que si j’avais eu quelque chose à lui demander, il m’aurait aidée. Après, il y a eu Valéry Giscard d’Estaing, absolument charmant lui aussi, et qui m’a soutenue deux fois. Il a fait stopper l’importation en France des peaux de blanchons, les bébés phoques blancs. Et également les expérimentations pour les ceintures de sécurité avec des singes sanglés dans des voitures propulsées contre un mur de béton. Un massacre ! Après, on s’est souvent téléphoné car je lui en étais reconnaissante. Et, un jour, il est venu chez moi à Paris… Passons à Mitterrand, qui m’a invitée à déjeuner à l’Elysée. J’ai évoqué diverses questions animalières, dont trente urgentes. D’un air hautain et prudent, il m’a assuré qu’il s’en occuperait… Rien n’a suivi ! Quant à Chirac, il m’appelait sa “petite biche”, me faisait un peu la cour et me déclarait que j’étais toute mignonne. Je n’y prêtais guère attention ; moi, mon but était qu’il fasse, entre autres, fermer les animaleries des quais. Et là, il n’y avait plus personne. Quant à Nicolas Sarkozy, il a été décevant lui aussi. J’étais d’abord allée voir le recteur Boubakeur, à la grande mosquée de Paris, pour m’assurer que le Coran admettait l’étourdissement de l’animal avant qu’il ne soit saigné. Je voulais obtenir cette mesure pour les abattoirs. Il m’a reçue, mais aucun résultat ! François Hollande, je me suis juste entretenue au téléphone avec lui pour l’alerter sur le braconnage des éléphants en Afrique. Il a tenu parole. Et quand je lui écrivais, il me répondait toujours. Je trouve cela d’autant plus correct qu’il savait que je n’étais pas de son bord. S’agissant d’Emmanuel Macron, j’ose être optimiste car il a remis entre les mains de Nicolas Hulot certains dossiers sur lesquels j’espère son soutien. Même s’il n’a pas encore pris directement position à ma lettre ouverte au gouvernement français du 27 décembre, dans “Le Parisien”, où j’énonçais les mesures prises contre la maltraitance aux animaux par nombre de pays de l’Union européenne.

Quand vous n’y arrivez pas, vous priez ?
Absolument. Je ne crois pas aux messes, aux prêtres, à toute la hiérarchie de l’Eglise catholique, mais je m’adresse directement à la Sainte Vierge. Je l’appelle “ma petite Vierge”.

Et le Pape ?
Celui que j’aimais, c’était Jean-Paul II. Le jour de 1996 où j’étais venue à l’audience générale du mercredi, il a pris mes mains et, quand il m’a fixée droit dans les yeux avec ce regard bleu extraordinaire, j’ai alors ressenti une très forte émotion. Il émanait de lui une incroyable profondeur, une grande sérénité. Il ne se mettait pas sur un piédestal. Le seul problème est que, dans la salle des audiences, de pieux Mexicains m’ont reconnue – j’avais naguère tourné “Viva Maria !” dans leur pays. Alors, une clameur persistante de “Viva Brigitte ! Viva Brigitte !” s’est emparée des lieux…

Si vous deviez vous réincarner en un animal ?
Ce serait en mustang, ce grand cheval sauvage et libre de l’Ouest américain. Néanmoins je ne suis pas mécontente de l’existence que j’ai menée. Un jour, quand on évoquera mon nom, j’aimerais que l’on dise : “C’était la fée des animaux.” 

« Larmes de combat », de Brigitte Bardot et Anne-Cécile Huprelle, éd. Plon, sortie le 25 janvier. Les droits d’auteur seront reversés à la Fondation Brigitte Bardot.

« Larmes de combat », de Brigitte Bardot et Anne-Cécile Huprelle, éd. Plon, sortie le 25 janvier. Les droits d’auteur seront reversés à la Fondation Brigitte Bardot.

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