Les produits dérivés du phoque bientôt interdit en EU

Publié le par Ricard Bruno

La Commission européenne a adopté, mercredi, une proposition de règlement interdisant le commerce des produits dérivés du phoque dans, vers et à partir de l'Union européenne (UE).

L'UE veut pouvoir garantir que les produits dérivés de "phoques mis à mort et écorchés dans des conditions de souffrance et de détresse ne soient pas commercialisés sur le marché européen".

S'il entre en vigueur, le règlement pourrait mettre en péril la pratique de la chasse au phoque dans les provinces de l'Atlantique et aux Iles-de-la-Madeleine, au Québec.

Selon la proposition déposée, un tel commerce "sera uniquement autorisé lorsqu'il est prouvé que les techniques de chasse utilisées respectent des normes élevées de bien-être animal et que les animaux n'ont pas souffert inutilement".

Les pays qui emploient des "méthode de chasse cruelles" ne pourront donc expédier leurs produits dérivés dans les pays de l'UE, en vertu de la proposition déposée par le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas.

"Les images de la chasse au phoque qui font le tour du monde chaque année nous rappellent les pratiques souvent horribles (auxquelles elle donne cours)", a commenté M. Dimas en conférence de presse, à Bruxelles, le siège de la Commission.

L'initiative du commissaire fait suite aux pressions intensives des groupes de défense des animaux, à l'encontre du lobby exercé par le Canada et le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador.

Le règlement doit toutefois être approuvé, en premier lieu, par le Parlement européen et les 27 Etats membres de l'Union, dont l'Allemagne et les Pays-Bas, où sont expédiées une bonne partie des prises de la chasse au phoque effectuée au Canada.

Toutefois, les marchés les plus importants pour les chasseurs canadiens sont la Russie, la Chine et la Norvège, qui ne sont pas membres de l'Union européenne.

Le président français Nicolas Sarkozy, qui assume la présidence tournante de l'Union européenne, a profité de l'occasion, mercredi, pour écrire à l'actrice Brigitte Bardot, qui milite contre la chasse au phoque.

M. Sarkozy a affirmé qu'il allait tout faire pour que la proposition soit adoptée le plus rapidement possible.

"(...) Je m'engage à tout mettre en oeuvre pour que cette proposition soit débattue rapidement, pour qu'elle soit amendée s'il le faut, et qu'elle soit adoptée au plus vite par le Conseil et le Parlement européen", promet le président Nicolas Sarkozy dans un courrier rendu public mercredi par la Fondation Brigitte Bardot.

"C'est un combat de 30 ans qui est en passe de d'être gagné", a réagi Brigitte Bardot dans un entretien téléphonique à l'Associated Press.

Elle se dit d'autant plus satisfaite que cette proposition de règlement touche tout l'ordre des pinnipèdes (dont les phoques et les otaries), "ces dernières étant également massacrées en Namibie". Bardot note que le texte "s'appliquera à tous les produits dérivés de ces animaux, utilisés dans l'industrie cosmétique ou dans les compléments alimentaires, et ce, à l'insu des consommateurs".

Quant à la réaction canadienne attendue contre cette proposition de règlement, "alors ça, je m'en tamponne!", a conclu Brigitte Bardot.

Un porte-parole du ministre fédéral des Pêches Loyola Hearn a affirmé, mercredi, que le ministre était en déplacement et ne pouvait commenter.

Les associations de défense des animaux ont réagi avec un optimisme prudent.

"Les politiciens européens font ce que nos politiciens ne feront pas: écouter la majorité, opposée à cette chasse cruelle qui n'est pas nécessaire et qui n'est pas viable", a commenté une chercheure du Fonds international pour la protection des animaux, Sheryl Bink, depuis l'Ontario.

Les militants pour les droits des animaux exigent la fin de la chasse commerciale au phoque au Canada, la plus vaste chase aux mammifère marins au monde depuis plusieurs décennies.

Les chasseurs des provinces de l'Atlantique soutiennent que cette pratique se fait dans des conditions humaines, est viable et leur fournit des revenus importants, particulièrement dans des localités isolées où l'activité économique est limitée en hiver.

Source : http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5jOisjmNO_F7fuEZHbp4bkD-BXNzQ
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